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| Dào Thi Thu Hang, membre du Conseil d'administration de l'UGVB, et présidente du Club du patrimoine de l’ao dài du Vietnam en Belgique. Photo : VNA/CVN |
En écho à la Résolution N°23-NQ/TW du Bureau politique, elle met en avant le rôle des Vietnamiens à l’étranger dans la préservation et la valorisation de l’identité culturelle nationale. Une démarche qui contribue à promouvoir à travers le monde l’image d’un Vietnam profondément attaché à ses traditions, tout en étant moderne, dynamique et ouvert sur le monde.
La Résolution N°23-NQ/TW souligne le rôle des Vietnamiens à l’étranger en tant qu’"ambassadeurs de la culture, du pays et du peuple vietnamiens". À travers les activités du Club du patrimoine de l’ao dài du Vietnam en Belgique et de l’AVE, comment percevez-vous la capacité de l’ao dài à véhiculer, auprès du public international, une image du Vietnam à la fois moderne, dynamique et profondément enracinée dans son identité culturelle ?
À mes yeux, la Résolution N°23-NQ/TW du 2 août 2026 place la communauté vietnamienne à l’étranger dans une nouvelle perspective. Elle la considère comme une partie inséparable de la communauté nationale, mais aussi comme une ressource stratégique, un pont entre le Vietnam et le monde et un acteur du développement du pays. Elle souligne notamment son rôle d’"ambassadeur de la culture, du pays et du peuple vietnamiens", contribuant ainsi au renforcement du soft power et du prestige national.
Forte de mon expérience en Belgique et en Europe, je considère que l’ao dài est l’un des vecteurs culturels les plus efficaces pour remplir ce rôle. Immédiatement identifiable comme un symbole du Vietnam, il ne se réduit pourtant pas à son esthétique. Derrière ce vêtement se trouvent l’histoire, la culture, les traditions et l’âme vietnamiennes.
Lorsqu’une Vietnamienne en ao dài apparaît lors d’un événement international, elle attire d’abord les regards par son élégance. Puis viennent les questions : quelle est l’histoire de l’ao dài ? Pourquoi les Vietnamiennes le portent-elles ? Que signifient ses motifs ? Autant de portes d’entrée pour raconter le Vietnam, sa culture, son peuple et son évolution.
À travers les activités du Club du patrimoine de l’ao dài du Vietnam en Belgique, je constate que les Belges et, plus largement, nos amis européens manifestent une réelle curiosité pour ce vêtement. L’ao dài permet ainsi de rendre la diplomatie culturelle plus concrète et plus proche de la vie quotidienne.
Un exemple récent me paraît particulièrement significatif : le Vietnam accueille actuellement Miss World 2026, avec une série d’activités à Quang Ninh réunissant quelque 130 candidates venues de différents pays et territoires. Je suis particulièrement sensible à la présence de l’ao dài dans cet espace d’échanges internationaux.
Lorsque des candidates internationales portent des créations inspirées des symboles et des caractéristiques culturelles de leur propre pays, tout en adoptant la silhouette de l’ao dài vietnamien, le vêtement devient un véritable espace de dialogue entre les cultures. Chaque pays conserve ainsi son identité tout en s’appropriant, le temps d’un événement, un symbole culturel vietnamien.
C’est, selon moi, l’esprit même de l’intégration culturelle : s’ouvrir au monde sans perdre ses racines, respecter les différences et rechercher les valeurs communes.
L’ao dài contemporain illustre parfaitement cette capacité à relier tradition et modernité. Les créateurs introduisent de nouvelles matières, couleurs et formes tout en préservant son identité. Lorsque je présente l’ao dài en Europe, je souhaite donc montrer un Vietnam riche de ses traditions, mais aussi moderne, dynamique, créatif et ouvert sur le monde.
Chaque ao dài porté lors d’un événement international peut ainsi devenir, s’il s’accompagne d’une histoire culturelle bien racontée, un petit ambassadeur du Vietnam.
Vous avez introduit l’ao dài dans de nombreuses activités culturelles et communautaires en Belgique et en Europe. Selon vous, qu’est-ce qui permet à l’ao dài de dépasser le simple statut de costume traditionnel pour devenir un véritable "langage culturel" ?
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| L'ao dài crée un lien par l’émotion avant même de le faire par la langue. |
| Photo : Huong Giang/CVN |
Je pense que l’ao dài crée un lien par l’émotion avant même de le faire par la langue. Lorsqu’un Vietnamien le porte dans un contexte international, son interlocuteur peut ne pas parler vietnamien ni connaître l’histoire du pays, mais il peut immédiatement percevoir l’élégance et la singularité de la culture vietnamienne.
Porter un ao dài lors d’un événement international, c’est aussi dire, de manière très simple : "Je suis Vietnamien et je souhaite vous présenter mon pays". Le vêtement devient alors le point de départ d’une conversation.
