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| Cinquante ans de relations Vietnam - UNESCO : la culture vietnamienne au fil des courants du monde. |
| Photo : Trân Truong/CVN |
En juillet 1976, un an avant son admission aux Nations unies, le Vietnam tout juste réunifié a rejoint l’UNESCO. Depuis lors, les deux parties ont noué une relation solide, fondée sur des investissements de longue date dans l’éducation, la science et la culture, envisagés comme des leviers clés du développement durable et de l’affirmation du pays sur la scène internationale.
Après le Đổi mới (Renouveau) lancé en 1986, cette coopération a changé d’échelle et de nature. Au-delà de l’assistance technique, le Vietnam s’est tourné vers les normes internationales, les méthodes de gestion et les réseaux de connaissances.
L’adhésion, le 19 octobre 1987, à la Convention de 1972 pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel a inscrit la sauvegarde de l’héritage dans un cadre plus large, en lien avec l’aménagement, l’environnement, l’éducation, les communautés et le développement local. Les premières inscriptions ont suivi: ensemble de monuments de Huê (1993), baie de Ha Long (1994), vieille ville de Hôi An et sanctuaire de My Son (1999), offrant au pays une visibilité internationale, mais aussi de nouvelles exigences en matière d’expertise et de gestion.
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| Hanoï, Ville pour la paix de l’UNESCO. |
| Photo : VNA/CVN |
Dans le domaine de l’éducation, la coopération engagée dans les années 1990, notamment à travers le programme “Éducation pour tous”, a contribué à faire évoluer les priorités, de la réponse aux besoins urgents vers la construction de capacités d’apprentissage à long terme, posant les bases de la société apprenante et de l’apprentissage tout au long de la vie. Parallèlement, la participation à la Décennie mondiale du développement culturel (1988-1997) a élargi la réflexion sur le rôle de la culture comme fondement, objectif et moteur du progrès.
Un partenariat au service du progrès
Cette première phase ne s’est donc pas résumée à recevoir des modèles extérieurs : elle a surtout permis au Vietnam d’appréhender, de sélectionner et d’adapter les principes internationaux à ses propres réalités.
À partir des années 2000, la relation est entrée dans une nouvelle phase, plus réciproque et plus étroitement liée aux politiques de développement.
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| Le dirigeant Tô Lâm et son épouse, Ngô Phuong Ly, avec le président français Emmanuel Macron et son épouse, Brigitte Macron, aux côtés des artistes interprétant le nhã nhạc, musique de cour vietnamienne, patrimoine culturel immatériel de l’humanité, le 26 mai 2025 à Hanoï. |
| Photo : VNA/CVN |
Le mémorandum d’entente signé en 2005 entre le gouvernement vietnamien et l’UNESCO a établi un cadre élargi de coordination, favorisant une coopération structurée autour des politiques publiques, du renforcement des capacités et de la participation des administrations, des chercheurs, des universités, des entreprises et des communautés.
Dans le domaine de l’éducation, le Vietnam a participé à la Décennie des Nations unies pour l’éducation en vue du développement durable (2005-2014), puis au Cadre d’action “Éducation au développement durable 2030” et au Réseau mondial UNESCO des villes apprenantes. Ces initiatives ont contribué à intégrer dans les cursus des enjeux tels que le changement climatique, l’égalité des sexes, la citoyenneté mondiale et l’apprentissage tout au long de la vie. Certains projets nationaux ont par ailleurs été reconnus à l’international, comme les programmes “Books for rural areas of Viet Nam” -
”Des livres pour les zones rurales du Vietnam” (Prix d’alphabétisation UNESCO-Roi Sejong, 2016) ou “We Are ABLE” en faveur des jeunes filles issues de minorités ethniques et de l’éducation STEAM (science, technologie, ingénierie, arts et mathématiques).
Sur le plan culturel, l’adhésion aux Conventions de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles a fourni de nouvelles bases pour la formation d’experts, l’inventaire participatif, l’élaboration de projets de protection après inscription et l’amélioration des cadres réglementaires. Le Réseau des Villes créatives de l’UNESCO a par ailleurs ouvert de nouveaux espaces de dialogue entre design, artisanat, arts populaires, gastronomie, industries culturelles, entrepreneuriat créatif et tourisme patrimonial, avec une place accrue accordée aux communautés, aux jeunes, aux femmes et aux entreprises.
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| Mme Ngô Phuong Ly, épouse du secrétaire général du Parti, Tô Lâm, accomplit le rite de la peinture sur céramique aux cinq couleurs lors de la cérémonie d’ouverture du premier Festival des cultures du monde à Hanoï, le 10 octobre 2025. |
| Photo : VNA/CVN |
Côté sciences, les géoparcs mondiaux, le Programme hydrologique intergouverne-mental (PHI), le Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) et la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO (COI/UNESCO) ont rapproché recherche, conservation de la biodiversité, éducation environnementale, gestion des ressources et moyens de subsistance. Les réseaux d’experts, les Chaires UNESCO et les centres de catégorie 2 en mathématiques et en physique ont, quant à eux, élargi les espaces d’échange de connaissances, y compris sur des enjeux émergents comme l’intelligence artificielle (IA) et l’éthique des technologies.
