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Le cheval, l’un des premiers animaux domestiqués par l’homme, a longtemps été associé aux guerres. L’histoire du Vietnam, dès l’époque des rois Hùng (fondateurs de la nation), en atteste.
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| Chevaux de pierre du mausolée de Khai Ðinh, à Huê (Centre). |
| Photo : CTV/CVN |
Des montures guerrières…
Monture légendaire du Saint Gióng (Phù Đông Thiên Vuong), vainqueur des envahisseurs Yin, il fut également essentiel - aux côtés des éléphants et des flottes - sous la dynastie des Trân (XIIIe - début du XVe siècle), notamment pour les généraux lors des campagnes contre les Mongols. Les annales rapportent des exploits de cavaliers tels que Lê Phu Trân et Vu Vuong Hiên (Trân Quôc Hiên), qui affrontèrent l’ennemi à cheval avec bravoure. Le premier, au cours d’un combat acharné, chargea seul les rangs de la cavalerie mongole. Plus tard, le second abattit le général mongol A Ba Chi.
Sous la dynastie des Nguyên (1802-1945), la cour impériale institua le Viên Thuong Tu, chargé de l’élevage et du dressage des chevaux destinés aux voitures royales. Fougueux et puissants, ces animaux étaient confiés à des cavaliers d’élite.
… aux statues impériales
Aujourd’hui, les visiteurs peuvent admirer des chevaux de pierre dans les tombeaux royaux des Nguyên. Les mausolées de Gia Long, Minh Mang, Thiêu Tri, Đông Khánh et Khai Đinh en conservent encore dix statues. Au mausolée de Tu Đuc, la paire originelle a été remplacée par des modèles en mortier.
Les chroniques impériales relatent également leur fabrication. Selon le livre Đai Nam thuc luc (Annales du Ðai Nam), nom officiel du Vietnam de 1839 à 1945), en 1831, l’empereur Minh Mang (1791-1841) ordonna au ministère des Travaux publics de concevoir des statues en pierre - mandarins civils et militaires, gardes, éléphants et chevaux - réalisées par des artisans de Quang Nam (actuellement la ville de Đà Nang) et de Thanh Hóa, au Centre. Deux chevaux de pierre, chacun haut de 2 thuoc (yard vietnamien, valant 40 cm) et 7 tâc (dixème partie du yard vietnamien, soit 4 cm), furent ainsi installés au mausolée de Gia Long (1762-1820).
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| Paravent orné du motif du "long mã", à Huê. |
| Photo : CTV/CVN |
Ces sculptures ne sont pas seulement des témoins spirituels de la culture de cour ; elles suscitent aussi l’émerveillement des voyageurs face à la beauté mystérieuse des palais et mausolées. Aujourd’hui, le Centre de conservation des monuments de Huê et les acteurs du tourisme ont réintroduit le cheval et la voiture hippomobile comme moyen de transport emblématique, reliant la Cité impériale, les tombeaux royaux, les pagodes et les paysages remarquables.
Protection et inspiration
Depuis longtemps, la figure du long mã (cheval-dragon) est profondément ancrée dans la culture de Huê. Dans les pagodes, temples et sanctuaires, elle apparaît fréquemment sur les panneaux transversaux et surtout sur les paravents (bình phong). Ces panneaux verticaux articulés, placés derrière l’entrée, protègent la maison des influences néfastes tout en créant une atmosphère de sérénité.
Parmi les motifs décoratifs, le long mã est de loin le plus prisé. Le paravent au cheval-dragon le plus célèbre fut édifié en 1896 au Collège Quôc hoc de Huê, sous le règne de Thành Thái. Sa représentation a inspiré le logo du Festival de Huê.
Ainsi, l’image du “cheval devenu dragon” n’est pas seulement enracinée dans la culture et la spiritualité de Huê ; elle reste une source inépuisable d’inspiration et de fascination pour les visiteurs de l’ancienne capitale.
Nguyên Thành/CVN




