Côte d'Ivoire : l'État va acheter les stocks de cacao

L'État ivoirien va acheter l'entièreté des immenses volumes de cacao qui s'entassent dans les coopératives du pays pour permettre aux producteurs d'être enfin payés, a déclaré le ministre de l'Agriculture devant la presse mardi 20 janvier.

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Un producteur présente des fèves lors de l’écabossage du cacao dans une plantation à Agboville, en Côte d'Ivoire, le 4 décembre 2025. 
Photo : AFP/VNA/CVN

La filière cacao, qui représente 14% du Produit intérieur brut (PIB) du pays, est dans une situation critique, avec un ralentissement des exportations sur fond de problèmes de liquidités des acheteurs et de baisse des cours mondiaux, alors que le prix fixé par l'État ivoirien pour un kilo de cacao a atteint un prix historique de 2.800 francs CFA (4,27 euros).

Conséquence de cet engorgement, une partie des 5 millions de personnes qui vivent du cacao ne touche plus de revenus depuis plusieurs mois, alors que la plupart vit déjà sous le seuil de pauvreté.

En collaboration avec l'organisation interprofessionnelle des producteurs de cacao (OIA) et le Conseil Café Cacao, régulateur de la filière, l'État ivoirien va "procéder à la mise en place d'un dispositif d'achat de ce stock", qui serait de "130.000 tonnes" au prix de "2.800 francs CFA par kilo" a expliqué le ministre de l'Agriculture, M. Kobenan Kouassi Adjoumani.

Pour cela, l'État s'appuiera sur des "acteurs nationaux" qui seront chargés d'enlever les stocks dans les zones de production et de les acheminer jusqu'à des entrepôts, a-t-il détaillé.

L'État joue donc un rôle d'intermédiaire en avançant l'argent nécessaire à l'opération en attendant que, dans un deuxième temps, les exportateurs rachètent le stock, remboursant donc cette avance.

Cela afin de hâter le paiement des producteurs qui sont dans une situation économique critique.

"Ces dispositions permettront d'agir rapidement en zone de production, de rétablir la liquidité, de sécuriser l'évacuation vers les usines et les ports, tout en renforçant le rôle des acteurs nationaux dans la chaîne de valeur", a poursuivi M. Adjoumani.

Selon lui, la filière fait également "face à une pression accrue liée aux flux transfrontaliers en provenance de pays limitrophes, où les prix bord-champ pratiqués sont inférieurs à ceux pratiqués dans notre pays".

Pour lutter contre cette contrebande qui participe de l'engorgement de la filière ivoirienne, le ministre a annoncé un renforcement des contrôles aux frontières.

AFP/VNA/CVN

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