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Les médecins mettent en garde contre la banalisation de cette maladie, en particulier lorsque la fièvre disparaît, alors que cette période peut correspondre à la phase critique de la dengue.
Des formes sévères nécessitant une réanimation intensive
À l’hôpital des maladies tropicales de Hô Chi Minh-Ville, une patiente de 55 ans, identifiée sous les initiales N.T.T., a été transférée au cinquième jour de la maladie dans un état critique. Elle présentait un choc dengue associé à des lésions hépatiques et rénales, une pneumonie, une insuffisance respiratoire aiguë progressive ainsi qu’une septicémie sévère.
Admise au service de réanimation et de toxicologie pour adultes, la patiente a dû bénéficier d’une ventilation mécanique, de transfusions sanguines et de plasma ainsi que d’une épuration extrarénale continue. Face à l’aggravation de l’insuffisance respiratoire, les médecins ont eu recours à une assistance par ECMO veino-veineuse (VV-ECMO), une technique d’oxygénation extracorporelle du sang permettant de suppléer temporairement la fonction pulmonaire. Après 21 jours de traitement, son état demeure critique : les paramètres de l’ECMO restent élevés et aucune récupération significative des fonctions hépatique et rénale n’est encore observée.
Une autre patiente, âgée de 33 ans et originaire de la province de Tây Ninh, a été hospitalisée dans un tableau clinique similaire, marqué par de graves lésions hépatiques et rénales ainsi qu’une insuffisance rénale. Elle a dû recevoir des transfusions sanguines, subir des échanges plasmatiques et une épuration extrarénale continue, en plus d’une ventilation mécanique.
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| L'Hôpital des maladies tropicales accueille de nombreux cas de dengues sévères. |
Les médecins de l’hôpital des maladies tropicales ont également récemment pris en charge une adolescente de 16 ans atteinte d’une forme particulièrement sévère de dengue. Après plusieurs jours de forte fièvre, son état s’est rapidement détérioré, avec l’apparition d’un choc dengue, d’une pneumonie, d’une insuffisance respiratoire, d’un pneumothorax, de troubles de la coagulation, d’une défaillance multiviscérale et d’une insuffisance cardiaque.
La jeune patiente a dû être intubée et placée sous ventilation mécanique, puis recevoir une assistance par VV-ECMO. Son traitement a duré plus d’un mois, avec plusieurs changements de membranes ECMO, des transfusions de sang et de produits sanguins ainsi qu’une antibiothérapie à large spectre contre des infections nosocomiales dues à des bactéries multirésistantes. Elle a finalement surmonté la phase critique et récupéré. Le coût total de son traitement a toutefois atteint près d’un milliard de dôngs, représentant une lourde charge financière pour sa famille.
Selon le Dr. Nguyên Thanh Phong, médecin spécialiste de niveau II et directeur adjoint de l’Hôpital des maladies tropicales de Hô Chi Minh-Ville, le nombre de patients atteints de dengue pris en charge par l’établissement augmente depuis plusieurs mois. Plus de 600 consultations avaient été enregistrées en juin, contre près de 1.300 en juillet et plus de 1.500 en août. Durant la première moitié de septembre, près de 900 cas ont déjà été recensés. Le service de réanimation et de toxicologie pour adultes prend actuellement en charge entre cinq et sept cas sévères par semaine, avec des pics pouvant atteindre sept à huit patients.
Les adultes désormais fortement touchés
Selon les données du Centre de contrôle des maladies de Hô Chi Minh-Ville, 32.626 cas de dengue ont été enregistrés depuis le début de 2026. Au cours de la semaine du 7 au 13 septembre, la ville a recensé 1.544 nouveaux cas, soit une hausse de 18,1% par rapport à la moyenne des quatre semaines précédentes. Plusieurs semaines consécutives ont enregistré plus de 1.000 cas.
Nguyên Thanh Phong souligne que, contrairement à une perception encore largement répandue, la dengue ne concerne plus principalement les enfants. Depuis une dizaine d’années, les adultes représentent une proportion importante des patients, pouvant dépasser les deux tiers des cas.
Le spécialiste insiste notamment sur la phase qui suit la disparition de la fièvre. La baisse de la température corporelle ne signifie pas nécessairement que le patient est guéri. Il peut, au contraire, entrer dans la phase critique de la maladie, caractérisée notamment par une fuite plasmatique, un état de choc, des hémorragies sévères ou une défaillance multiviscérale.
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| Un cas de dengue sévère. |
"De nombreux décès sont liés à une attitude de banalisation de la maladie. Lorsque la dengue évolue vers une atteinte multiviscérale irréversible, il peut être trop tard", avertit le médecin.
Les spécialistes déconseillent également l’automédication et la perfusion de solutés sans indication médicale. Une perfusion réalisée trop précocement, à un moment inapproprié ou sans indication peut compliquer la prise en charge du patient, notamment lorsqu’un choc survient ultérieurement.
En cas de fièvre élevée persistante pendant environ trois jours, il est recommandé de consulter rapidement un établissement de santé afin de réaliser les examens nécessaires, de confirmer le diagnostic et d’assurer une surveillance adaptée. La prévention repose notamment sur l’élimination des moustiques et de leurs gîtes larvaires ainsi que sur la protection contre les piqûres.
La vaccination contre la dengue, désormais autorisée et disponible, constitue également une option de prévention à discuter avec les professionnels de santé. Une attention particulière doit être accordée aux personnes susceptibles de développer des formes sévères, notamment les personnes obèses, les femmes enceintes, les personnes âgées, les patients atteints de maladies chroniques ou présentant une immunodépression.
Texte et photos : Quang Châu/CVN




