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| La plateforme numérique de l’OIF favorise la mise en réseau des ONG, des experts et des porteurs de projets de transition écologique dans l’espace francophone. |
| Photo : OIF/CVN |
Le 5 juin 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et son Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) ont lancé la “Plateforme francophone finance durable”.
Les pays francophones, souvent parmi les plus vulnérables, ont un besoin pressant de financements pour s’adapter aux effets déjà visibles du changement climatique (sécheresses, inondations, canicules, etc.), réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, renforcer leur résilience face aux catastrophes naturelles et restaurer les écosystèmes. Mais ils se heurtent souvent à des obstacles persistants : complexité des procédures, manque d’informations centralisées et barrière linguistique - la majorité des ressources étant disponible uniquement en anglais. Dans ces conditions, les porteurs de projets peinent à identifier et à saisir les opportunités qui leur sont destinées.
Avec la plateforme francophone finance durable, la Francophonie renforce son engagement en faveur de l’action environnementale et climatique. En facilitant l’accès aux financements, elle contribue à réduire les inégalités d’accès aux ressources et à accélérer la transition écologique dans l’espace francophone.
Cette plateforme numérique offre une vision claire et structurée des opportunités de financement disponibles, qu’elles soient internationales, régionales ou nationales, et propose des outils pratiques destinés à accompagner les acteurs de terrain. En centralisant ces informations dans un guichet unique accessible en français, elle facilite l’accès à la finance climat et renforce la capacité d’action des pays et des organisations francophones.
Opportunités pédagogiques
“La centralisation des informations liées à la finance durable devient vitale pour notre secteur. La plateforme répond donc à une véritable attente”, souligne Cyrille Djowamon, directeur exécutif de l’Organisation non-gouvernementale PJUD (Programme de la jeunesse pour le développement) - Bénin, engagée dans l’agriculture durable et la responsabilisation de la jeunesse. Selon lui, cette nouvelle ressource permettra aux organisations francophones de mieux repérer les financements disponibles, de valoriser leurs projets et de renforcer leur mise en réseau.
La plateforme met gratuitement à la disposition des gouvernements, des collectivités, des Organisations non-gouvernementales, des entreprises et des experts plusieurs bases de données complémentaires : opportunités de financement, portefeuilles de projets soutenus par la Francophonie, dossiers pays ainsi qu’une banque d’experts francophones mobilisables selon les besoins.
Dans une approche pratique et collaborative, elle permet aux utilisateurs d’identifier facilement les financements correspondant à leurs besoins grâce à un moteur de recherche avancé capable de filtrer les résultats par pays, secteur d’activité (énergie, agriculture, eau, etc.), type d’instrument (subventions, prêts, investissements privés) ou montant.
Elle propose également des ressources pédagogiques en français destinées à accompagner les porteurs de projets : guides méthodologiques, manuels de formation et études de cas permettant de s’inspirer des bonnes pratiques.
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| Avec la plateforme francophone finance durable, la Francophonie renforce son engagement en faveur de l’action environnementale et climatique. |
| Photo : OIF/CVN |
Enfin, la plateforme favorise les échanges et la coopération grâce à un espace collaboratif où les utilisateurs peuvent partager des informations, poser des questions et échanger sur les défis communs. Une infolettre dédiée leur permet également de suivre les dernières actualités et opportunités.
“La plateforme permet une mise en réseau à l’échelle de l’espace francophone entre ONG et experts, souligne Cyrille Djowamon. Elle contribue également à renforcer un espace francophone souvent sous-représenté dans les mécanismes de financement climatique”.
Même constat pour Cap Business, l’unique structure regroupant les chambres de commerce des six îles de l’océan Indien. “Cette plateforme va nous permettre de disposer d’une veille stratégique centralisée et d’accéder plus facilement aux appels à projets. C’est un gain de temps précieux pour identifier les financements auxquels les pays francophones sont réellement éligibles”, explique Salimah Jaulim Islam, chargée de mission partenariats et mobilisation des ressources de l’organisation.
Un engagement pour l’avenir
Pour les structures publiques, l’accès à des informations fiables et à des experts qualifiés constitue également un enjeu majeur, notamment dans le cadre des procédures d’accréditation auprès des grands fonds internationaux. L’Office de développement et d’exploitation des forêts (ODEF) est actuellement la seule entité togolaise accréditée auprès du Fonds d’adaptation, obtenu en 2025, et figure à ce titre dans la rubrique “Dossier pays” de la plateforme. L’organisme vise désormais une accréditation auprès du Fonds vert pour le climat.
“Pour mobiliser des financements, il ne suffit pas de le vouloir, encore faut-il en avoir les capacités. Les procédures sont strictes et exigeantes. La plateforme nous apporte la visibilité nécessaire pour accéder aux fonds climatiques”, précise Essodouna Kpatcha, secrétaire technique de la cellule finance climat. La mairie de N’Djamena, par la voix de son expert en finance climatique Nguague Hisseine Ganda, partage le même constat : “Au Tchad, les besoins sont considérables en matière de résilience climatique, d’adaptation aux risques et d’aménagement urbain. Pourtant, les collectivités ne disposent pas toujours des ressources techniques nécessaires pour identifier les financements adaptés et élaborer des projets répondant aux critères des bailleurs. La plateforme peut contribuer à combler ce déficit en facilitant l’accès à l’information, aux expertises et aux retours d’expérience”.
Deux rubriques retiennent particulièrement son attention : “la banque d’experts, stratégique car l’accès au financement dépend souvent de la capacité à mobiliser les compétences techniques, juridiques ou financières adéquates”, ainsi que “le portefeuille de projets, qui fournit des exemples concrets d’initiatives et permet aux collectivités de s’inspirer d’expériences déjà menées dans d’autres contextes”.
Carin Karl Atondé, directeur exécutif de Jeunes volontaires pour l’environnement (JVE) au Bénin, ONG pionnière dans le domaine de la protection de l’environnement et accompagnée par l’IFDD, se montre lui aussi enthousiaste : “Au-delà de l’accès à une information jusqu’ici dispersée et souvent disponible uniquement en anglais, cette plateforme permettra de valoriser les initiatives du monde francophone, de mettre en lumière nos bonnes pratiques et de les faire connaître auprès de nouveaux bailleurs, afin que nos projets puissent se poursuivre au-delà des premiers financements”.
En rendant plus visibles les opportunités de financement, les expertises et les expériences francophones en matière de finance durable, cette plateforme contribue à transformer un engagement politique en un outil concret au service des acteurs de terrain.
Son lancement marque le début d’une dynamique appelée à se renforcer. Dans les prochains mois, de nouvelles opportunités seront intégrées, davantage d’experts rejoindront la plateforme et des forums régionaux seront organisés afin de développer la communauté de pratiques consacrée à la finance climat et à la biodiversité.
OIF/CVN




