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| Pour un produit local, notamment issu des régions montagneuses et des zones peuplées de minorités ethniques, être présenté dans un salon international ne signifie en effet pas pouvoir accéder au marché. Photo : VNA/CVN |
Le 6 avril 2026, le Premier ministre a adopté la décision N°626/QĐ-TTg approuvant le programme "GoGlobal : cap sur les marchés internationaux pour la période 2026-2030".
Celui-ci vise à aider les entreprises vietnamiennes à renforcer leur compétitivité, développer leurs marques, élargir leurs marchés et s’intégrer plus profondément aux chaînes d’approvisionnement mondiales.
Son originalité tient à son approche : passer d’actions ponctuelles, telles que les salons et les rencontres commerciales, à un écosystème d’accompagnement structuré autour des groupes de produits, des territoires et des filières.
Pour un produit local, notamment issu des régions montagneuses et des zones peuplées de minorités ethniques, être présenté dans un salon international ne signifie en effet pas pouvoir accéder au marché.
Cette réalité a été soulignée par Nguyên Minh Tiên, directeur du Centre de promotion du commerce agricole du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, lors du colloque "Faire rayonner les spécialités des régions montagneuses : des atouts locaux aux marques internationales", organisé par Tap chi Công thuong (Revue du Commerce et de l’Industrie).
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| Nguyên Minh Tiên, directeur du Centre de promotion du commerce agricole du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement. |
| Photo : CTV/CVN |
Selon lui, trois grands obstacles freinent actuellement les exportations : la normalisation de la qualité et les contrôles ; les processus de production, de transformation et d’obtention des codes nécessaires ; ainsi que la conception et l’emballage, qui ne répondent pas toujours aux exigences de chaque marché. Le coût de mise aux normes reste élevé, tandis que de nombreuses coopératives et entités OCOP disposent de ressources limitées.
Si la promotion commerciale se borne à mettre acheteurs et vendeurs en relation, nombre de blocages fondamentaux demeurent donc après la rencontre.
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| Colloque "Faire rayonner les spécialités des régions montagneuses : des atouts locaux aux marques internationales". |
| Photo : CT/CVN |
Avec son approche fondée sur l’écosystème, GoGlobal élargit la perspective : production, transformation, normalisation, construction de la marque et distribution doivent être reliées au sein d’un parcours cohérent. Le programme ne se concentre ainsi plus uniquement sur les entreprises exportatrices, mais englobe les groupes de produits, les territoires, les filières et les différents acteurs des chaînes de valeur.
Pour Tô Hoài Nam, vice-président permanent et secrétaire général de l’Association des petites et moyennes entreprises du Vietnam, la construction des chaînes de valeur doit commencer par la demande du marché, plutôt que par la production de ce qui est disponible localement avant de rechercher des débouchés. Les signaux du marché doivent orienter les normes, la structure des produits et l’organisation de la production.
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| Tô Hoài Nam, vice-président permanent et secrétaire général de l’Association des petites et moyennes entreprises du Vietnam. |
| Photo : CT/CVN |
Pour les spécialités des régions montagneuses, cette démarche revêt une importance particulière. Les conditions naturelles, les matières premières, les variétés, les modes de production et les savoirs locaux constituent des facteurs de différenciation, mais ne deviennent une valeur commerciale que s’ils sont associés à des processus adaptés, aux technologies appropriées, aux contrôles, à la traçabilité, à un emballage adéquat et à des réseaux de distribution.
La coopérative de vermicelles de konjac Tài Hoan en fournit une illustration. En se structurant, ses producteurs ont compris que le maintien des seules méthodes traditionnelles ne permettrait pas au produit d’aller loin. Ils ont donc réorganisé leur production tout en préservant les valeurs traditionnelles.
La coopérative a développé une zone de matières premières, noué des liens avec les agriculteurs, assuré leur accompagnement technique et garanti l’achat de leur production. Elle a parallèlement investi dans les équipements et contrôlé l’ensemble du processus, des tubercules de konjac au conditionnement.
Aujourd’hui, la zone de production couvre 70 ha et la coopérative travaille avec quelque 700 foyers. Après un premier lot de 5,3 tonnes exporté vers la République tchèque, les vermicelles de konjac Tài Hoan ont pénétré les marchés américain, australien et sud-coréen, pour un volume total exporté de plus de 40 tonnes.
