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| Photo : VNA/CVN |
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Deux ans après le lancement du projet national "Développement durable d'un million d'hectares de riz spécialisé de haute qualité et à faibles émissions associé à la croissance verte dans le Delta du Mékong à l'horizon 2030", Cà Mau, province la plus méridionale du Vietnam, récolte déjà les premiers bénéfices de cette initiative. Les modèles de culture mis en place démontrent une efficacité tant sur les plans économique qu'environnemental, ouvrant la voie à une agriculture plus moderne et plus résiliente face au changement climatique.
Le projet prévoit la création de 54.680 hectares de zones rizicoles spécialisées, dont 39.980 hectares consacrés à deux ou trois récoltes annuelles et 14.700 ha destinés au système de rotation crevette-riz. Il est déployé dans 17 communes et trois quartiers, au cœur des principales zones de production de la province.
Au-delà de l'extension des superficies cultivées, l'objectif est de constituer des zones de production concentrées, de généraliser les pratiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de développer des chaînes de valeur durables, de la production à la commercialisation.
Selon le Service de l'agriculture et de l'environnement de Cà Mau, 1.380 hectares de modèles pilotes ont déjà été mis en œuvre, mobilisant 720 foyers agricoles au sein de sept coopératives, principalement dans les communes de Vinh Thanh, Hoa Binh, Vinh My, Da Bac et Khanh Binh. Ces expérimentations bénéficient de l'appui technique de l'Institut international de recherche sur le riz (IRRI), de l'Institut de l'environnement agricole et de plusieurs grandes entreprises du secteur.
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| Récolte du riz de la campagne d'été-automne 2025 dans la commune de Đá Bạc, au nord de Cà Mau. |
| Photo : VNA/CVN |
"Les agriculteurs et les coopératives ont obtenu des résultats très encourageants grâce à ce projet", souligne Ngô Nguyên Phong, secrétaire du Comité du Parti de la commune de Vinh Thanh. Selon lui, les producteurs ont progressivement adopté des techniques telles que le programme "Un impératif, cinq réductions", l'irrigation alternée humide-sec ou encore l'utilisation de semences certifiées.
Ces pratiques ont permis de réduire les quantités de semences, d'engrais et de pesticides utilisées, tout en maintenant les rendements et la qualité des récoltes.
"Les coûts de production ont diminué tandis que les rendements sont restés stables, ce qui a permis d'améliorer les revenus des agriculteurs", poursuit-il. Il souligne également la baisse des émissions de gaz à effet de serre ainsi que le rôle croissant des coopératives dans l'organisation de la production, l'approvisionnement en intrants, l'accompagnement technique et la mise en relation avec les entreprises.
Membre de la coopérative de services agricoles Hông Phat, à Vinh Thanh, Trân Quôc Duân confirme ces résultats : "Grâce aux investissements dans les infrastructures et au rôle de médiateur joué par les autorités locales entre entreprises et agriculteurs, nos débouchés se sont améliorés et nos bénéfices augmentent de récolte en récolte".
Les chiffres illustrent cette évolution. Grâce à une mécanisation complète - préparation des sols, semis mécanisés ou par drones, irrigation et récolte -, les quantités de semences ont diminué de 70 à 100 kg par hectare, soit une baisse de 20 à 40 %. Les apports d'engrais azotés ont été réduits de 15 à 20%, tandis que le nombre de traitements phytosanitaires a diminué de deux à quatre par campagne.
L'irrigation alternée humide-sec, appliquée une à deux fois par récolte, permet en outre d'économiser l'eau tout en limitant les émissions de méthane. Résultat : les bénéfices augmentent de 2 à 4 millions de dôngs par hectare, soit une hausse des revenus de 15 à 20% par rapport aux méthodes traditionnelles.
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| Photo : VNA/CVN |
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Malgré ces premiers succès, les autorités provinciales reconnaissent que les surfaces concernées demeurent encore limitées et que plusieurs difficultés freinent le déploiement du projet.
Le changement climatique complique notamment l'application de l'irrigation alternée durant la campagne été-automne, de plus en plus perturbée par des pluies abondantes et des tempêtes imprévisibles.
Le principal frein reste toutefois le déficit d'infrastructures, particulièrement dans la sous-région méridionale de Cà Mau. Les insuffisances en matière de vannes, de stations de pompage, de digues ou encore de routes agricoles compliquent la gestion de l'eau et de l'intrusion saline, tout en limitant la mécanisation et le transport des récoltes.
L'extension des superficies progresse également lentement, faute de zones répondant aux critères requis. Les liens entre entreprises, coopératives et agriculteurs restent parfois fragiles, tandis que certaines coopératives peinent encore à répondre aux exigences d'une véritable chaîne de valeur. L'accès aux crédits, aux équipements de mécanisation et aux dispositifs de soutien demeure également insuffisant.
"Les besoins d'investissement dans les infrastructures destinées à une production à faibles émissions sont considérables, alors que l'accès aux financements préférentiels reste limité", souligne la coopérative de services agricoles Vinh Cuong, dans la commune de Vinh My.
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| Photo : VNA/CVN |
Pour Ngô Nguyên Phong, il est indispensable de poursuivre les investissements dans les infrastructures d'irrigation, les voies de desserte agricole et les équipements de mécanisation, tout en accompagnant les coopératives dans l'acquisition de séchoirs, d'entrepôts et d'outils numériques de gestion.
"Il est également essentiel de renforcer les partenariats entre les entreprises et les zones de production, grâce à des mécanismes garantissant un partage équitable des bénéfices et des débouchés stables pour les agriculteurs", insiste-t-il.
Parmi les autres priorités figurent l'obtention de codes de zones de culture, le renforcement de la traçabilité ainsi que les certifications environnementales et de qualité destinées à accroître la valeur du riz produit. La province mise également sur le transfert de technologies, la transformation numérique et l'intelligence artificielle pour améliorer la gestion des cultures, la surveillance phytosanitaire et le suivi des émissions.
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Pour accélérer la mise en œuvre du projet, Cà Mau entend poursuivre l'identification des zones répondant aux critères du programme, multiplier les modèles pilotes performants et renforcer les capacités des coopératives afin de mieux organiser la production et les débouchés.
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| Photo : VNA/CVN |
"Le projet d'un million d'hectares de riz de haute qualité à faibles émissions constitue une orientation stratégique majeure du Parti et de l'État pour l'avenir de la riziculture vietnamienne", souligne Lê Van Su, vice-président du Comité populaire provincial de Cà Mau.
Selon lui, l'objectif dépasse largement la seule réduction des émissions ou l'amélioration de la qualité du riz. Il s'agit surtout d'opérer une véritable transition, en passant d'une logique de production agricole à une économie agricole, fondée sur la création de valeur, l'amélioration durable des revenus des producteurs et la protection de l'environnement.
Pour y parvenir, les autorités locales devront accélérer le recensement des zones éligibles, renforcer la sensibilisation des agriculteurs, multiplier les modèles performants, consolider les liens entre production et commercialisation et faciliter l'accès des coopératives aux politiques de soutien, notamment en matière de crédit et de mécanisation.
Hông Anh/CVN










