Start-up innovantes : le Vietnam veut mobiliser davantage le secteur privé

À travers son Programme national 2026-2035, le Vietnam entend faire évoluer ses mécanismes de soutien aux start-up innovantes en les rapprochant davantage des besoins du marché. L’objectif est de stimuler la commercialisation des technologies, la croissance des entreprises et la mobilisation des investissements privés.

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Le ministère des Sciences et des Technologies vient d’approuver le Programme national pour les startups innovantes pour la période 2026-2035. Celui-ci marque une évolution de l’approche, qui passe du soutien direct à la création de startups à la levée des principaux obstacles et au renforcement des connexions entre les différents acteurs de l’écosystème.

Lors de la Journée des technologies, de la culture et de l’innovation 2026, à Hô Chi Minh-Ville, en juillet 2026. 
Photo : VNA/CVN

Le Programme vise à concrétiser la Stratégie nationale pour les start-up innovantes et à remédier aux difficultés qui limitent actuellement l’émergence d’entreprises innovantes développant des technologies et des produits de rupture et présentant un fort potentiel de croissance. Il entend faire en sorte que les dispositifs de soutien répondent aux besoins réels de l’économie, soient orientés par le marché et évalués au regard de la croissance des entreprises et de leur efficacité économique et sociale.

Le dispositif couvrira plusieurs étapes du cycle de développement des startups innovantes, de la naissance de l’idée au développement technologique et à la mise au point du produit, jusqu’à la validation du marché, l’accélération, le changement d’échelle et la conquête des marchés national et international.

De la recherche au marché

L’un des axes prioritaires du Programme consiste à favoriser la création de startups innovantes à partir de l’exploitation et de la commercialisation des résultats de recherche, des technologies et des droits de propriété intellectuelle.

À cette fin, il soutiendra la mise en relation avec des fondateurs, ainsi que des programmes d’incubation et d’accélération destinés à commercialiser les résultats de recherche, les technologies et les droits de propriété intellectuelle. Les organisations et les particuliers pourront également bénéficier d’un soutien pour accéder à des informations technologiques, des documents de conception, des procédés technologiques, des normes techniques ou des logiciels d’appui, ainsi que pour finaliser et tester des technologies et des produits de startups innovantes en fonction des besoins du marché.

Pour passer de la technologie au produit, le champ du soutien est défini de manière relativement précise. Les start-up innovantes pourront être accompagnées dans la conception de technologies et de lignes de production, la normalisation des documents techniques et technologiques, le calcul et la définition des paramètres de fonctionnement, ainsi que la conception et la fabrication de prototypes, de moules et de nouveaux produits. Le dispositif couvrira également les essais, les contrôles et l’évaluation de la qualité, ainsi que l’ajustement des technologies et des nouvelles chaînes de production.

Le Programme prévoit parallèlement un ensemble de mesures consacrées à l’expérimentation et à la mise sur le marché des produits. Les entreprises pourront bénéficier d’un soutien pour expérimenter de nouveaux produits et services dans un cadre contrôlé, obtenir des certificats de conformité aux normes et aux réglementations, réaliser des essais, des expertises et des certifications de qualité, mettre en place des systèmes de management et des outils d’amélioration de la productivité et de la qualité, ainsi qu’enregistrer leurs produits et marchandises en vue de leur mise en circulation.

Le programme vise, d’ici à 2030, la création d’au moins 250 start-up innovantes à partir de l’expérimentation et de la finalisation de technologies. 
Photo : VNA/CVN

Un autre mécanisme vise à soutenir la recherche, la sélection, la commande, l’expérimentation, l’utilisation et la généralisation de produits, services et solutions innovants auprès des organismes publics, des collectivités locales, des groupes et des grandes entreprises. Il s’agit de créer un lien direct entre les solutions développées par les startups innovantes, les utilisateurs potentiels et le marché.

Le privé au cœur de l’écosystème

D’ici à 2030, le Programme vise à accompagner au moins 150 produits, services et solutions innovants dans leur expérimentation, leur utilisation et leur déploiement auprès des organismes publics, des collectivités locales, des groupes et des grandes entreprises. Il prévoit également de soutenir au moins 30 entreprises dans la réalisation d’expérimentations contrôlées et 150 autres dans la finalisation de leurs procédés et le développement de prototypes destinés à la production.

À l’horizon 2035, ces objectifs passeront respectivement à au moins 300 produits, services et solutions expérimentés, utilisés et déployés, 60 entreprises ayant réalisé des expérimentations contrôlées et 300 entreprises ayant finalisé leurs procédés et développé des prototypes destinés à la production.

Le Programme vise par ailleurs, d’ici à 2030, la création d’au moins 250 start-up innovantes à partir de l’expérimentation et de la finalisation de technologies, du développement de produits et de la commercialisation des résultats de recherche et des droits de propriété intellectuelle. À l’horizon 2035, ce nombre devra atteindre au moins 500 entreprises.

Parallèlement, il entend accompagner les entreprises déjà créées dans leur passage à une phase de croissance. D’ici à 2030, au moins 200 startups innovantes en phase d’incubation ou de croissance bénéficieront d’un soutien, contre au moins 400 à l’horizon 2035.

Parmi elles, au moins 30% devront exercer dans les secteurs des technologies de pointe et des technologies stratégiques. En outre, 30% des entreprises soutenues devront, dans les 12 mois suivant le programme, enregistrer une croissance de leur chiffre d’affaires ou de leur clientèle, réussir à mobiliser de nouveaux capitaux d’investissement ou développer leurs marchés internationaux.

Le Programme fixe également des objectifs en matière de mobilisation de financements extrabudgétaires. D’ici à 2030, les investissements mobilisés en faveur des startups innovantes dans le cadre de ses activités et missions devront atteindre au moins 100% du montant total des crédits budgétaires publics alloués à sa mise en œuvre. D’ici à 2035, ce ratio devra atteindre au moins 120%.

Le dispositif entend ainsi renforcer le rôle moteur du secteur privé, des fonds d’investissement, des investisseurs, des grandes entreprises, des organismes d’accompagnement et des experts dans la sélection, l’accompagnement, l’investissement et le soutien aux startups innovantes.

Le budget de l’État garantira le financement du Programme à travers les crédits annuels consacrés aux activités scientifiques, technologiques et d’innovation. Des financements légaux supplémentaires seront également mobilisés auprès des entreprises et des organisations nationales et étrangères.

Les financements seront accordés par étapes, en fonction des résultats des évaluations réalisées en cours et en fin de période. Leur ajustement ou leur suspension pourra intervenir sur la base des évaluations annuelles ou à la suite de demandes ponctuelles.

Le Fonds national pour l’innovation technologique sera chargé de piloter la mise en œuvre du Programme. Il aura notamment pour missions d’élaborer les plans d’action, le règlement de gestion et le système d’indicateurs d’évaluation, de publier les plans annuels, de recevoir et d’examiner les dossiers, de signer les contrats, d’allouer les financements, ainsi que de suivre et d’évaluer les résultats.

Une évaluation à mi-parcours sera réalisée en 2030 afin de servir de base à l’ajustement des objectifs, de l’ampleur et des mécanismes de mise en œuvre pour la période suivante. Le Programme fera l’objet d’une évaluation finale en 2035.

Quê Anh/CVN

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