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Lors de la deuxième réunion du Comité central de pilotage pour le développement de la culture vietnamienne, le secrétaire général du Parti et président de l’État, Tô Lâm, a souligné les insuffisances persistantes, mettant en évidence l’écart entre les orientations politiques et les résultats concrets, ainsi qu’entre les programmes d’action et leurs effets réels. Il a, pour la première fois, identifié clairement "quatre lacunes" et défini "trois grandes transitions" comme orientations stratégiques pour le développement culturel dans la nouvelle période.
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| Le Vietnam compte plus de 40.000 sites historiques, culturels et paysagers, près de 70.000 patrimoines culturels immatériels, dont 38 sont inscrits par l’UNESCO. |
| Photo : VNA/CVN |
Selon le Professeur associé, Docteur et compositeur Dô Hông Quân, président de l’Union des associations vietnamiennes des lettres et des arts, les "quatre lacunes" concernent : le manque d’attractivité des valeurs vietnamiennes dans l’environnement numérique ; la faible capacité à transformer le patrimoine en données, en savoirs et en propriété intellectuelle ; les insuffisances dans la création de produits culturels compétitifs ; ainsi que les limites du cadre institutionnel et de l’écosystème des industries culturelles.
Les "trois grandes transitions" consistent à considérer la culture non plus comme un simple secteur, mais comme un pilier du développement ; à développer la culture à la fois dans les espaces physiques et numériques ; et à passer d’une logique centrée principalement sur la conservation à une approche associant préservation, création, production de connaissances, développement de marchés et renforcement du soft power national.
L’une des principales lacunes évoquées par Tô Lâm concerne la capacité à transformer le patrimoine culturel en ressources de données, en savoirs numériques, en propriété intellectuelle et en moteur de créativité nationale.
Le Vietnam compte plus de 40.000 sites historiques, culturels et paysagers, près de 70.000 patrimoines culturels immatériels, dont 38 sont inscrits par l’UNESCO. Toutefois, une grande partie de ces richesses n’a pas encore été numérisée, normalisée ni intégrée dans des bases de données communes. Elles ne bénéficient pas non plus d’une protection et d’une valorisation suffisantes sous forme de propriété intellectuelle, ni d’une exploitation en tant que ressources pour l’éducation, les industries culturelles ou l’intelligence artificielle. Combler cette lacune est indispensable pour transformer le capital culturel en véritable force de développement.
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| Le patrimoine culturel constitue une ressource essentielle pour le développement des industries culturelles. |
| Photo : VNA/CVN |
Pour la Professeure Tu Thi Loan, directrice de l’Institut de recherche sur la culture de Thang Long, le principal obstacle ne réside ni dans le manque de patrimoine, ni dans l’absence de données ou de potentiel créatif, mais dans l’insuffisance d’un écosystème capable de convertir le patrimoine en données, les données en savoirs, les savoirs en propriété intellectuelle, puis cette propriété intellectuelle en produits et services à forte valeur économique.
Elle préconise plusieurs mesures prioritaires. Il s’agit d’abord de construire une infrastructure nationale de données culturelles fondée sur une numérisation systématique, normalisée, interconnectée et régulièrement mise à jour. Il convient ensuite d’établir un cadre juridique clair pour la gouvernance et l’exploitation des données patrimoniales, garantissant un équilibre entre les intérêts nationaux, les droits des communautés et ceux des créateurs. Il est nécessaire de développer des équipes et des entreprises capables de faire le lien entre culture, technologies, innovation et activités économiques. Les données issues du patrimoine pourraient ainsi servir de base au développement du cinéma, de la musique, des jeux vidéo, de la mode, du design, de l’édition, de l’éducation numérique, du tourisme expérientiel et de nombreux autres produits des industries culturelles.
Selon les statistiques, les industries culturelles représentent actuellement environ 4% du PIB vietnamien. La Résolution N°80 fixe toutefois l’objectif de porter cette contribution à 7% du PIB d’ici à 2030, puis à 9% en 2045.
VNA/CVN




