>> Les exportations vietnamiennes de poivre atteignent un niveau record
Selon les données de l’Association vietnamienne du poivre et des épices (VPSA), au cours des quinze premiers jours de janvier 2026, le Vietnam a exporté 9.050 tonnes de poivre, générant un chiffre d’affaires de 57,9 millions de dollars. Le poivre noir représentait 7.228 tonnes, tandis que le poivre blanc atteignait 1.822 tonnes.
Bien que ces chiffres soient en léger recul par rapport à la première moitié de décembre 2025 (respectivement -3,7% en volume et -6,3 % pen valeur), ils traduisent une nette amélioration par rapport à la même période de l’année précédente, témoignant d’une reprise progressive de la demande mondiale.
L’année 2025 a marqué un tournant pour l’industrie du poivre vietnamien. D’après les statistiques des douanes, le pays a exporté 223.242 tonnes de poivre pour une valeur proche de 1,6 milliard de dollars, soit une hausse de 24,1% en valeur par rapport à 2024, malgré une baisse de 5% des volumes. Il s’agit du chiffre d’affaires le plus élevé enregistré depuis plusieurs années, confirmant la reprise de la position du Vietnam sur le marché mondial.
Un développement notable réside dans la diversification des produits exportés. Les entreprises ne se limitent plus au poivre noir brut, mais investissent désormais dans la transformation du poivre blanc, du poivre moulu, des huiles essentielles et d’autres produits dérivés. Cette stratégie permet non seulement d’augmenter la valeur ajoutée, mais aussi de mieux répondre aux exigences des marchés exigeants comme l’Union européenne, les États-Unis ou le Japon.
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| La VPSA prévoit que la production nationale de poivre avoisinerait les 165.000 tonnes en 2026. |
Garantir la qualité
Les perspectives pour 2026 sont jugées favorables grâce à plusieurs facteurs. D’une part, la demande mondiale devrait croître avec la reprise des chaînes d’approvisionnement alimentaires et l’atténuation de l’inflation. D’autre part, le Vietnam conserve sa position de premier exportateur mondial de poivre, représentant environ 40% du marché global. Enfin, les accords de libre-échange tels que l’EVFTA, le CPTPP et l’UKVFTA continuent d’ouvrir de nouvelles opportunités commerciales avec des avantages tarifaires significatifs.
Cependant, pour tirer pleinement parti de ces opportunités, le secteur doit relever plusieurs défis persistants : garantir la qualité des produits, assurer la traçabilité, et adopter des pratiques agricoles durables. La mise en place de codes de zones de culture, la promotion de l’agriculture biologique, et l’investissement dans les technologies de transformation et de conservation sont essentiels. Parallèlement, il est crucial de renforcer la promotion commerciale et de bâtir une identité nationale forte du poivre vietnamien.
Selon la VPSA, la production mondiale de poivre ne cesse de diminuer ces dernières années, ce qui reflète les grandes difficultés rencontrées par de nombreux pays pour maintenir leurs plantations. Cette situation s’explique par des conditions climatiques de plus en plus extrêmes, la concurrence d’autres cultures, ainsi que la hausse continue des coûts des intrants et de la main-d’œuvre, alors même que la culture du poivrier exige des soins complexes. Le Brésil demeure l’unique point lumineux du secteur, avec une superficie en expansion et une production stable, tandis que la plupart des autres grands pays producteurs enregistrent une baisse.
La VPSA prévoit que la production nationale en 2026 diminuera d’environ 15 à 20%, avec une estimation de récolte annuelle avoisinant les 165.000 tonnes. Cette baisse devrait entraîner une réduction significative des stocks mondiaux, atteignant leur niveau le plus bas depuis plusieurs années.
Texte et photo : Truong Giang/CVN


