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| Des produits intelligents, des puces électroniques et des semi-conducteurs sont présentés lors de la cérémonie d'inauguration du Centre national de soutien à la production pilote de semi-conducteurs, en juin 2026 à Hanoï. |
| Photo : VNA/CVN |
La Résolution N°57 insuffle une nouvelle dynamique au développement des technologies stratégiques. Plusieurs domaines, tels que l'intelligence artificielle (IA), la robotique, les véhicules aériens sans pilote (UAV) et les biotechnologies, sont désormais prêts à entrer dans une phase d'application concrète. Toutefois, pour réaliser une véritable percée, le Vietnam doit encore lever plusieurs obstacles liés au cadre institutionnel, aux infrastructures de calcul, aux ressources humaines ainsi qu'à la coopération entre l'État, les instituts de recherche, les universités et les entreprises.
Dans le prolongement des orientations définies par la Résolution N°57, de nombreux programmes et projets de recherche et développement (R&D) ont été déployés de manière coordonnée par les ministères, les collectivités locales, les organismes publics et les entreprises, afin de concrétiser progressivement l'objectif de maîtriser les technologies stratégiques.
Des technologies prêtes à décoller
Selon Bùi Hoàng Phuong, vice-ministre des Sciences et des Technologies, son ministère a déjà reçu 28 propositions émanant de différents ministères et organismes concernant le développement des technologies stratégiques. Après un premier examen, plusieurs d'entre elles, notamment les caméras intelligentes reposant sur l'IA, les robots mobiles autonomes, les UAV, les plateformes d'éducation intelligente ainsi que certains vaccins, produits biologiques et biotechnologies, présentent un niveau élevé de maturité technologique. Elles devraient permettre des avancées significatives et produire leurs premiers résultats dès 2026.
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| Le drone est utilisé pour semer, fertiliser et pulvériser des pesticides à An Giang (Sud). |
| Photo : VNA/CVN |
Ces technologies s'appuient sur des travaux de recherche ou des prototypes déjà développés au Vietnam et sont appelées à répondre aux besoins de nombreux secteurs, notamment la gestion urbaine, les transports, la sécurité, l'agriculture, l'industrie, la logistique, la santé et l'éducation.
De nombreuses entreprises investissent également de manière proactive afin de maîtriser ces technologies stratégiques. Le groupe Vingroup a ainsi constitué un corpus de données en langue vietnamienne de plus de 350 milliards de jetons (tokens) et développé des modèles de langage de grande taille comptant jusqu'à 420 milliards de paramètres. Il met parallèlement en place un écosystème d'applications d'IA à l'échelle du groupe.
De son côté, le groupe Phenikaa concentre ses efforts sur cinq technologies clés : les semi-conducteurs, la conduite autonome, les technologies biomédicales destinées à la médecine de précision, les matériaux avancés et le stockage de l'énergie. Ces domaines figurent parmi les priorités définies par la Résolution N°57 en matière de technologies stratégiques nationales.
Il convient de souligner que chacun de ces axes de recherche s'inscrit dans les Objectifs de développement durable des Nations unies, couvrant des domaines tels que l'éducation, l'emploi, les infrastructures industrielles, la santé et les énergies propres. Cette approche traduit la volonté non seulement de maîtriser les technologies, mais aussi d'en faire des solutions concrètes aux défis du développement national et d'améliorer la qualité de vie de la population.
Malgré ces avancées, le développement des technologies stratégiques demeure confronté à plusieurs difficultés : un cadre juridique encore incomplet, une pénurie de ressources humaines qualifiées, des infrastructures de recherche dispersées et une coopération insuffisante entre les instituts de recherche, les universités et les entreprises.
Lever les freins structurels
Lors de la conférence nationale consacrée au bilan d'un an et demi de mise en œuvre de la Résolution N°57 sur le développement des sciences et technologies, de l'innovation et de la transformation numérique, Luu Anh Tuân, directeur général adjoint de VinSmart Future JSC, a indiqué que la majorité des entreprises vietnamiennes restent dépendantes des modèles d'IA étrangers. Cette dépendance entraîne des coûts élevés, une forte vulnérabilité technologique ainsi que des risques potentiels pour la sécurité des données.
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| Chaîne robotisée d'assemblage de convoyeurs de plaquettes de semi-conducteurs chez Tazmo Vietnam, dans la zone industrielle de Long Hâu (province de Tây Ninh). |
| Photo : VNA/CVN |
Par ailleurs, les infrastructures de calcul constituent aujourd'hui un obstacle majeur. Les coûts d'acquisition ou de financement des processeurs graphiques (GPU) dépassent les capacités financières de nombreuses entreprises et institutions de recherche.
Selon lui, dans la course mondiale à l'IA, le principal obstacle ne réside plus dans les algorithmes, mais dans les institutions et les infrastructures.
Afin de lever ces blocages, il préconise la mise en place d'un programme national consacré à l'intelligence artificielle, centré sur le développement de modèles fondamentaux, notamment les grands modèles de langage, les modèles multimodaux, ainsi que les applications de l'IA à la robotique, à l'industrie intelligente et aux secteurs stratégiques.
Il recommande également d'investir dans une infrastructure nationale de calcul pour l'IA, fonctionnant selon un modèle mutualisé comparable au cloud computing, afin de permettre aux instituts de recherche, aux universités et aux entreprises d'accéder à une puissance de calcul à un coût raisonnable.
En parallèle, il estime nécessaire de compléter le cadre réglementaire en créant un environnement favorable au développement de l'IA, notamment grâce à la mise en place d'un AI Sandbox, destiné à expérimenter les nouvelles technologies dans un cadre sécurisé.
Face à l'objectif de développer les technologies stratégiques, le vice-ministre des Sciences et des Technologies estime qu'il s'agit d'une mission entièrement nouvelle, particulièrement complexe et interdisciplinaire, qui exige une mobilisation coordonnée des ministères, des organismes publics et des collectivités locales.
Selon lui, dans les domaines les plus complexes, tels que les technologies satellitaires, le chemin de fer à grande vitesse ou encore les technologies d'exploitation et de transformation des terres rares, les activités de recherche et développement devront être menées de manière méthodique, selon une feuille de route clairement définie jusqu'en 2026, avec une vision à l'horizon 2030.
Dans les prochains mois, le ministère des Sciences et des Technologies mobilisera les ressources nécessaires pour examiner et évaluer l'ensemble des propositions relatives aux technologies stratégiques, afin de sélectionner les priorités qui bénéficieront d'investissements ciblés.
Pour donner une nouvelle impulsion à cette stratégie, le ministère proposera également au gouvernement de mettre rapidement en œuvre un mécanisme d'expérimentation réglementaire contrôlée (sandbox) applicable aux commandes publiques, aux achats de produits technologiques stratégiques et aux fonds de capital-risque.
L'objectif est d'élargir le recours à des mécanismes spécifiques, tels que la commande de projets de recherche, le financement fondé sur les résultats, l'acquisition des premières séries de produits technologiques stratégiques développés par des entreprises nationales, ainsi que les investissements en capital-risque bénéficiant de financements publics.
Quê Anh/CVN