Derrière ces chiffres, le parcours reste exigeant. Qualité, sécurité, traçabilité, emballage, étiquetage et procédures d’import-export doivent être maîtrisés, la préparation d’un lot pouvant prendre plus d’un an.
Le succès ne tient donc pas seulement à l’ancienneté de la tradition, mais à la capacité de transformer une qualité traditionnelle en un processus maîtrisé et démontrable. La certification OCOP 5 étoiles et les normes de sécurité et de qualité deviennent ainsi autant de "passeports" pour gagner la confiance des partenaires internationaux.
Des atouts locaux à la valeur mondiale
La construction de chaînes de valeur est essentielle pour permettre aux petits producteurs de s’inscrire dans la durée. Une coopérative peut difficilement prendre seule en charge toutes les étapes, de la production aux contrôles, certifications, logistique, construction de la marque et distribution internationale.
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| Les vermicelles de konjac Tài Hoan ont pénétré les marchés américain, australien et sud-coréen, pour un volume total exporté de plus de 40 tonnes. Photo : CTV/CVN |
Tô Hoài Nam préconise donc une répartition claire des rôles entre producteurs, coopératives, entreprises exportatrices, distributeurs, autorités, associations professionnelles et prestataires de services.
Les politiques publiques devraient également évoluer vers un accompagnement organisé à l’échelle des chaînes de valeur, en ciblant les principaux points de blocage : gouvernance, contrôles, certification, propriété intellectuelle, logistique et infrastructures partagées.
Des services mutualisés - entrepôts frigorifiques, bases de données, laboratoires de contrôle et services de certification - pourraient notamment aider les petites entreprises et les coopératives à réduire leurs coûts et à mieux répondre aux exigences des marchés d’exportation.
La promotion commerciale doit elle aussi être entendue dans un sens plus large que la seule présentation des produits. Selon Nguyên Minh Tiên, les activités futures s’articuleront autour de trois canaux : présence dans les salons, expositions et forums internationaux ; développement du commerce électronique transfrontalier et des plateformes numériques ; et promotion des "exportations sur place", en lien avec les sites touristiques et la clientèle internationale.
Les produits OCOP, notamment ceux classés quatre et cinq étoiles ainsi que les produits destinés aux cadeaux, bénéficieront d’un soutien prioritaire.
La promotion menée dans l’esprit de GoGlobal doit également raconter la culture, l’identité et les valeurs du Vietnam. Un produit fabriqué en petite quantité peut ne pas convenir au marché de masse, mais sa singularité peut devenir un atout s’il est correctement positionné sur le segment des cadeaux ou des produits haut de gamme, avec une histoire culturelle forte et une origine clairement identifiée.
L’objectif n’est donc pas seulement d’augmenter le nombre de produits vietnamiens présents à l’étranger. Il s’agit de transformer les atouts liés aux spécialités locales, à la culture et aux traditions en une valeur commerciale durable.
Toutes les entreprises et tous les produits ne présentent toutefois pas le même degré de préparation à l’international. Certaines peuvent accéder rapidement aux marchés étrangers ; d’autres doivent encore relever leurs standards ou renforcer leurs capacités.
L’accompagnement doit donc être adapté à chaque produit, producteur et marché. Cette exigence est particulièrement importante dans les régions montagneuses et les zones peuplées de minorités ethniques, où les produits peuvent présenter une forte valeur culturelle alors que les capacités de production et les ressources financières restent limitées.
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Si les politiques publiques se concentrent uniquement sur les entreprises déjà capables d’exporter, le fossé entre les zones de production et les marchés internationaux risque de subsister.
L’enjeu est donc que GoGlobal puisse atteindre les territoires de production, les localités et les entreprises, afin que les ressources soient mobilisées en fonction des besoins concrets.
Au final, la réussite d’un programme de promotion commerciale ne se mesure pas seulement au nombre de rencontres organisées ou de produits présentés. Elle se mesure surtout à sa capacité à permettre aux entreprises vietnamiennes de participer plus concrètement aux chaînes de valeur et de conserver une part plus importante de la valeur créée dans le pays.
Pour les produits des régions montagneuses, l’enjeu est également celui des moyens de subsistance. GoGlobal ouvre ainsi une approche dans laquelle les conditions naturelles, les matières premières locales et les savoirs des communautés sont connectés aux normes de production, aux technologies, aux marchés et aux stratégies de marque.
Un nouveau cap pour permettre aux produits vietnamiens d’aller plus loin sur les marchés internationaux.
Câm Sa/CVN