J’ai rencontré de nombreux amis belges et européens qui, intrigués par l’ao dài, ont ensuite voulu en savoir davantage sur le Vietnam. Ils posent des questions sur le Têt traditionnel, la famille, les femmes vietnamiennes, les différentes régions, la gastronomie, la musique ou encore les traditions. Les motifs brodés, tissés ou peints sur les ao dài constituent eux aussi autant de portes d’entrée vers notre culture. C’est pourquoi je considère l’ao dài comme un véritable "langage culturel".
Il joue également un rôle important au sein de la communauté vietnamienne. Pour ceux qui vivent loin du pays, voir un ao dài lors d’un événement international peut raviver des souvenirs, renforcer le sentiment d’appartenance et susciter une véritable fierté à l’égard de leurs origines.
La Résolution N°23 considère les Vietnamiens à l’étranger à la fois comme un pont entre le Vietnam et le monde et comme des acteurs de la préservation et de la diffusion de l’identité culturelle nationale. L’ao dài répond pleinement à ces deux fonctions : il relie les Vietnamiens à leur pays d’origine tout en ouvrant, auprès des sociétés d’accueil, une porte sur le Vietnam.
La culture devient ainsi un formidable outil de compréhension mutuelle, de rapprochement et d’amitié entre les peuples.
La Résolution N°23 accorde une grande importance à la préservation et à la diffusion de l’identité culturelle nationale auprès des jeunes Vietnamiens vivant à l’étranger. Comment faire pour qu’ils ne se contentent pas de porter l’ao dài, mais comprennent les valeurs culturelles qui se trouvent derrière ce vêtement ?
Les jeunes Vietnamiens en Europe grandissent dans des environnements multiculturels, parlent souvent très bien la langue du pays où ils vivent et sont exposés aux tendances mondiales.
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| L'ao dài comme un véritable "langage culturel". |
| Photo : Huong Giang/CVN |
Dans ce contexte, la transmission de la langue, de l’histoire et de la culture vietnamiennes doit s’appuyer sur des approches adaptées à leur génération.
À mon sens, on ne peut pas demander aux jeunes de préserver leur culture uniquement à travers des discours. Il faut leur permettre de la vivre, de l’expérimenter et de la découvrir par eux-mêmes.
Lorsqu’un enfant porte un ao dài, découvre son histoire, participe à un défilé, échange avec des jeunes Belges et présente son costume en français, en néerlandais ou en anglais, l’ao dài cesse d’être un simple vêtement. L’enfant devient lui-même un passeur de la culture vietnamienne.
Pour cela, encore faut-il qu’il connaisse les histoires que raconte le vêtement. Les motifs peuvent évoquer des personnages de légendes et de contes populaires, comme Tấm et Cám, Sơn Tinh et Thủy Tinh, le bánh chưng et le bánh dày, ou encore des œuvres qui ont marqué l’enfance de plusieurs générations de Vietnamiens, comme Dế Mèn phiêu lưu ký. Ils peuvent aussi représenter les peintures populaires de Dông Hô, le bambou, le buffle, les rizières, les digues ou encore les enfants faisant voler des cerfs-volants dans les campagnes vietnamiennes.
Ces images, familières aux Vietnamiens, deviennent, lorsqu’elles sont représentées sur un ao dài, autant de récits visuels capables de franchir les frontières.
Lorsqu’un jeune peut expliquer à ses amis européens ce que représente le vêtement qu’il porte, il ne se contente plus de recevoir sa culture : il devient à son tour un pont entre le Vietnam et le pays où il vit.
Je souhaite donc que les activités culturelles destinées aux jeunes privilégient davantage l’expérience, la créativité, l’interaction et les outils numériques, plutôt que la simple représentation.
Pour moi, l’ao dài n’est pas un vêtement figé dans le passé. Au fil des générations, il est devenu un symbole de mémoire, d’identité et de fierté nationale, mais aussi un espace de rencontre entre tradition et modernité.
Lorsqu’un jeune comprend ce qui se cache derrière l’ao dài, il peut en être fier. Et lorsqu’il en est fier, il aura naturellement envie de le préserver et de le faire découvrir à ses amis du monde entier. C’est ainsi que l’identité culturelle peut être transmise de manière naturelle, vivante et durable.
La Résolution préconise de passer d’une logique de "mobilisation, rassemblement et prise en charge" à une logique d’"accompagnement, de création de mécanismes et de mobilisation des ressources". Quels mécanismes souhaiteriez-vous voir mis en place pour permettre aux associations et clubs de Vietnamiens à l’étranger de jouer pleinement leur rôle ?
Je souscris pleinement à cette nouvelle approche portée par la Résolution n°23. Elle marque, à mes yeux, une évolution importante dans la manière de concevoir le rôle des Vietnamiens à l’étranger.
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| La représentante de la Belgique à Miss Monde 2026, Miss Olga Lombardo 🇧🇪, était resplendissante et gracieuse dans un ao dài vietnamien. Photo : BTC/CVN |
La communauté vietnamienne à l’étranger compte aujourd’hui plus de 6,5 millions de personnes réparties dans plus de 130 pays et territoires.
