Unifier quatre grands programmes au service du développement

En regroupant quatre programmes cibles nationaux au sein d’un dispositif unique, le Vietnam entend optimiser l’utilisation des ressources publiques, réduire les disparités territoriales et renforcer le développement des zones rurales, montagneuses et peuplées de minorités ethniques.

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L’Assemblée nationale vietnamienne a adopté la Résolution N°46, datée du 24 août 2026, approuvant la politique d’investissement du Programme cible national pour le développement socio-culturel, les zones rurales, les minorités ethniques et les régions montagneuses sur la période 2026-2035. Une décision stratégique majeure qui marque un tournant dans la gouvernance et le développement socio-économique du pays.

Le Vietnam ambitionne de ramener à moins de 10% le taux de pauvreté multidimensionnelle dans les zones montagneuses et peuplées de minorités ethniques.
Photo : VNA/CVN

Plus de 808.000 milliards de dôngs doivent y être consacrés, avec une priorité accordée aux territoires les plus défavorisés. Au-delà de l’importance de cette enveloppe budgétaire, ce choix traduit une nouvelle approche de la gouvernance : mieux coordonner les politiques publiques, concentrer les moyens et éviter que certains territoires ou certaines populations ne restent à l’écart du développement.

Gagner en efficacité

Le programme couvrira l’ensemble du pays, avec une attention particulière portée aux communes et hameaux les plus pauvres, aux zones peuplées de minorités ethniques, ainsi qu’aux régions montagneuses, frontalières et insulaires. Il rassemble plusieurs programmes jusqu’ici distincts, consacrés notamment à la culture, à l’éducation et à la formation, au développement rural et à la réduction de la pauvreté, aux minorités ethniques et aux habitants des régions montagneuses, ainsi qu’à la santé et à la population.

C’est là l’une des principales nouveautés de cette réforme. Jusqu’ici, plusieurs programmes nationaux coexistaient, parfois avec des objectifs proches et des interventions qui se chevauchaient. L’Assemblée nationale a donc choisi de les intégrer dans un cadre unique. L’objectif est clair : mettre fin à la dispersion des ressources, limiter les doublons et rendre l’action publique plus cohérente.

Cette fusion ne signifie pas pour autant que certains bénéficiaires seront laissés de côté. Les programmes et les politiques déjà engagés doivent se poursuivre, tandis que les zones habitées par les minorités ethniques et les régions montagneuses resteront prioritaires, qu’il s’agisse des infrastructures, des moyens de subsistance, de l’éducation, de la santé, de la culture ou encore de la transformation numérique.

Car la croissance économique ne prend tout son sens que si elle profite à l’ensemble de la population. Les objectifs fixés pour 2030 donnent la mesure de cette ambition : le revenu moyen des habitants des zones rurales devrait atteindre entre deux fois et demie et trois fois le niveau enregistré en 2020. Chez les minorités ethniques, le revenu moyen devra représenter au moins la moitié de la moyenne nationale.

Culture et capital humain

Le pays ambitionne également de ramener à moins de 10% le taux de pauvreté multidimensionnelle dans les zones montagneuses et peuplées de minorités ethniques. Le carnet de santé électronique devrait, lui, être généralisé à l’ensemble de la population, tandis que le taux de malnutrition chronique chez les enfants de moins de cinq ans devra tomber sous la barre des 15%.

Le programme ne se limite d’ailleurs pas à la réduction de la pauvreté. Il porte aussi une vision de long terme, fondée sur deux leviers considérés comme essentiels : le capital humain et la culture.

D'ici 2030, le revenu moyen des habitants des zones rurales devrait atteindre entre deux fois et demie et trois fois le niveau enregistré en 2020. 
Photo : VNA/CVN

Dans le domaine de l’éducation, le Vietnam prévoit notamment de faire progressivement de l’anglais une véritable deuxième langue à l’école. D’ici à 2035, 60 établissements d’enseignement professionnel de niveau supérieur devront atteindre les standards de l’ASEAN-4. Six autres devront se rapprocher du niveau des pays du G20. L’objectif est également de compter au moins 12 universités parmi les 200 meilleures d’Asie et deux parmi les 100 meilleurs au monde dans certaines disciplines prioritaires.

La culture constitue l’autre grand pilier de cette stratégie. Le programme entend améliorer l’accès de la population aux activités culturelles, préserver le patrimoine et renforcer la formation dans les domaines artistiques et dans les industries culturelles. À l’horizon 2030, ces dernières devraient représenter 7% du PIB du pays

Points clés du méga-programme cible national à retenir

1. Fusion de quatre programmes majeurs

Afin d’éviter le chevauchement des politiques, la dispersion des fonds et la lourdeur bureaucratique constatés les années précédentes, l’État a fusionné quatre programmes cibles nationaux en une seule enveloppe globale : le développement culturel ; la modernisation et l’amélioration de la qualité de l’éducation et de la formation ; le développement rural de style nouveau et la réduction durable de la pauvreté, particulièrement dans les zones montagneuses et peuplées de minorités ethniques ; ainsi que la santé, la démographie et le développement.

2. Budget colossal

Pour la première phase du programme, de 2026 à 2030, l’Assemblée nationale a approuvé une enveloppe estimée à 808.558 milliards de dôngs. L’objectif principal de ce regroupement est d’optimiser l’efficacité de chaque dông dépensé en centralisant la gestion financière.

3. Objectifs fondamentaux

• Réduire les écarts de développement : réduire de manière inclusive et durable la pauvreté multidimensionnelle tout en comblant le fossé économique entre d’une part, les plaines et les zones urbaines, et d’autre part les régions montagneuses ou reculées.

• Préserver l’identité culturelle : améliorer la qualité de vie matérielle et spirituelle des communautés, tout en préservant l’identité culturelle unique des 53 minorités ethniques du Vietnam.

• Renforcer l’autonomie locale : la résolution instaure une décentralisation accrue. Les autorités locales disposeront davantage de souplesse pour allouer directement les ressources sur le terrain, sans attendre de multiples validations hiérarchiques.

4. Garantir la continuité

L’Assemblée nationale a expressément stipulé que cette fusion administrative ne devait en aucun cas restreindre ou réduire les droits, les priorités et les bénéfices dont jouissaient jusqu’alors les minorités ethniques et les zones prioritaires. Le passage des quatre anciens programmes au nouveau dispositif devra s’effectuer dans le cadre d’un mécanisme de transition fluide, afin d’éviter toute rupture des aides.

Thê Linh/CVN

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