Pour l’information et la communication, la coopération porte sur l’essor des médias, l’accès à l’information pour tous, l’éducation aux médias, la préservation du patrimoine documentaire, ainsi que le renforcement des compétences numériques.
Une voix plus affirmée
En matière de politiques publiques, l’UNESCO accompagne le Vietnam à travers la coopération technique, le partage de connaissances et le dialogue, contribuant à l’élaboration de stratégies et de lois touchant l’éducation, la culture et l’IA.
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| Les concrétions millénaires de la grotte Nuoc Lan, découverte récemment dans le Parc national de Phong Nha - Ke Bàng, site classé à l’UNESCO. |
| Photo : VNA/CVN |
Le “partenariat pour le progrès” prend ici tout son sens : le Vietnam n’est plus seulement bénéficiaire, mais co-construit des initiatives, partage ses expériences et participe à la recherche de réponses communes aux défis du développement.
Parallèlement à l’approfondissement de la coopération, le Vietnam participe de manière croissante aux mécanismes de gouvernance de l’UNESCO, illustrant sa transformation en membre pleinement engagé. Il a siégé à cinq reprises au Conseil exécutif (1978-1983, 2001-2005, 2009-2013, 2015-2019, 2021-2025), en assurant la vice-présidence de 2001 à 2003. Il a également été élu vice-président de la Conférence générale en 2023 et 2025, tout en participant aux travaux du Comité du patrimoine mondial et de plusieurs mécanismes intergouvernementaux spécialisés.
Cette participation implique de nouvelles responsabilités: suivi des programmes, préparation des positions, coordination inter-ministérielle et contribution à la recherche de consensus entre États membres. Le Vietnam a également accueilli les réunions de consultation des Commissions nationales pour l’UNESCO de la région Asie et Pacifique en 2006 et 2012, renforçant ainsi ses liens régionaux et sa capacité à faciliter les échanges sur les programmes, le budget et les orientations de l’organisation.
Les visites successives des directeurs généraux de l’UNESCO - Koïchiro Matsuura en 2005 ; Irina Bokova en 2010, 2013 et 2017 ; Audrey Azoulay en 2022 et 2025 -témoignent de la profondeur croissante des relations et de la reconnaissance du Vietnam comme partenaire fiable et actif.
Pour Firmin Edouard Matoko, ancien sous-directeur de l’UNESCO chargé de la priorité Afrique et des relations extérieures, les liens entre le Vietnam et l’UNESCO constituent un partenariat fondé sur l’engagement du Vietnam en faveur du multilatéralisme et sur la conviction commune que l’éducation, la science et la culture sont les fondements de sociétés inclusives et durables. Avec quelque 70 distinctions de l’UNESCO, le Vietnam figure parmi les pays qui contribuent activement à promouvoir la mission de l’organisation, les relations ayant atteint un nouveau niveau après 25 ans de coopération renforcée.
Du côté vietnamien, Hà Kim Ngoc, ancien vice-ministre des Affaires étrangères et ancien président de la Commission nationale du Vietnam pour l’UNESCO, souligne que l’organisation occupe une place particulière dans le cœur des Vietnamiens, en jetant des ponts entre le Vietnam et le monde. Selon lui, la coopération a connu des avancées remarquables, atteignant un niveau “global, substantiel et efficace”.
Ces deux regards convergent sur l’essentiel : après un demi-siècle, la relation Vietnam - UNESCO ne se mesure plus seulement au nombre de distinctions ou de projets, mais à la capacité de transformer les cadres de coopération internationale en capacités nationales, tout en inscrivant les expériences vietnamiennes dans les réseaux internationaux, dans une dynamique à double sens.
HOÀNG HOA/CVN
De l’initiative du Vietnam à un engagement mondial partagé
Le 4 septembre 2026, la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution lançant la “Décennie internationale de la culture au service du développement durable”, proclamant la période 2027-2036. Il s’agissait d’une initiative lancée par le Vietnam, marquant une étape importante dans la reconnaissance de la culture comme partie intégrante du développement durable.
“Je félicite chaleureusement le Vietnam pour cette réussite. Qu’il s’agisse de l’initiative du Vietnam pour porter cette proposition, du large soutien apporté par les États membres de l’UNESCO lors de la 43e session de la Conférence générale à Samarkand (Ouzbékistan), ou de son adoption par l’Assemblée générale des Nations unies, cette démarche témoigne à la fois du leadership du Vietnam dans ce domaine et de l’engagement commun de l’UNESCO et des États membres des Nations unies à renforcer la contribution de la culture au développement durable”, a salué Jonathan Wallace Baker, Représentant de l’UNESCO au Vietnam.
“Alors que le Vietnam et l’UNESCO célèbrent 50 années de coopération, je félicite chaleureusement le Vietnam pour cette contribution majeure à l’agenda culturel mondial. Je me réjouis de la poursuite de notre partenariat et de notre collaboration avec le Vietnam et nos partenaires pour veiller à ce que la culture soit pleinement prise en compte dans nos efforts collectifs visant à bâtir des sociétés plus pacifiques, inclusives et durables, tant à l’horizon 2030 qu’au-delà”, a-t-il ajouté.








