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| Maquette numérique de la centrale nucléaire de Ninh Thuân 1. |
| Photo : CTV/CVN |
Le projet de la centrale de Ninh Thuân 1 révèle une opportunité stratégique : la formation d’une main-d’œuvre qualifiée et pérenne.
Le Dr. Trân Chi Thành, directeur de l’Institut d’énergie atomique du Vietnam (Vinatom), a rappelé récemment que les préparatifs avançaient, avec le dégagement des terrains au 2e trimestre, mais que le volet ressources humaines restait crucial.
Un besoin urgent de 4.000 spécialistes
Selon le plan de formation et de perfectionnement des ressources humaines pour le développement de l’énergie nucléaire jusqu’en 2035 (approuvé en mai 2025), le pays devra disposer en 2030 d’environ 4.000 agents pour assurer l’exploitation des centrales de Ninh Thuân 1 et 2, dont plus de 2.000 titulaires d’un diplôme universitaire ou supérieur.
Trouver autant d’ingénieurs d’exploitation répondant aux critères reste, pour l’heure, difficile, jugent plusieurs spécialistes. “Il est très compliqué de recruter des centaines d’ingénieurs d’exploitation clés”, a expliqué le Dr. Lê Chi Dung, ancien directeur adjoint de l’Agence vietnamienne pour la sécurité radiologique et nucléaire (Viet Nam Agency for Radiation and Nuclear Safety en anglais).
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| Zone centrale du projet de construction de la centrale nucléaire de Ninh Thuận 2 située dans le hameau de Thai An, commune de Vinh Hai. |
| Photo : VNA/CVN |
D’après le Dr. Lê Van Hông, directeur adjoint du Vinatom, le niveau d’exigence est élevé : maîtrise de la physique nucléaire et neutronique, thermo hydraulique, résistance des matériaux, procédés physico-chimiques, ainsi que des systèmes complexes (turbines, pompes, automatismes…). Pour répondre à ces besoins, les experts préconisent une formation concentrée dans quelques établissements de pointe, sur la base de programmes standards calqués sur les références internationales. Une dispersion des cursus dans des établissements insuffisamment équipés risquerait de produire des diplômés inadaptés aux contraintes opérationnelles des centrales.
Certaines universités vietnamiennes disposent déjà d’équipes techniques de haut niveau et peuvent contribuer à la formation, mais, selon le Dr. Trân Chi Thành, “il manque encore des équipes spécialisées en énergie nucléaire pour assurer la montée en compétence complète“.
Garantir l’autonomie à long terme
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| Techniciens travaillant au réacteur nucléaire de Dà Lat. |
| Photo : VNexpress/CVN |
À court terme, le pays pourra s’appuyer sur les opérateurs étrangers pour fournir des ingénieurs d’exploitation lors de la phase initiale. “Mais sur le long terme, il faut former des personnels pour un programme national d’énergie nucléaire”, a averti
M. Dung. Chaque centrale moderne a une durée de vie de plus de 60 ans, voire 80 ans, nécessitant des générations successives de techniciens et d’ingénieurs sans dépendance permanente à l’étranger.
M. Thành a insisté sur l’importance d’associer dès maintenant une équipe d’experts nationaux pour bâtir un programme de formation durable. L’Institut d’énergie atomique du Vietnam se dit prêt à apporter son expertise et ses ressources humaines à cet effort.
Fin 2024, l’Assemblée nationale du Vietnam a validé le principe de relancer le projet de Ninh Thuân. Le gouvernement travaille désormais à renforcer l’administration du secteur, compléter le cadre juridique et réunir les conditions nécessaires à sa mise en œuvre. Le projet, porté principalement par le groupe Électricité du Vietnam (EVN), sera implanté dans la commune de Phuoc Dinh, province de Khanh Hoà (Centre).
Enjeux à long terme, opportunité de formation et nécessité d’un cadre institutionnel et pédagogique solide : la réussite du programme nucléaire vietnamien dépendra autant des infrastructures que de la volonté du pays à former et à renouveler une expertise nationale, créant ainsi un patrimoine de savoir-faire durable pour les générations futures.
Thuy Hà/CVN





