>> Quy Nhon accueillera le Forum de l'éducation francophone en Asie du Sud-Est
>> Le Vietnam, laboratoire de la francophonie éducative en Asie-Pacifique
>> Le français s’impose dans la stratégie éducative vietnamienne
![]() |
| Nicolas Maïnetti, directeur régional de l’AUF - Asie-Pacifique. Photo : ICISE/CVN |
Le français, un atout distinctif dans un marché du travail
Aujourd’hui, la maîtrise de l’anglais ne constitue plus, à elle seule, un avantage décisif sur le marché du travail. Les grandes langues asiatiques gagnent également du terrain et les employeurs recherchent des profils capables de se distinguer par des compétences complémentaires.
Je suis convaincu que le français conserve, dans ce contexte, toute sa pertinence. Avec l’anglais, il demeure l’une des rares langues de travail présentes sur les cinq continents, utilisées dans la diplomatie, les organisations internationales, la recherche scientifique et les échanges économiques.
Choisir une filière francophone ne se limite pas à l’apprentissage d’une langue étrangère. C’est aussi intégrer un vaste espace académique et professionnel, accéder à des universités de renom, à des programmes de mobilité internationale et à de nombreuses opportunités de bourses.
J’insiste également sur la dimension culturelle du français. Cette langue favorise l’ouverture à d’autres modes de pensée, encourage le dialogue interculturel et prépare les jeunes à évoluer dans des environnements internationaux.
Au Vietnam, nous constatons que de nombreux diplômés issus des filières francophones occupent aujourd’hui des postes à responsabilité. Dans un monde où le plurilinguisme devient un facteur clé de différenciation, je considère que le français constitue plus que jamais un atout stratégique pour construire un parcours académique et professionnel tourné vers l’avenir.
![]() |
| Olivier Brochet, ambassadeur de France au Vietnam. Photo : ICISE/CVN |
Le Vietnam, futur principal pôle francophone d’Asie
En trois ans, le nombre d’établissements vietnamiens labellisés LabelFrancÉducation a presque doublé. Avec les nouvelles candidatures en cours, le Vietnam devrait bientôt disposer du plus important réseau labellisé d’Asie.
Cette progression s’appuie sur l’accord de coopération éducative signé en 2024 entre la France et le Vietnam, mais aussi sur un intérêt croissant des jeunes et des familles vietnamiennes pour le français. J’observe que cette langue est désormais perçue non seulement comme une langue de culture, mais également comme une langue de savoir, de recherche, d’innovation et d’opportunités professionnelles.
Je suis particulièrement attaché au développement des disciplines non linguistiques enseignées en français. Apprendre les sciences, le sport ou les arts dans cette langue permet aux élèves d’en acquérir une maîtrise plus naturelle tout en les préparant à évoluer dans un environnement international.
Le Forum de l’éducation francophone organisé à Quy Nhon constitue une étape importante. Il ouvre de nouvelles perspectives pour renforcer la formation des enseignants, encourager la mobilité étudiante et développer les partenariats entre établissements francophones et vietnamiens.
L’éducation, la formation et la recherche demeurent au cœur du partenariat stratégique global entre la France et le Vietnam. En investissant dans sa jeunesse et dans le plurilinguisme, le Vietnam possède aujourd’hui tous les atouts nécessaires pour devenir, dans les prochaines années, le principal pôle francophone d’Asie.
![]() |
| Pierre Du Ville, délégué général Wallonie-Bruxelles au Vietnam. Photo : ICISE/CVN |
Soutenir la francophonie, c’est investir dans l’avenir des jeunes Vietnamiens
Soutenir la francophonie, c’est offrir davantage d’opportunités aux jeunes générations vietnamiennes. Depuis plus de 30 ans, Wallonie-Bruxelles accompagne le Vietnam à travers de nombreux projets de coopération, et la promotion du français demeure aujourd’hui l’une des priorités de notre programme2025-2027.
À mes yeux, la francophonie dépasse largement la dimension linguistique. Elle constitue un véritable levier de compétences, de mobilité internationale et d’employabilité. Les dix-sept projets que nous soutenons actuellement concernent des secteurs stratégiques tels que la santé, la logistique portuaire, l’agriculture durable ou encore la culture. Dans chacun de ces domaines, la maîtrise du français représente un atout supplémentaire pour évoluer dans un environnement professionnel international.
Je considère également que la coopération universitaire joue un rôle essentiel. C’est pourquoi nous encourageons les partenariats entre établissements vietnamiens et belges, afin de développer des projets communs en matière de formation, de recherche et d’innovation.
Le Forum de l’éducation francophone de Quy Nhon a constitué une étape importante dans cette dynamique. Plus que jamais, je suis persuadé que la francophonie constitue un atout stratégique pour accompagner les ambitions du Vietnam et ouvrir de nouvelles perspectives à sa jeunesse.
Dix enseignants volontaires francophones dès la rentrée 2026
![]() |
| Van Công Tran, responsable du CREFAP/DEAF/OI. Photo : NVCC/CVN |
Je suis convaincu que la mobilité enseignante constitue aujourd’hui l’un des outils les plus efficaces pour renforcer durablement l’enseignement du français. Depuis son lancement en 2020 à l’initiative de la Secrétaire générale de la Francophonie, Son Excellence Madame Louise Mushikiwabo, ce programme a déjà permis le déploiement de 183 enseignants volontaires au Rwanda, au Ghana, aux Seychelles et au Cambodge, au bénéfice de plus de 55.000 élèves.
À partir de la rentrée 2026, le Vietnam et l’Arménie vont rejoindre cette dynamique. Chacun de ces deux pays accueillera dix enseignants volontaires francophones expérimentés. Je me réjouis de cette nouvelle étape, qui permettra de renforcer les compétences linguistiques des apprenants tout en favorisant les échanges de pratiques entre enseignants vietnamiens et internationaux.
Ces volontaires interviendront dans les établissements scolaires et universitaires en travaillant en binôme avec leurs collègues vietnamiens. Cette coopération quotidienne favorisera le partage d’expériences, l’innovation pédagogique et la recherche de solutions adaptées aux réalités locales. Le processus de recrutement est actuellement en cours.
Les candidats devront notamment justifier d’un diplôme de niveau master, d’une expérience d’au moins cinq ans dans l’enseignement du français et d’une maîtrise de la langue au niveau C1 minimum. Au-delà du renforcement des compétences linguistiques, j’y vois une formidable opportunité de consolider l’environnement francophone au Vietnam et de développer une coopération éducative plus étroite au sein de l’espace francophone asiatique.
CÂM SA/CVN






