Visite d’État du couple royal belge au Vietnam :
Vers de nouvelles horizons de coopération Vietnam - Belgique

Dès leur arrivée à Hanoï le 31 mars, les ministres-présidents de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) et de la Wallonie ont eu une rencontre avec la presse durant laquelle ils ont souligné l'importance de la relation cultivée depuis un demi-siècle entre les deux pays. Selon eux, la visite d’État du Roi et de la Reine de Belgique marque une nouvelle étape dans les liens diplomatiques, ouvrant la voie à des initiatives innovantes et durables pour un avenir commun prometteur.

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La ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Élisabeth Degryse, et le ministre-président de la Wallonie, Adrien Dolimont, lors d’une rencontre avec à la presse vietnamienne le 31 mars à Hanoï. 
Photo : WB/CVN

Quelles sont les principales activités prévues lors de cette visite, ainsi que les thèmes majeurs que vous envisagez d'aborder avec vos partenaires vietnamiens ? Pourriez-vous également partager vos attentes à l’issue de cet événement d’envergure ?

Mme Degryse : J'ai de nombreuses activités dans le secteur universitaire, notamment des visites dans les universités et des rencontres avec les alumni, car nous avons établi de nombreuses collaborations depuis 32 ans dans ce domaine, notamment avec l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur (ARES) en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le 1er avril, j’aurai également le plaisir de visiter, aux côtés de Sa Majesté la Reine, l’Hôpital national de pédiatrie. C’est une étape importante, notamment en raison des enjeux liés à la santé mentale des jeunes, un sujet transversal qui dépasse les frontières et les différences culturelles. Il est essentiel de s’en préoccuper et d’y apporter des réponses adaptées.

Par la suite, nous nous rendrons à Hô Chi Minh-Ville, où nous avons également prévu plusieurs activités, notamment en lien avec les universités.

M. Dolimont : Mon programme s'inscrit naturellement dans la continuité des thématiques évoquées par Mme Degryse. La santé est un domaine auquel nous accordons une attention particulière, mais nous nous concentrons davantage sur les solutions et les innovations technologiques développées chez nous pour améliorer ce secteur. Cela inclut le lien avec la recherche et les programmes qui aboutissent à des innovations concrètes, pouvant être mises en œuvre sur le terrain.

L’enjeu est donc de mettre en avant le savoir-faire et la capacité d’innovation de nos territoires. Nous savons que le Vietnam accorde une attention particulière au développement de l’innovation, à l’investissement dans l’enseignement et la recherche, afin de renforcer sa compétitivité technologique. C’est une ambition partagée par la Belgique, qui figure parmi les bons élèves européens en la matière et entend le rester. Toutes les collaborations dans ce domaine sont donc précieuses.

Par ailleurs, ces échanges ouvrent également des perspectives de nouveaux marchés pour nos entreprises. C’est dans cette optique qu’un protocole d’accord (MoU) sera signé entre l’ Agence wallonne à l'exportation et aux investissements étrangers (AWEX) et VietTrade, témoignant de notre volonté d’établir des collaborations durables et mutuellement bénéfiques.

Le roi Philippe et la reine Mathilde de Belgique sont arrivés à Hanoï lundi matin 31 mars pour une visite d'État de cinq jours au Vietnam. 
Photo : VNA/CVN

En ce qui concerne la question économique qui sera au centre de cette visite d'État, quel est, selon vous, le rôle déterminant de l'AWEX dans la facilitation de l'accès des entreprises wallonnes au marché vietnamien ?

M. Dolimont : C'est ça l'essentiel : être sur le terrain, être en contact avec les entreprises vietnamiennes. C’est en quelque sorte l'objectif principal de cette évolution, qui sera évidemment évoquée, afin d’identifier les éléments d’intérêt commun pour favoriser un développement économique mutuel. C’est bien cela, l’enjeu du travail commercial entre deux entités. Je pense que c'est quelque chose qui fonctionne plutôt bien. Nous avons la chance d’être accompagnés par une belle délégation d'entreprises, d’entrepreneurs et de chefs d'entreprises, ce qui montre l'importance de cette mission. C’est une délégation assez significative, et cela témoigne de l'engagement que nous mettons, si je peux dire ainsi, sur cette question.

La ministre-présidente Élisabeth Degryse (centre) lors de sa visite de l’Université de Hanoï, dès son arrivée au Vietnam le matin du 31 mars. 
Photo : WB/CVN

Et Mme Degryse, vous assisterez également à la signature de plusieurs accords entre les établissements d'enseignement supérieur des deux pays. Pourriez-vous nous faire part des perspectives de coopération académique entre le Vietnam et la Belgique en général, et entre le Vietnam et la Wallonie-Bruxelles en particulier ?

