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| Nguyên Manh Hùng, ancien ministre des Sciences et des Technologies et président fondateur de l’Institut vietnamien du leadership, de la gouvernance et du management, le 8 août. |
| Photo : Trong Dat/CVN |
Les solutions permettant aux entreprises vietnamiennes de se développer durablement ont été évoquées lors du Forum des CEO vietnamiens, organisé dans l’après-midi du 8 août. Nguyên Manh Hùng, ancien ministre des Sciences et des Technologies et président fondateur de l’Institut vietnamien du leadership, de la gouvernance et du management, a soulevé la question suivante : "Pourquoi le Vietnam compte-t-il de nombreuses start-up qui réussissent, mais si peu d’entreprises parviennent-elles réellement à atteindre une grande taille ?"
Selon lui, le Vietnam compte des centaines de milliers de petites entreprises et des dizaines de milliers d’entreprises de taille moyenne, mais le nombre de celles dont le chiffre d’affaires dépasse 1.000 milliards de dôngs reste limité. Nombre d’entreprises rencontrent des difficultés lorsqu’elles passent de 100 à 1.000 milliards de dôngs, ou de 1.000 à 10.000 milliards de dôngs. "C’est la phase où l’entreprise connaît une percée, mais aussi celle où elle est la plus vulnérable", a-t-il déclaré.
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| Certaines entreprises voient leur chiffre d’affaires progresser très rapidement sans que leurs bénéfices suivent. |
| Photo : VNA/CVN |
Certaines entreprises voient leur chiffre d’affaires progresser très rapidement sans que leurs bénéfices suivent. D’autres enregistrent une hausse de leurs ventes mais un flux de trésorerie négatif, ou voient leur marché s’élargir tandis que leur culture d’entreprise se détériore. L’ouverture de nouvelles succursales peut également entraîner une baisse de la qualité des services, tandis que l’augmentation des effectifs peut s’accompagner d’une diminution de la productivité.
Pour expliquer ce phénomène, Nguyên Manh Hùng a indiqué que lorsque l’entreprise est encore petite, son fondateur peut prendre lui-même la plupart des décisions. Les membres de l’équipe travaillent à proximité les uns des autres, les décisions circulent rapidement et l’organisation fonctionne grâce à des systèmes simples. Mais lorsque la taille de l’entreprise est multipliée par cinq ou dix, ce mode de gestion n’est plus adapté. C’est alors que ses faiblesses commencent à apparaître.
Le président de l’Institut vietnamien du leadership, de la gouvernance et du management estime qu’il faut distinguer croissance rapide et capacité à croître rapidement. La croissance peut résulter d’un bon produit, d’un marché favorable ou d’une opportunité commerciale. La capacité à croître rapidement désigne, elle, l’aptitude d’une entreprise à multiplier sa taille tout en continuant à fonctionner efficacement.
Selon lui, lorsqu’une entreprise entre dans une phase de croissance rapide, le CEO ne doit plus seulement la diriger, mais aussi construire l’organisation. Pour croître rapidement sans se désorganiser, elle doit disposer d’une stratégie adaptée, de systèmes opérationnels ne dépendant pas du CEO, d’une équipe de dirigeants capables de lui succéder, ainsi que de solides capacités de gestion des risques et d’une culture favorable à la croissance.
"Le rôle le plus important d’un CEO n’est ni de générer du chiffre d’affaires ni de maximiser les bénéfices chaque année, mais de construire une organisation capable de croître continuellement sur plusieurs générations", a-t-il souligné.
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| Le Professeur Vu Minh Khuong de l’École de politique publique Lee Kuan Yew. |
| Photo : VNA/CVN |
Partageant cette analyse, le professeur et docteur Vu Minh Khuong, de l’École de politique publique Lee Kuan Yew, estime que croissance rapide et réussite sont deux notions différentes. Pour croître, une entreprise doit simultanément renforcer ses fondations en matière de gouvernance afin de ne pas être fragilisée par son propre rythme d’expansion.
Il souligne également que croître rapidement ne signifie pas simplement faire mieux dans la même maison. L’entreprise doit créer davantage de valeur, développer les technologies, former son personnel et faire évoluer ses méthodes de gestion.
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| Lê Quang Dam, directeur général de la compagnie Marvell Technology Vietnam. |
| Photo : Trong Dat/CVN |
De son côté, le Dr. Lê Quang Dam, directeur général de Marvell Vietnam, a pris l’évolution de son entreprise comme exemple pour illustrer les changements de gouvernance nécessaires lorsque la taille d’une organisation augmente.
Comptant seulement cinq employés lors de sa création en 2013, Marvell Vietnam en compte aujourd’hui plus de 650 et constitue le troisième plus grand centre de R&D du groupe. Selon Lê Quang Dam, l’enjeu ne consiste pas seulement à élargir les effectifs, mais aussi à améliorer l’efficacité et la productivité, tout en mettant en place des processus suffisamment solides pour permettre à l’organisation de grandir sans perdre sa rapidité.
Pour le Dr. Lê Quang Dam, pour "grandir sans se fragiliser", une entreprise ne doit pas seulement chercher à gérer son rythme de croissance, mais anticiper et développer les capacités nécessaires à sa taille future, car la croissance constitue également un test pour l’organisation. "La croissance ne change pas l’entreprise, elle révèle ce qu’elle est", a-t-il déclaré, ajoutant que ses points forts se renforceront, mais que ses faiblesses apparaîtront également rapidement.
Lorsque les effectifs passent de quelques personnes à plusieurs centaines, l’entreprise a besoin de processus plus rigoureux. L’objectif de ces processus n’est pas de contrôler les personnes, mais de les aider à maîtriser leur travail et à améliorer leur efficacité. "De bons processus offrent davantage de liberté et favorisent davantage la créativité", a conclu le Dr. Dam.
Thu Huong/CVN





