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| Eric Van Vaerenbergh, expert en énergie et enseignant à l’École centrale des arts et métiers de Bruxelles. |
| Photo : VNA/CVN |
Selon l’expert belge, les orientations de développement du Vietnam pour la période 2026-2045 sont ambitieuses, mais reposent sur des fondements solides. Le maintien d’un rythme de croissance élevé au cours de la prochaine décennie et l’objectif de devenir un pays à revenu élevé à l’horizon 2045 correspondent aux atouts structurels actuels du pays, notamment une intégration internationale approfondie, une base industrielle en consolidation, une main-d’œuvre encore relativement favorable et une capacité croissante de mise en œuvre des politiques publiques.
Toutefois, Eric Van Vaerenbergh souligne que le contexte mondial connaît de profondes mutations. Les tendances à la fragmentation des échanges et des technologies s’accentuent, tandis que les exigences liées au climat, à la traçabilité et au respect des normes internationales deviennent de plus en plus contraignantes. Parallèlement, les pressions sur l’énergie, l’eau et les ressources naturelles s’intensifient. Dans ce contexte, le principal défi pour le Vietnam n’est pas seulement de préserver une croissance rapide, mais surtout d’en garantir la qualité et la durabilité.
Évoquant la période 2026-2030, l’expert estime que l’économie vietnamienne pourrait évoluer selon trois scénarios. Le scénario central table sur une croissance annuelle de 6,5 à 7,5%, le scénario élevé sur 8 à 9%, tandis qu’un scénario très ambitieux, proche de 10%, demeure possible mais exige la réunion simultanée de nombreuses conditions. Pour soutenir une croissance élevée sur le long terme, le Vietnam devra mettre en œuvre des solutions cohérentes, coordonnées et ciblées.
L’un des leviers déterminants réside dans l’accélération et l’amélioration de l’efficacité de l’investissement public, en particulier dans les infrastructures énergétiques et de transport, notamment les ports maritimes, les routes et le rail. Selon Eric Van Vaerenbergh, l’énergie constitue un pilier central de toute économie moderne. Celle-ci ne peut fonctionner durablement que si elle dispose d’une électricité sûre, stable, à coût compétitif et capable d’accompagner l’expansion de la production.
À défaut d’un réseau électrique robuste et d’un mécanisme d’approvisionnement fiable, le développement des industries à forte intensité énergétique, telles que l’électronique, les semi-conducteurs ou les centres de données, restera limité.
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| Manutention de marchandises au port de Chu Lai, dans la ville de Dà Nang (Centre). |
| Photo : VNA/CVN |
Au-delà des infrastructures, l’amélioration de la productivité est considérée comme une exigence essentielle. Le Vietnam doit progressivement passer d’un modèle de croissance reposant principalement sur l’accumulation du capital et de la main-d’œuvre à un modèle fondé sur l’augmentation de la productivité globale. Cette transition suppose une élévation de la qualité des ressources humaines, notamment des ingénieurs, des techniciens et des cadres de gestion dans les secteurs industriels, ainsi que la poursuite des réformes visant à rendre le cadre juridique plus simple, plus stable et plus prévisible.
S’agissant des accords de libre-échange et de la diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales, Eric Van Vaerenbergh estime qu’ils constituent des moteurs importants de la croissance vietnamienne. Toutefois, une ouverture économique accrue s’accompagne également de risques, tels que le durcissement des règles d’origine, la multiplication des enquêtes sur le contournement des mesures commerciales et l’émergence de nouvelles barrières liées aux émissions de carbone. Dans ce contexte, l’augmentation de la valeur ajoutée domestique apparaît comme une condition indispensable pour tirer pleinement parti des accords existants.
Selon l’expert, l’accession au statut de pays à revenu élevé ne se résume pas au franchissement d’un seuil statistique de revenu par habitant, seuil d’ailleurs régulièrement révisé. Le véritable enjeu consiste à maintenir une trajectoire de développement durable dans un contexte de vieillissement démographique et d’érosion progressive de l’avantage comparatif fondé sur le faible coût de la main-d’œuvre. Pour y répondre, le Vietnam devra poursuivre les réformes institutionnelles afin de renforcer la sécurité juridique, d’améliorer l’efficacité de la gouvernance et d’optimiser l’allocation des ressources.
Eric Van Vaerenbergh conclut que le Vietnam dispose de nombreux atouts pour entrer dans une phase de croissance rapide et durable à l’horizon 2045, à condition de placer la productivité, l’énergie et les institutions au cœur de sa stratégie de développement. Selon lui, une croissance élevée n’est soutenable à long terme que si elle permet de créer davantage de valeur avec une utilisation plus efficace de l’énergie, de l’eau et des ressources, jetant ainsi des bases solides pour l’accession du Vietnam au statut de pays à revenu élevé.
VNA/CVN