Elle dispose de ressources considérables en matière d’expertise, de recherche, d’entrepreneuriat et de compétences. Nous devons donc considérer les individus, les associations et les clubs vietnamiens à l’étranger non plus seulement comme des publics à mobiliser, mais comme de véritables acteurs capables de contribuer au développement du pays.
Dans le domaine culturel, je souhaiterais tout d’abord la mise en place d’un mécanisme de connexion régulier et concret entre les associations vietnamiennes à l’étranger et les organismes culturels et diplomatiques, les collectivités locales ainsi que les organisations professionnelles au Vietnam.
Il serait également utile de mettre à leur disposition des ressources culturelles officielles, fiables, de qualité et multilingues, que les associations puissent utiliser pour mieux faire connaître le Vietnam auprès des publics internationaux.
Je souhaiterais aussi voir se développer davantage de programmes mettant en relation artisans, chercheurs, artistes, créateurs et spécialistes de la culture au Vietnam avec les communautés vietnamiennes à l’étranger. Ces échanges permettraient d’enrichir les activités culturelles, de leur donner davantage de profondeur et d’accroître leur rayonnement international.
Il faut également accorder une attention particulière aux jeunes, notamment aux deuxième et troisième générations. Leur formation et leur implication sont essentielles pour assurer l’avenir et le renouvellement de la communauté vietnamienne en Europe.
Enfin, les activités culturelles doivent davantage tirer parti du numérique et des nouveaux outils de communication afin de toucher de nouveaux publics et de mieux répondre aux pratiques des jeunes générations.
Mais les communautés doivent elles aussi être proactives. Nous ne pouvons pas simplement attendre le soutien de l’État. Celui-ci doit créer les mécanismes et les conditions nécessaires ; les communautés, de leur côté, doivent être capables de créer, de mettre en réseau et de mobiliser leurs propres ressources.
Je crois profondément à cette logique de partenariat : l’État et les communautés doivent avancer ensemble pour créer de la valeur pour le pays, tout en renforçant l’image, l’influence et la position du Vietnam dans le monde.
Si chaque Vietnamien vivant à l’étranger peut-être considéré comme un "ambassadeur" de la culture et du pays, quel message souhaiteriez-vous adresser à la communauté vietnamienne en Europe ?
Je voudrais lui adresser un message simple : nous pouvons vivre dans des pays différents, parler des langues différentes et exercer des métiers différents, mais nous partageons une chose extrêmement précieuse : nos racines vietnamiennes.
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La Résolution N°23 définit clairement les Vietnamiens à l’étranger comme une partie inséparable de la communauté nationale, une ressource stratégique, un pont entre le Vietnam et le monde et des acteurs capables de contribuer au développement du pays.
Je pense que chacun peut devenir, à sa manière, un "ambassadeur culturel" et un "ambassadeur d’amitié". Il n’est pas nécessaire de faire quelque chose d’extraordinaire.
Un Vietnamien qui respecte les lois et la culture de son pays d’accueil, préserve la langue vietnamienne au sein de sa famille et transmet à ses enfants la connaissance de leurs origines contribue déjà à faire connaître et à valoriser l’image du Vietnam.
De même, celui qui fait découvrir la cuisine vietnamienne à ses amis, un enfant qui parle du Têt traditionnel à ses camarades, un artiste qui présente la musique vietnamienne, un entrepreneur qui fait connaître des produits vietnamiens à l’étranger ou une Vietnamienne qui porte l’ao dài lors d’un événement international contribuent tous, à leur manière, au rayonnement du Vietnam.
Pour ma part, à travers le Club du patrimoine de l’ao dài du Vietnam en Belgique, je souhaite aller au-delà de la simple promotion d’un costume. Je veux utiliser l’ao dài pour raconter l’histoire du Vietnam : celle d’un peuple à l’histoire millénaire, d’une culture riche, d’une tradition profondément humaniste et d’un pays aujourd’hui moderne, dynamique et ouvert sur le monde.
Je souhaite également que la communauté vietnamienne en Europe soit toujours plus solidaire, dans le respect des différences et la valorisation de ce qui nous rassemble. La Résolution n°23 met notamment l’accent sur l’harmonie nationale, le dépassement des préjugés et du passé, ainsi que sur la nécessité de se tourner résolument vers l’avenir.
Je souhaite surtout que nous accordions davantage d’attention aux jeunes. S’ils connaissent la langue vietnamienne, comprennent leur histoire, aiment leur culture et sont fiers de leurs racines, ils pourront à leur tour transmettre cette identité aux générations futures.
Je suis convaincue que les Vietnamiens à l’étranger ne doivent plus être seulement ceux qui se tournent vers leur pays d’origine, mais aussi ceux qui contribuent, avec lui, à construire son avenir.
C’est également le message que je souhaite transmettre à travers chaque ao dài vietnamien présenté en Belgique et lors des rencontres internationales en Europe : faire découvrir la culture vietnamienne au monde avec fierté, avec amour et dans un esprit d’ouverture et d’intégration.
Propos recueillis par Thanh Tuê/CVN







