Foire du Printemps 2026
L'e-commerce face aux exigences de régulation et de développement durable

La Loi sur le commerce électronique devrait instaurer un cadre juridique clair et transparent, contribuant à encadrer un marché en forte croissance, tout en protégeant les droits des entreprises et des consommateurs.

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Hoàng Ninh, vice-directeur de l’Agence du commerce électronique et de l’économie numérique (ministère de l’Industrie et du Commerce). 
Photo : CTV/CVN

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a récemment organisé le Forum sur le commerce électronique 2026, placé sous le thème "Renforcer la capacité de gestion et orienter la stratégie vers un développement durable". Il s’agit d’une activité majeure organisée dans le cadre de la première Foire du Printemps.

Lors de son discours d’ouverture, Hoàng Ninh, vice-directeur de l’Agence du commerce électronique et de l’économie numérique (ministère de l’Industrie et du Commerce), a indiqué que l’organisation du forum dès le début de l’année vise à actualiser rapidement les informations, à fournir des orientations et à harmoniser la mise en œuvre des nouveaux mécanismes et politiques avant leur entrée en application. Cette démarche permettra aux collectivités locales et aux entreprises de se préparer activement, de respecter les réglementations, de réduire les risques et d’améliorer la qualité du développement.

Selon lui, la transformation numérique redéfinit profondément les modes de production, de commerce et de consommation. Dans ce contexte, le commerce électronique devient un distributeur essentiel, reliant directement les entreprises aux consommateurs et élargissant les débouchés pour les produits vietnamiens.

Lors du Forum sur le commerce électronique 2026, ayant pour thème "Renforcer la capacité de gestion et orienter la stratégie vers un développement durable", tenu le 2 février à Hanoï.
Photo : Bnews/CVN

Ces dernières années, le commerce électronique a maintenu un taux de croissance annuel moyen d’environ 25%. En 2025, le chiffre d’affaires du commerce de détail en ligne a été estimé à 31 milliards de dollars, représentant près de 11% du total des ventes de détail, avec environ 60% de la population participant aux achats en ligne. Toutefois, cette croissance rapide impose des exigences urgentes en matière de discipline du marché, de transparence de l’information, de protection des consommateurs et de respect de la législation afin de garantir un développement durable.

L’année 2026 est considérée comme une étape charnière avec l’entrée en vigueur de la Loi sur le commerce électronique, marquant également le lancement du Plan directeur national de développement du commerce électronique pour la période 2026-2030. Ce plan vise à promouvoir un commerce électronique vert, circulaire et durable, tout en renforçant la compétitivité et la qualité de la croissance. L’objectif principal de cette période est d’assurer une mise en œuvre coordonnée du niveau central au niveau local, en définissant clairement les responsabilités et en garantissant l’efficacité des actions.

Réduire les écarts de développement entre les territoires

Cependant, la réalité montre que le développement du commerce électronique demeure très inégal entre les localités, notamment entre les grandes villes et de nombreuses provinces montagneuses et frontalières. Cette situation s’explique principalement par les limites des infrastructures numériques, de la logistique, des ressources humaines et du niveau de préparation à la transformation numérique des entreprises.

Par conséquent, le renforcement des capacités d’exécution au niveau local, ainsi que l’accompagnement et l’assistance aux entreprises pour le respect des réglementations, sont considérés comme des solutions essentielles pour consolider la confiance du marché.

Ces dernières années, le commerce électronique a maintenu un taux de croissance annuel moyen d’environ 25%.
Photo : VNA/CVN

Dans cet esprit, la Résolution N°01 du gouvernement confie la mission d’étudier l’élaboration d’un plan global d’application du commerce électronique dans les zones montagneuses et frontalières pour la période 2027-2030. Selon Hoàng Ninh, il s’agit d’une orientation stratégique visant à réduire la fracture numérique, à élargir les opportunités de marché pour les régions défavorisées et à garantir qu’aucune localité ne soit laissée pour compte.

Lors du forum, les experts, intervenants et délégués ont discuté des exigences fondamentales liées à la mise en œuvre des nouvelles politiques de gestion, notamment les responsabilités des plateformes numériques et des vendeurs, les réglementations relatives à la protection des consommateurs et les mécanismes de coordination pour le traitement des infractions. Parallèlement, plusieurs solutions visant à promouvoir un commerce électronique vert et durable ont été proposées, accompagnées du partage de modèles efficaces dans certaines localités et d’initiatives destinées à soutenir les entreprises dans la recherche de partenaires et l’expansion des marchés.

Les représentants de l’Agence du commerce électronique et de l’économie numérique ont affirmé qu’ils continueront à accompagner les collectivités locales et la communauté des entreprises, en fournissant des orientations rapides, en levant les obstacles, en favorisant la connexion des écosystèmes et en diffusant les modèles de développement efficaces.

