Procès de 19 accusés pour transfert illégal de fonds et blanchiment d’argent

Le Tribunal populaire de Hô Chi Minh-Ville a ouvert le 5 mars le procès en première instance de 19 accusés de transport illégal de devises à travers la frontière et de blanchiment d'argent dans une affaire d'une ampleur exceptionnelle impliquant des réseaux clandestins de transfert de fonds entre le Vietnam et le Cambodge.

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La valeur totale des transactions dans cette affaire est estimée à plusieurs billions de dongs (1 billion de dôngs équivalant à environ 38,15 millions de dollars américains) et à plusieurs dizaines de millions de dollars américains.

Des accusés.
Photo : congan/CVN

Selon l'acte d'accusation du parquet populaire de la ville, Pham Van Nhan (né en 1980, propriétaire de l'établissement de restauration Vua), Do Viet Dai (né en 1971, propriétaire de la bijouterie Duc Long), Nguyên Thi Thu Thuy (née en 1983), Duong Dai Nghia (né en 1990, employé de la société Vua), Nguyên Thi Kim Ngân (née en 1977, employée de la bijouterie Duc Long) et neuf autres personnes ont été poursuivis pour "transport illégal de devises à travers la frontière".

Par ailleurs, Mai Vu Minh (né en 1995), Lê Thi Tham (née en 1976), Okoye Christian Ikechukwu (né en 1985, de nationalité nigériane), Nguyên Thi Thanh Thuy (née en 1989) et Nguyên Thi Huong (née en 1990) ont été inculpés de "blanchiment d'argent". Deux autres suspects, Mai Trà My (la sœur aînée de Minh) et Eneh Davidson Caleb (un ressortissant nigérian), sont toujours en fuite et font l'objet d'un mandat d'arrêt.

Selon l'accusation, Pham Van Nhan se livrait au trafic de nids d'hirondelles entre le Vietnam et le Cambodge. Face à la forte demande de transferts d'argent transfrontaliers, Pham Van Nhan et Nguyên Thi Thu Thuy ont loué des locaux en 2016 pour organiser des opérations de transfert d'argent illégales, établissant des réseaux des deux côtés de la frontière pour faciliter les transactions.

Pham Van Nhan et Nguyên Thi Thu Thuy géraient directement le réseau et avaient embauché Duong Dai Nghia, ainsi que plusieurs employés, pour s'occuper de la collecte et de la livraison de l'argent. Les clients souhaitant transférer de l'argent au Cambodge devaient rencontrer Duong Dai Nghia pour compter l'argent et enregistrer les coordonnées du destinataire. Duong Dai Nghia ou Pham Van Nhan contactaient ensuite des partenaires au Cambodge afin que les destinataires puissent retirer les fonds à des endroits convenus. Les frais de transfert étaient directement déduits du montant envoyé.

Chaque transfert via ce canal était limité à un maximum de 1 milliard de dôngs ou 50.000 dollars. Les transferts plus importants étaient gérés par un autre réseau dirigé par Dô Viêt Dai et Nguyên Thi Kim Ngân.

Les enquêteurs ont établi que ce réseau avait transféré illégalement 304 milliards de dôngs et 4,8 millions de dollars du Vietnam vers le Cambodge, tandis que 303 milliards de dongs et 4,9 millions de dollars avaient été transférés dans le sens inverse. De 2016 jusqu’au démantèlement du réseau, Pham Van Nhan et Nguyên Thi Thu Thuy auraient engrangé des profits illégaux d’environ 24 milliards de dongs, tandis que Duong Dai Nghia aurait perçu un salaire total de 828 millions de VND et les autres employés, entre 133 et 600 millions de dongs.

Dans le cadre de ce second réseau, Dô Viêt Dai, propriétaire de la bijouterie Duc Long à Hô Chi Minh-Ville, avait déjà été condamné à une amende d’un milliard de dongs par le tribunal populaire de la province de Quang Nam en 2022 pour des infractions liées au commerce de l’or.

Par la suite, Dô Viêt Dai a chargé Nguyên Thi Kim Ngân de coordonner les opérations avec Duyên, propriétaire de la bijouterie Gold Shop 60 au Cambodge. Nguyên Thi Kim Ngân a loué des locaux rue Cach Mang Thang Tam pour gérer les transactions et la comptabilité, tandis que les instructions et les détails des paiements étaient échangés via l'application Telegram.

De fin 2023 à avril 2024, Nguyên Thi Kim Ngân transféré environ 2.050 milliards de dôngs et 10,7 millions de dollars américains du Cambodge vers le Vietnam, tout en recevant 35,4 milliards de dôngs et 8,1 millions de dollars américains pour effectuer le transfert inverse, empochant ainsi plus de 1,2 milliard de dôngs de profits illégaux. Le duo a également géré des transferts distincts de 150.000 dollars américains pour un client en Chine et de 51.000 dollars américains pour un client au Cambodge.

Concernant le blanchiment d'argent, les enquêteurs ont découvert que Minh avait créé plusieurs sociétés pour effectuer des transactions bancaires, dissimulant des fonds illicites totalisant 789.057 dollars américains et générant plus de 383 millions de VND sous la direction de sa sœur My.

Lê Thi Tham a également créé des sociétés écrans pour dissimuler plus de 1,4 million de dollars américains, empochant ainsi plus de 2 milliards de dôngs avec son mari, Ikechukwu. D'autres accusés ont également manipulé d'importantes sommes, notamment Thanh Thuy avec environ 149,4 milliards de dongs et Nguyên Thi Huong avec environ 56,7 milliards de dôngs dans des transactions illicites.

VNA/CVN

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