Faire du Vietnam une destination phare du tourisme médical

Le Vietnam ambitionne d’accueillir 750.000 visiteurs internationaux dans le cadre du tourisme de santé d’ici 2030. Fort d’une expertise clinique de plus en plus pointue et de coûts compétitifs, le pays cherche à conforter son rang face à ses concurrents régionaux.

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Dépistage du cancer par imagerie de pointe déployé dans le réseau médical privé de Dà Nang (Centre).
Photo : VNA/CVN

L’activité liée à la santé transfrontalière et au bien-être enregistre déjà des avancées significatives dans l’ensemble du pays. Selon les données du Département de gestion des examens et traitements médicaux (ministère de la Santé), l’accueil de patients étrangers génère actuellement entre un et deux milliards de dollars par an. Ce montant inclut non seulement les actes médicaux à proprement parler, mais également les dépenses annexes, telles que l’hébergement hôtelier, la restauration, les déplacements intérieurs et d’autres prestations touristiques complémentaires.

Plus de 2.000 hôpitaux

Le système hospitalier du pays s’appuie désormais sur un réseau de plus de 2.000 établissements de santé, totalisant plus de 339.000 lits et mobilisant plus de 105.000 praticiens qualifiés. Le réseau spécialisé compte plus d’une centaine d’hôpitaux de haut niveau, dont treize établissements dotés de technologies médicales de pointe, principalement concentrés dans les grandes villes que sont Hanoï, Huê et Hô Chi Minh-Ville.

Les équipes médicales vietnamiennes maîtrisent aujourd’hui des techniques particulièrement complexes, notamment la chirurgie robotique, la transplantation d’organes, les interventions cardiovasculaires de pointe, le traitement des cancers, l’assistance médicale à la procréation, ainsi que de nombreuses spécialités en ophtalmologie, en odontologie et en oto-rhino-laryngologie. Ces compétences scientifiques et cliniques constituent un socle prometteur pour développer des offres intégrées associant soins de santé et séjours touristiques.

Toutefois, la répartition géographique de cette activité demeure très inégale. Hô Chi Minh-Ville fait figure de leader, en accueillant environ 40% de la clientèle internationale, grâce à ses infrastructures médicales modernes et à ses efforts de promotion. Hanoï occupe le deuxième rang, tandis que des provinces et villes côtières comme Dà Nang, Huê ou Khanh Hoà (Centre) développent progressivement leurs propres produits touristiques, en s’appuyant notamment sur le thermalisme, les séjours de remise en forme et la médecine traditionnelle.

Un enjeu financier majeur persiste néanmoins dans la balance commerciale des services de santé. Chaque année, les Vietnamiens dépensent entre deux et trois milliards de dollars pour se faire soigner à l’étranger. Cette fuite de capitaux dépasse largement les recettes générées par les patients internationaux. Ce constat met en évidence un déficit structurel important et souligne la nécessité d’améliorer encore la qualité des services, tout en construisant une véritable marque nationale du tourisme médical.

Élan de croissance

Un patient étranger pris en charge au Département international de l’Hôpital militaire 175, à Hô Chi Minh-Ville. 
Photo : QDND/CVN

Face à ce constat, les autorités sanitaires soulignent la pertinence stratégique d’une telle orientation. L’expertise technique des praticiens vietnamiens se rapproche désormais des standards internationaux, tout en offrant un rapport qualité-prix attractif et des délais de prise en charge relativement courts. De nombreux membres de la diaspora vietnamienne choisissent d’ailleurs de revenir au pays pour y recevoir des soins, réalisant ainsi des économies substantielles par rapport aux tarifs pratiqués dans leurs pays de résidence. Cette tendance génère des retombées directes pour le secteur de la santé et contribue à stimuler l’économie nationale.

Pour accompagner cette évolution vers un modèle à plus forte valeur ajoutée, une coordination étroite entre les différents acteurs s’impose. Les ministères concernés, les organismes de régulation, les hôpitaux publics, les cliniques privées et les agences de voyage doivent travailler de concert. La stratégie vise à structurer une chaîne de valeur complète associant médecine moderne, médecine et pharmacopée traditionnelles, rééducation fonctionnelle, bilans de santé préventifs et prise en charge globale du vieillissement.

La création envisagée d’une association nationale dédiée au tourisme médical constituerait, à ce titre, un levier institutionnel important. Cet organisme aurait pour mission de fédérer les professionnels, de contribuer à l’harmonisation de la qualité des prestations, d’améliorer la visibilité du Vietnam sur la scène internationale et de réduire le recours des résidents vietnamiens aux soins à l’étranger. Cette orientation s’inscrit pleinement dans le cadre des grandes directives nationales relatives à l’intégration internationale, qui visent à mobiliser davantage les ressources extérieures tout en renforçant l’autonomie et la résilience de l’économie.

À l’échelle mondiale, le tourisme médical représente un marché considérable, évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars et affichant une croissance soutenue. La région Asie-Pacifique se distingue par son dynamisme, avec un rythme de croissance supérieur à la moyenne mondiale. Plusieurs pays voisins, à l’image de la Thaïlande et de la République de Corée, ont pris une avance significative en mettant en œuvre des stratégies nationales ambitieuses depuis plusieurs années.

Au Vietnam, la clientèle visée est principalement composée de membres de la diaspora, de ressortissants de pays limitrophes comme le Laos et le Cambodge, mais aussi de visiteurs originaires d’Asie du Nord-Est, d’Australie et d’Europe. Les soins les plus recherchés concernent notamment l’odontologie esthétique, les traitements de fertilité, la chirurgie plastique, les bilans de santé et la prise en charge de pathologies lourdes nécessitant une haute technicité médicale. Dans un marché régional déjà très concurrentiel, le Vietnam entend désormais transformer ses atouts médicaux, ses coûts compétitifs et son offre touristique en un véritable avantage comparatif, afin de s’imposer comme une destination de référence pour les patients internationaux.

Huong Linh/CVN

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