Aquaculture marine : le Vietnam redéfinit son modèle vers une croissance durable

Face au changement climatique, à la raréfaction des ressources naturelles et à la pression croissante des marchés d’exportation, le secteur aquacole vietnamien engage une transformation en profondeur, plaçant l’aquaculture marine durable au cœur de sa stratégie de développement.

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La période 2025-2030 s’annonce comme une phase charnière, marquée par la convergence des efforts de l’État, des entreprises et des communautés de pêcheurs pour bâtir une filière moderne, responsable et pleinement intégrée à l’économie mondiale.

Selon les données du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, les exportations vietnamiennes de produits aquatiques en 2025 ont atteint un record historique de 11,3 milliards de dollars. L’aquaculture représente désormais plus de 55% de cette valeur, confirmant son rôle moteur dans l’économie maritime nationale. Toutefois, l’élevage en mer demeure majoritairement de petite échelle, souvent spontané, insuffisamment planifié et peu technologique, entraînant une efficacité limitée et des risques environnementaux non négligeables.

Afin de remédier à ces faiblesses structurelles, le gouvernement a déployé une série de politiques stratégiques, notamment la Stratégie de développement de la pêche vietnamienne d’ici 2030 et à l’horizon 2045. Celle-ci fixe des objectifs ambitieux : atteindre 1,45 million de tonnes de production aquacole marine et générer entre 1,8 et 2 milliards de dollars d’exportations annuelles d’ici 2030. Parallèlement, la planification de l’espace maritime national a été ajustée pour favoriser l’implantation de zones d’aquaculture industrielle, accompagnées d’incitations à l’investissement dans les infrastructures et les services logistiques.

Le Vietnam vise 1,8 à 2 milliards de dollars d’exportations annuelles de produits agricoles marines d’ici 2030.
Photo : CTV/CVN

Vers une économie verte et une intégration mondiale

Lors de la conférence bilan du secteur aquacole, tenue à la mi-janvier 2026, le vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Phùng Đuc Tiên, a souligné que "l’aquaculture marine durable n’est pas une tendance, mais une nécessité pour préserver la position du Vietnam sur les marchés internationaux, tout en protégeant les écosystèmes marins et les moyens de subsistance des pêcheurs".

Dans cette dynamique, plusieurs provinces côtières telles que Khanh Hoà, Phu Yên et Quang Ninh ont développé des modèles d’aquaculture industrielle reposant sur des cages HDPE, des technologies de pointe inspirées de l’expertise norvégienne et des systèmes de surveillance environnementale automatisés. De grandes entreprises vietnamiennes, à l’instar de Vingroup, Nam Viêt ou Viêt-Uc, investissent massivement dans l’élevage de poissons marins, de homards et de mollusques, en privilégiant des modèles circulaires, à faibles émissions et fondés sur la traçabilité.

Lors du Forum national sur l’économie maritime organisé à Quang Ngai en novembre 2025, le Premier ministre Pham Minh Chinh a réaffirmé que le développement durable de l’aquaculture marine constituait l’un des piliers centraux de la stratégie vietnamienne d’économie bleue. Il a insisté sur la promotion de modèles d’élevage respectueux de l’environnement, technologiquement avancés et créateurs de valeur durable pour les communautés côtières.

En parallèle, des politiques de crédit préférentiel, de transformation numérique et de formation des ressources humaines sont mises en œuvre de manière coordonnée. Des projets de coopération internationale, tels que Communautés côtières intelligentes, financés par le PNUD et le gouvernement canadien, soutiennent les pêcheurs dans l’adoption de pratiques aquacoles écologiques et renforcent leur résilience face aux effets du changement climatique.

Néanmoins, pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030, le secteur devra relever plusieurs défis majeurs, notamment en matière de réformes institutionnelles, de contrôle des maladies, de gestion durable des zones d’élevage et de transparence des chaînes d’approvisionnement. Une coordination étroite entre l’État, les entreprises, les pêcheurs et les partenaires internationaux sera déterminante pour construire une filière aquacole verte, responsable et compétitive à l’échelle mondiale.

Truong Giang/CVN

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