C'est vrai que c'est important pour nous de continuer les collaborations qui existent depuis des années. Il y a effectivement une série de signatures. On vient de parler de développement durable. Il y a des collaborations, par exemple, entre l'université de Mons et l'université ici au Vietnam, sur toute la question de l'agriculture durable, ainsi que sur la question de l'alimentation durable pour le bétail, par exemple. Ce sont des projets que nous souhaitons vraiment renforcer. Le tourisme aussi, nous l'avons évoqué à l'université d'Hanoï, mais c'est un domaine très important. C'est un des enjeux économiques majeurs dans le développement du Vietnam. Et c'est vrai que, par exemple, dans les collaborations concernant les études en langue française, cela peut soutenir le développement du tourisme au Vietnam. Voilà, par exemple, les collaborations que nous souhaitons continuer dans le cadre universitaire.

À propos de la francophonie, à votre avis, comment pourrait-on réinventer et ajuster l'enseignement du français et en français pour répondre aux enjeux du nouveau contexte socio-économique, éducatif et culturel ?

Mme Degryse : C'est une vraie question, celle de la francophonie. Je pense que le Vietnam est impliqué dans l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), tout comme nous. Nous devons désormais nous donner les outils nécessaires pour continuer à enseigner le français, qui reste une langue importante au niveau mondial, aussi bien sur le plan linguistique que culturel. C'est au sein de l'OIF que nous travaillons sur ces questions. Je pense que l'arrivée prochaine de l'anglais comme deuxième langue au Vietnam doit nous amener à réfléchir, à peut-être remotiver ou remobiliser l'enseignement du français dans les écoles au Vietnam, mais aussi à l’échelle mondiale. Je pense que c'est justement là que l'OIF intervient, en renforçant les collaborations sur ces sujets. Il y a aussi la question de la découvrabilité du contenu en langue française sur Internet, via les algorithmes. Ce sont des enjeux que nous soutenons. Et vous le savez, il y a 20 ans, la Convention de l'UNESCO mettait déjà en avant l'importance de la langue française. Nous continuons bien sûr à soutenir ces projets avec le Vietnam.

La ministre-présidente Élisabeth Degryse et des étudiants de l’Université de Hanoï. 
Photo : WB/CVN

Concernant l'employabilité des étudiants francophones, avez-vous aussi des initiatives prévues à la suite de cette visite d'État ?

Mme Degryse : Nous avons appris tout à l'heure des chiffres très intéressants sur l'employabilité des étudiants, puisque 88 à 100% d'entre eux trouvent un emploi après leurs études. Et cela, ce sont vraiment des chiffres qui nous font rêver. Je sais que les recteurs et rectrices ont discuté ce matin, le 31 mars. Ils ont travaillé ensemble, les rectrices francophones et les recteurs néerlandophones, ainsi que le recteur et le vice-recteur de l’Université de Hanoï. Ils ont échangé sur ces questions-là. J'espère donc que nous pourrons apprendre les uns des autres pour augmenter notre niveau d'employabilité également, et féliciter l’Université de Hanoï pour ce taux impressionnant.

Le Vietnam bénéficie d'une stabilité géopolitique notable dans la région. Comment ce facteur contribue-t-il à faire du Vietnam un partenaire stratégique de choix pour la Belgique et Wallonie-Bruxelles ? Et quelles opportunités cela offre-t-il pour une coopération renforcée à l'avenir ?

M. Dolimont : Clairement, la stabilité géopolitique est un élément déterminant pour le développement des investissements. On peut également mettre cela en perspective et en parallèle avec la croissance importante que connaît le Vietnam depuis quelques années, et qui, à mon avis, n'est pas près de s'arrêter, justement, pour les raisons que vous venez de citer. J'ajouterais également la position géographique et stratégique du Vietnam au sein de l'Asie, qui constitue un marché assez extraordinaire. Nous devons continuer à occuper le terrain et inciter nos entreprises à s'installer ici. Pour ma part, je profite aussi de cette visite pour visiter le siège de deux entreprises qui ont l'opinion sur deux de chez nous : GSK à Hô Chi Minh-Ville, et John Cockerill, qui se sont implantées ici, de nouveau, pour les raisons que je viens d'expliquer. Cela montre que le potentiel est là et que nous devons continuer à y travailler.

Dans le cadre de leur mission au Vietnam du 17 au 26 février 2025, deux expertes de la Haute École Léonard de Vinci, Sophie Brassseur (3e à droite) et Déborah Vierendeels (3e à gauche), ont effectué une visite à l’Hôpital national de pédiatrie à Hanoï, partenaire de longue date dans le secteur de santé de la Délégation Wallonie-Bruxelles au Vietnam. 
Photo : WB/CVN

Mme Degryse : Il en va de même pour les collaborations universitaires ou pour celles qui relèvent davantage de mon domaine de compétences. Évidemment, la stabilité géopolitique est importante pour rassurer et pour continuer à travailler ensemble dans un esprit serein et constructif. Je pense que les collaborations existant depuis 30 ou 50 ans montrent la volonté de travailler avec le Vietnam. Et évidemment, l'augmentation de la croissance et la stabilité qui s'installent renforcent, en fait, la confiance. Et c’est cela le plus important.

Propos recueillis par Hông Anh/CVN

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