Un nouveau cadre juridique 

Nguyên Van Thành, chef du Département des politiques (Agence du commerce électronique et de l’économie numérique), prend la parole lors du forum. 
Photo : Moit/CVN

Un sujet important présenté lors du forum concerne les nouveautés dans la gestion des activités de commerce électronique prévues par la Loi sur le commerce électronique N°122/2025/QH15. Cette loi a été élaborée dans un contexte de forte croissance du marché et d’émergence de nouveaux modèles économiques, notamment la vente via les réseaux sociaux et le livestream.

Selon Nguyên Van Thành, chef du Département des politiques, relevant de l’Agence du commerce électronique et de l’économie numérique, le commerce électronique a atteint une valeur de plus de 31 milliards de dollars, confirmant son rôle croissant dans l’économie nationale. Toutefois, cette expansion rapide s’accompagne de nombreux problèmes tels que la circulation de produits contrefaits ou de qualité inférieure et les violations de la propriété intellectuelle.

Le cadre juridique antérieur a été jugé insuffisamment robuste pour contrôler efficacement le marché, en particulier face à la croissance rapide des ventes via les réseaux sociaux et le livestream. La nouvelle loi a donc été élaborée dans un délai relativement court, tout en garantissant sa qualité et son adéquation aux exigences pratiques.

La loi comprend sept chapitres et 41 articles, portant sur cinq groupes principaux de questions, notamment le champ d’application, la classification des modèles, les responsabilités des acteurs concernés, la gestion des activités de vente en ligne et la régulation du commerce électronique impliquant des éléments étrangers. Elle entrera officiellement en vigueur le 1er juillet 2026, tandis que les décrets d’application sont en cours d’élaboration afin d’assurer la cohérence du cadre réglementaire.

Une commerçante témoigne de son parcours dans le commerce électronique, avec l’appui des autorités locales.
Photo : Moit/CVN

L’un des points marquants de la loi est la classification claire de quatre types de commerce électronique : les plateformes de vente directe ; les plateformes intermédiaires telles que les places de marché, les enchères et les promotions ; les réseaux sociaux intégrant des fonctions de vente ; et les plateformes multifonctionnelles intégrées. Cette classification permet de définir clairement les responsabilités juridiques de chaque acteur, notamment celles des réseaux sociaux qui étaient auparavant moins strictement encadrés.

La loi prévoit également des obligations générales pour les plateformes, notamment la transparence des informations sur les produits, la coopération avec les autorités en cas d’infraction, le contrôle des risques et la suppression des contenus illicites. Pour les grandes plateformes, la loi impose la mise en place de systèmes de réception des réclamations et de services spécialisés dans le traitement des litiges.

Une autre disposition importante impose la conservation des données de transaction pendant au moins trois ans, y compris lorsque les boutiques en ligne ont cessé leurs activités, afin de faciliter les inspections, les vérifications et la résolution des litiges.

Pour la première fois, la loi définit clairement les responsabilités des réseaux sociaux lorsqu’ils participent aux activités commerciales. Les plateformes devront distinguer les comptes commerciaux des comptes personnels, séparer les contenus commerciaux des contenus ordinaires, conserver les données transactionnelles et respecter pleinement les réglementations applicables aux plateformes intermédiaires si elles atteignent une certaine envergure.

L’année 2026 est une étape charnière avec l’entrée en vigueur de la Loi sur le commerce électronique. 
Photo : VNA/CVN

La loi identifie également trois groupes d’acteurs soumis directement à la réglementation : les propriétaires de plateformes, les vendeurs et les personnes réalisant des livestreams de vente. Les propriétaires de plateformes devront vérifier l’identité des vendeurs, publier les règles de fonctionnement, contrôler les contenus diffusés en livestream et coopérer avec les autorités en cas de détection d’infractions.

Quant aux vendeurs et aux animateurs de livestream, ils devront fournir des informations complètes et exactes sur les produits, les documents juridiques, respecter le contenu publicitaire validé et s’abstenir d’utiliser des images ou des propos contraires à la loi ou aux bonnes mœurs. Cette mesure est considérée comme essentielle pour limiter les publicités mensongères et l’exagération des effets des produits dans l’environnement numérique.

Par ailleurs, pour les plateformes de commerce électronique comportant des éléments étrangers, la loi exige la présence juridique au Vietnam ou la désignation d’un représentant autorisé afin de résoudre les litiges, de protéger les droits des consommateurs et d’assurer le respect des obligations financières en cas d’infraction.

Grâce à ces nouvelles dispositions, la Loi sur le commerce électronique devrait contribuer à instaurer un environnement commercial transparent et sain, constituant une base solide pour le développement stable et durable du marché vietnamien du commerce électronique dans les années à venir.

Mai Quynh/CVN

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