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>> Un dialogue pour mettre la science au service du développement durable
>> Vietnam - Tanzanie : parlementaires et scientifiques face aux défis technologiques
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| Csaba Kőrösi, président de la 77e session de l’Assemblée générale des Nations unies, lors de son entretien avec Le Courrier du Vietnam. |
| Photo : Thanh Tuê/CVN |
Une nouvelle étape s’ouvre désormais : convertir une croissance rapide en une croissance de qualité, durable et fondée sur la connaissance.
Présent à Quy Nhon dans le cadre de la conférence internationale "Science et technologie pour le développement durable", Csaba Kőrösi suit avec intérêt la trajectoire du Vietnam. À ses yeux, la Résolution 57 constitue une orientation particulièrement encourageante, à condition que les ambitions affichées se traduisent par des investissements et des transformations concrètes.
Transformer la croissance en développement durable
Le Vietnam connaît déjà une croissance économique rapide. Le véritable défi consiste désormais à convertir cette dynamique en croissance de qualité et durable, tout en permettant au pays de progresser dans la chaîne de valeur mondiale.
L’investissement dans la science et la technologie apparaît dès lors incontournable. La recherche scientifique et la production technologique constituent certes des domaines risqués, mais recèlent aussi un potentiel considérable pour faire évoluer la structure de l’économie et créer de nouvelles sources de valeur.
À l’inverse, une croissance fondée uniquement sur les modèles traditionnels ne permettra pas, selon lui, de répondre aux exigences du XXIe siècle. Réduire la consommation de matières premières, améliorer l’efficacité énergétique et l’utilisation des ressources, diminuer l’empreinte environnementale et créer de nouvelles valeurs ajoutées supposent une transformation technologique en profondeur.
Or, celle-ci ne peut se concrétiser sans un investissement soutenu dans la science.
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| Csaba Kőrösi (3e à gauche), président de la 77e session de l’Assemblée générale des Nations unies, aux côtés du couple de scientifiques français d’origine vietnamienne Trân Thanh Vân (1er à gauche) et Lê Kim Ngoc, lors de la conférence internationale "Science et technologie pour le développement durable", le 7 octobre à l’ICISE, à Quy Nhon. |
| Photo : Thanh Tuê/CVN |
Technologie, données et réglementation : les conditions du changement
Plusieurs conditions doivent être réunies afin que le progrès technologique contribue réellement à un développement inclusif et durable. La première réside dans l’accès aux technologies de pointe.
Les technologies héritées du XXe siècle ne suffiront pas, selon Csaba Kőrösi, à relever les défis du XXIe siècle, largement façonné par les innovations capables d’accompagner la transition vers la durabilité.
La deuxième condition concerne les données. À mesure que le développement durable repose davantage sur la science et l’information, les pays doivent pouvoir disposer de données fiables, standardisées, de haute qualité et actualisées en temps réel.
La réorientation des investissements vers des secteurs compatibles avec les objectifs de durabilité constitue un autre impératif. Mais cette évolution financière ne saurait être efficace sans un cadre réglementaire solide, capable d’orienter les entreprises et l’ensemble de la société vers une trajectoire plus durable.
L’éducation doit également accompagner cette mutation, de l’école primaire aux académies et institutions scientifiques. Parallèlement, la neutralité climatique doit être intégrée aux objectifs de long terme, tandis qu’une comptabilité nationale élargie de la richesse peut contribuer à mesurer plus précisément les transformations réalisées.
L’ancien président de l’Assemblée générale des Nations unies insiste enfin sur la nécessité d’une forte adhésion politique et publique aux objectifs de développement durable. Il estime que le Vietnam est déjà "sur la bonne voie", tout en soulignant que beaucoup reste encore à accomplir.
La coopération internationale comme levier
La coopération internationale constitue également un levier essentiel. Aucun pays ne peut relever seul les défis auxquels il est confronté : climat, ressources, technologies et financement sont désormais étroitement interdépendants.
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| Csaba Kőrösi, président de la 77e session de l’Assemblée générale des Nations unies, avec une journaliste du Courrier du Vietnam, à Quy Nhon, en marge de la conférence internationale "Science et technologie pour le développement durable", organisée les 7 et 8 octobre à l’ICISE. Photo : Thanh Tuê/CVN |
Les échanges internationaux permettent notamment de mieux cerner les défis, de confronter les expériences et de recourir à des méthodes scientifiques communes pour mesurer les progrès accomplis.
La dimension financière est, elle aussi, déterminante. La finance constitue l’un des instruments permettant de mettre en œuvre des solutions complexes. Mais l’expérience internationale montre que la transition vers la durabilité ne peut être menée efficacement si elle reste dissociée du processus budgétaire national.
L’enjeu consiste donc à placer la durabilité au cœur du budget national et à définir en amont des objectifs clairs et cohérents avec les engagements internationaux. Les partenaires étrangers peuvent ensuite être appelés à contribuer à leur réalisation.
Un changement de perspective s’impose également : considérer les financements non comme une simple aide extérieure, mais comme des investissements. Les pays ayant adopté cette approche et aligné leurs investissements sur leurs stratégies nationales ont, selon lui, davantage réussi à sortir de la pauvreté.
Là encore, Csaba Kőrösi considère que le Vietnam avance dans la bonne direction.
Trouver ses propres créneaux technologiques
L’expérience de plusieurs pays – notamment Singapour, la République de Corée, Israël et la Suisse – offre également des enseignements utiles.
Ces pays ont en commun d’avoir défini des priorités nationales claires et ciblé des secteurs technologiques précis dans lesquels ils pouvaient construire des avantages compétitifs. Plutôt que de chercher à maîtriser tous les domaines, ils ont développé leur propre profil technologique, tout en s’inscrivant dans la coopération internationale.
Selon Csaba Kőrösi, cette capacité à identifier les domaines dans lesquels un pays peut exceller permet ensuite de renforcer sa position sur les marchés internationaux. Une fois un avantage technologique construit grâce à la recherche scientifique, il devient possible d’élargir cette présence et de faire émerger de nouvelles opportunités économiques.
Il observe que le Vietnam cherche aujourd’hui à identifier ses propres créneaux afin d’y concentrer ses investissements dans la science et la technologie.
Le pays se trouve encore dans une phase de rattrapage, relève-t-il, mais les orientations prises lui paraissent prometteuses. "Je tiens à vous féliciter, car vous réalisez un excellent travail", souligne-t-il.
Pour le scientifique et ancien haut responsable onusien, le chemin vers un développement durable passe donc moins par la seule accélération de la croissance que par la capacité à convertir celle-ci en une valeur fondée sur la science, la technologie, les données et l’innovation, avec l’appui d’institutions solides et de partenariats internationaux.
Câm Sa/CVN





