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Le paysage politique et économique international traverse une période de mutations profondes et imprévisibles. L’exacerbation des conflits militaires et des tensions géopolitiques dans les principales zones de production et de transit énergétique a lourdement pesé sur l’approvisionnement mondial en pétrole, en gaz et en charbon. Ces ruptures de flux, conjuguées à une volatilité extrême des prix, font peser des risques sérieux sur la sécurité énergétique des nations dépendantes des importations, dont le Vietnam fait partie.
Dans ce contexte, le gouvernement considère l’utilisation économe et efficace de l’énergie comme un levier prioritaire. Cette approche ne vise pas seulement à atténuer les risques d’approvisionnement, mais cherche également à réduire les coûts de production, à renforcer la compétitivité de l’économie nationale et à garantir un développement durable sur le long terme.
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| Hông Anh/CVN |
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La vision portée par la Directive 09 s'appuie sur des indicateurs de performance d’une grande précision à l’horizon 2030. Le gouvernement aspire ainsi à réduire l'intensité énergétique par unité de PIB à un rythme annuel soutenu, compris entre 1% et 1,5%. Pour les industries lourdes et les établissements grands consommateurs, l'exigence est encore plus stricte avec une cible d'économie d'électricité fixée à un minimum de 3% par an.
Le secteur de la distribution n'est pas en reste, puisque le pays s'engage à ramener les pertes liées au transport et à la distribution sur l'ensemble du réseau national à seulement 5,8% d'ici la fin de la décennie. Cette rigueur s'accompagne d'une mise en conformité totale : d'ici 2030, la totalité des sites énergivores devra impérativement réaliser des audits périodiques et adopter des systèmes de gestion de l'énergie répondant aux standards internationaux. Enfin, la mobilité urbaine connaîtra une mutation profonde avec l'objectif de convertir au moins la moitié de la flotte des transports publics à l'électricité dans toutes les grandes métropoles du pays.
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| Les établissements énergivores clés doivent procéder à des audits énergétiques périodiques. |
| Photo : CTV/CVN |
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Le succès de cette stratégie repose sur une coordination interministérielle sans faille. Le ministère de l’Industrie et du Commerce se voit confier un rôle de chef d'orchestre, chargé de surveiller les fluctuations du marché mondial pour adapter la réponse nationale en temps réel. Avant la fin du deuxième trimestre 2026, ce ministère devra avoir parachevé l'ensemble du cadre réglementaire, incluant les normes techniques et l'étiquetage énergétique obligatoire pour une gamme étendue d'équipements. Un effort particulier sera porté sur l’assainissement du marché, avec l’élimination progressive des ampoules à incandescence de faible efficacité d'ici le troisième trimestre 2026.
Sur le front des carburants, le passage au biocarburant E10 dès avril 2026 marquera une étape majeure, visant à réduire de 10% la dépendance à l'essence fossile pure. Le ministère soutiendra également l'émergence des entreprises de services énergétiques (ESCO) et explorera des modèles d'investissement innovants pour mobiliser les ressources privées.
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| Photo : CTV/CVN |
Parallèlement, le ministère de la Construction est sommé de révolutionner l'urbanisme national. Il s'agit de finaliser, d'ici la mi-2026, un système rigoureux de normes de construction favorisant l'efficacité énergétique et le développement de "bâtiments verts". L'intégration d'infrastructures de recharge pour véhicules électriques devra désormais être une composante intrinsèque de tout nouveau projet urbain ou de parking. Ce volet logistique sera soutenu par le ministère des Finances, qui a pour mission de présenter, avant juin 2026, un arsenal d’incitations fiscales et le projet de création d’un fonds national dédié à la promotion de l’utilisation économe de l’énergie.
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La transition repose également sur une avancée technologique majeure pilotée par le ministère des Sciences et des Technologies, avec un accent mis sur la recherche dans les batteries de nouvelle génération et les moteurs à haut rendement. Le secteur agricole participe à l'effort par la valorisation de la biomasse et des sous-produits pour la production d’éthanol. En matière d'environnement, des réglementations strictes concernant le recyclage des batteries de véhicules électriques devront être établies d'ici le troisième trimestre 2026 pour garantir une économie circulaire.
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| Promouvoir l’utilisation des sous-produits agricoles comme matières premières pour la production d'éthanol carburant. |
| Photo : CTV/CVN |
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Les autorités locales sont exhortées à devenir des acteurs du changement en élaborant leurs propres plans d'action avant avril 2026, tout en favorisant le solaire en toiture et la conversion des flottes de taxis et de bus vers l'électrique. Les grands groupes d'État, tels qu’Électricité du Vietnam (EVN), le Groupe pétrolier et gazier du Vietnam (PVN) et le Groupe national des industries du charbon et des minerais du Vietnam (TKV), ont des missions de performance spécifiques. EVN doit accélérer le déploiement des réseaux intelligents (Smart Grids), tandis que PVN est tenu de garantir que les raffineries nationales couvrent au moins 70% des besoins intérieurs. Le secteur minier, représenté par TKV, doit quant à lui optimiser ses processus d’extraction pour réduire sa propre empreinte énergétique.
La mise en œuvre de cette vaste réforme sera supervisée par le ministère de l’Industrie et du Commerce, qui assurera le suivi et rapportera périodiquement les progrès et les obstacles rencontrés au chef du gouvernement. Cette synergie nationale est présentée comme l'unique voie pour assurer la résilience du Vietnam face aux crises énergétiques futures.
Hông Anh/CVN













