La maladie pieds-mains-bouche entre dans sa saison épidémique

En septembre, la maladie pieds-mains-bouche connaît une tendance à la hausse à Hô Chi Minh-Ville et dans plusieurs provinces et villes du Sud. Bien que la saison épidémique ne fasse que commencer, les hôpitaux de référence enregistrent déjà plusieurs cas pédiatriques évoluant vers des formes sévères nécessitant des soins intensifs, voire une ventilation mécanique.

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Depuis plus de deux semaines, le service des maladies infectieuses et neurologiques de l’hôpital pédiatrique N°1 de Hô Chi Minh-Ville accueille un nombre croissant d’enfants atteints de la maladie pieds-mains-bouche. Selon le Dr Du Tuấn Quy, chef de ce service, la rentrée scolaire coïncide généralement avec le début de la saison épidémique, notamment en raison du regroupement des enfants dans les écoles, les crèches et autres lieux de vie collectifs.

L’Hôpital pédiatrique N°1 prend en charge de nombreux patients hospitalisés pour la dengue.

Actuellement, le service prend en charge environ 50 patients hospitalisés et reçoit quotidiennement près de 40 enfants en consultation externe. Si le nombre d’hospitalisations n’a pas encore augmenté de manière spectaculaire par rapport à certaines saisons précédentes, les médecins sont particulièrement préoccupés par la proportion de formes sévères. Parmi les quelque 50 enfants hospitalisés, 16 présentent une maladie de grade 2B ou de grade 3 et plus, tandis que six doivent être placés sous ventilation mécanique.

Un cas récent illustre la rapidité avec laquelle la maladie peut évoluer. Âgé de 20 mois et domicilié dans la commune de Binh Chanh, à Hô Chi Minh-Ville, un garçon a présenté une forte fièvre pendant deux jours avant de devenir léthargique et de souffrir de crises convulsives répétées. Ses parents l’ont immédiatement conduit à l’hôpital. Après évaluation, les médecins l’ont transféré directement au service des urgences, où une ventilation mécanique a été mise en place pendant deux jours, avant une amélioration de son état.

"Il a eu une forte fièvre pendant deux jours, puis il est devenu léthargique et a commencé à avoir des convulsions. J’ai paniqué et je l’ai immédiatement emmené à l’hôpital. Les médecins l’ont transféré directement aux urgences et il a dû être placé sous ventilation mécanique pendant deux jours", raconte Hoàng Thúy Mai, la mère de l’enfant.

Pour le Dr. Du Tuấn Quy, la maladie pieds-mains-bouche peut évoluer très rapidement, notamment lorsque des signes neurologiques ou respiratoires apparaissent. Récemment, un enfant originaire de Sa Đéc, dans la province de Đồng Tháp, avait été diagnostiqué comme atteint de la maladie. Au lieu de se rendre dans un établissement de santé local pour faire évaluer la gravité de son état, sa famille a décidé de l’emmener directement à Hô Chi Minh-Ville. En cours de route, l’état de l’enfant s’est brutalement aggravé. À son arrivée à l’Hôpital pédiatrique N°1, il a été transféré directement aux urgences et a dû être placé sous ventilation mécanique.

Le Dr. Du Tuấn Quy examine un patient hospitalisé.

Face à ce type de situation, le Dr. Quy recommande aux parents de ne pas systématiquement se rendre directement dans un hôpital de niveau supérieur. Les établissements sanitaires provinciaux disposent actuellement des protocoles thérapeutiques, du personnel, des médicaments et des équipements nécessaires à la prise en charge initiale de la maladie. En cas de symptômes, l’enfant doit d’abord être conduit dans l’établissement de santé le plus proche afin que les médecins puissent évaluer la gravité de la maladie et rechercher d’éventuels signes d’aggravation. Le transfert vers un établissement de niveau supérieur sera ensuite décidé en fonction des indications médicales.

Toutes les formes de maladie pieds-mains-bouche ne nécessitent pas une hospitalisation. Les cas bénins peuvent généralement être pris en charge à domicile et faire l’objet d’un suivi en consultation externe, conformément aux recommandations médicales. Une surveillance étroite reste toutefois indispensable, car l’état de l’enfant peut se détériorer rapidement.

Outre les signes d’alerte habituellement connus, tels que la forte fièvre et les sursauts fréquents, certains enfants atteints de formes sévères peuvent présenter une pâleur plus marquée. Les parents doivent notamment être attentifs à une pâleur du visage, des lèvres, des mains ou des pieds. Une somnolence ou une léthargie inhabituelle constitue également un signal d’alerte nécessitant une consultation hospitalière immédiate.

Parallèlement au renforcement de la surveillance épidémiologique, du dépistage précoce et de la prise en charge des formes sévères, la prévention pourrait bientôt bénéficier d’un nouvel outil. Selon le Dr. Du Tuấn Quy, un vaccin contre la maladie pieds-mains-bouche pourrait être commercialisé au Vietnam d’ici à la fin de l’année.

Ce vaccin a déjà fait l’objet d’essais cliniques au Vietnam et est actuellement utilisé dans plusieurs pays. S’il obtient l’autorisation de mise sur le marché, il constituera un outil supplémentaire de prévention, permettant à la population de mieux se protéger contre la maladie et de réduire le risque de complications graves chez les enfants.

Texte et photos : Quang Châu/CVN

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