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| Engouement croissant pour le café vietnamien sur le marché malaisien. |
| Photo : VNA/CVN |
Le développement des produits certifiés halal s’impose comme le levier stratégique majeur pour lever les barrières à l’exportation, permettant au commerce bilatéral entre le Vietnam et la Malaisie d’atteindre rapidement l’objectif de 20 milliards de dollars, avant de cibler le cap des 25 milliards de dollars par an.
En une décennie (2015-2025), les échanges commerciaux entre le Vietnam et la Malaisie ont connu un essor spectaculaire, faisant plus que doubler pour atteindre 16,33 milliards de dollars, contre 7,4 milliards initialement.
La Malaisie confirme son rang de partenaire commercial de premier plan tant à l’échelle de l’ASEAN que sur la scène internationale, a déclaré Phùng Van Thành, conseiller commercial du Vietnam à Kuala Lumpur.
Cette dynamique est confirmée par les chiffres du premier semestre 2026 : le volume des échanges bilatéraux a atteint 10,8 milliards de dollars, englobant 3,4 milliards de dollars d’exportations vietnamiennes contre 7,4 milliards de dollars d’importations.
Si cette tendance de croissance se maintient, le commerce bilatéral atteindra un sommet inédit en 2026, franchissant pour la première fois le seuil des 18 milliards de dollars, a-t-il prédit.
Malgré un dynamisme global marqué par une progression annuelle moyenne de 8,52% des échanges commerciaux entre 2015 et 2025, les exportations du Vietnam vers la Malaisie n’ont enregistré qu’une faible hausse moyenne de 3,89% par an. Dans le détail, les expéditions de marchandises vietnamiennes vers le marché malaisien sont passées de 3,58 milliards de dollars en 2015 à 5,33 milliards de dollars dix ans plus tard.
Dépasser le cap des 500 millions de dollars
Les expéditions vietnamiennes vers la Malaisie restent dominées par les machines, les équipements électriques et mécaniques, ainsi que les intrants de production. Toutefois, aucune exportation n’a atteint la barre du milliard de dollars, et seuls deux produits parviennent à dépasser le cap des 500 millions de dollars.
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| Le Vietnam figure parmi les dix premiers exportateurs mondiaux de riz, café, noix de cajou, poivre et plantes médicinales. |
| Photo : VNA/CVN |
Dans l’autre sens, les importations depuis la Malaisie ont bondi de 11,48% par an en moyenne, se hissant de 3,95 milliards de dollars en 2015 à 11 milliards en 2025. Cette forte progression s’est concentrée sur les machines, les équipements, le pétrole, ainsi que les ordinateurs, produits électroniques et composants.
Sous l’effet de cette situation, le déficit commercial du Vietnam avec la Malaisie n’a cessé de se creuser, passant de 367 millions de dollars en 2015 à 5,67 milliards de dollars en 2025. La tendance s’accélère en 2026, avec un gouffre de près de 4 milliards de dollars enregistré dès le premier semestre.
Analysant une croissance des exportations inférieure aux attentes, le conseiller commercial Phùng Van Thanh a désigné ces exigences réglementaires relatives aux normes Halal comme l’un des principaux obstacles à surmonter.
Les produits manufacturés, exemptés de certification Halal, continuent de porter les échanges commerciaux entre le Vietnam et la Malaisie. À l’opposé, les exportations agroalimentaires vietnamiennes restent à la traîne, l’accès au marché malaisien étant freiné par les exigences rigoureuses de ce label.
Une occasion en or pour le Vietnam
Avec 34,2 millions d’habitants, dont 60,4% de confession musulmane, la Malaisie s’impose comme un marché de premier plan pour l’alimentation halal. Le pays figure dans le top 5 des principaux importateurs de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), avec des achats annuels de plus de 20 milliards de dollars. Le marché intérieur malaisien des produits halal pèse aujourd’hui environ 50 milliards de dollars.
Avec son Plan directeur pour l’industrie halal (HIMP), la Malaisie vise un marché intérieur du halal de 113 milliards de dollars à l’horizon 2030. Cette stratégie, qui doit transformer le pays en plaque tournante du commerce islamique, représente une occasion en or pour le Vietnam, qui y trouvera un tremplin idéal vers le marché halal mondial.
Le Vietnam figure parmi les dix plus grands exportateurs mondiaux de produits agricoles stratégiques tels que le riz, le café, les noix de cajou, le poivre et les plantes médicinales. Fait remarquable : plus de 80% de sa production végétale s’aligne d’emblée avec les exigences du halal, puisqu’elle est naturellement exempte d’alcool ou de tout ingrédient prohibé.
Pour transformer cet avantage de la nature en succès commercial, les entreprises vietnamiennes adaptent aujourd’hui massivement et avec agilité leurs processus de production aux certifications requises.
Cependant, l’accès à la certification Halal reste un parcours du combattant pour les entreprises vietnamiennes, a prévenu Phùng Van Thành. Selon lui, ce retard s’explique par un manque d’expérience évident, une pénurie de cabinets de conseil spécialisés, mais aussi et surtout par le casse-tête de la réglementation, les exigences de certification variant considérablement d’un marché islamique à l’autre.
Le manque crucial d’organismes de certification halal reconnus à l’international ne facilite les entreprises vietnamiennes. Pour exporter, elles doivent impérativement solliciter des certificateurs hors frontières, un processus jugé à la fois coûteux et bureaucratique.
L’obtention de la certification Halal exige aux entreprises la constitution d’un dossier complet, des inspections sur site des usines et des chaînes d’approvisionnement, la nomination de référents internes garants de la conformité, ainsi qu’une formation approfondie du personnel.
Pour les acteurs étrangers, la facture s’alourdit nettement : ils doivent intégralement prendre en charge les frais de transport et d’hébergement des inspecteurs du JAKIM, une contrainte financière particulièrement lourde.
VNA/CVN





