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| Combinaison d'images réalisée le 6 octobre 2026 avec, de gauche à droite, Pedro Sánchez à Palma de Majorque le 29 juillet 2025, Alberto Núñez Feijóo à Madrid le 28 juillet 2022, et Santiago Abascal à Madrid le 10 juillet 2023. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Le socialiste Pedro Sánchez, le conservateur Alberto Núñez Feijóo et le leader d'extrême droite Santiago Abascal seront les principaux protagonistes des prochaines législatives en Espagne.
Tout ou rien
On l’a donné politiquement mort à plusieurs reprises, mais il a toujours réussi à rebondir. Depuis son arrivée à la tête du Parti socialiste (PSOE) en 2014, Pedro Sánchez a bâti sa carrière sur des paris inattendus, et convoquer des élections pour le 29 novembre pour tenter de conserver le pouvoir est probablement l'un des plus risqués.
Le dirigeant de 54 ans, au pouvoir depuis 2018, aborde ce scrutin affaibli, notamment par les affaires judiciaires touchant ses proches. Tous les sondages lui prédisent une défaite face au Parti populaire (PP) d'Alberto Núñez Feijóo.
Pour conjurer le sort, il devra notamment compter sur un bon résultat de la gauche radicale, unie lors du scrutin de 2023, mais qui apparaît aujourd’hui très divisée et fragilisée.
"Aucun sondage ne laisse entrevoir la moindre possibilité, même lointaine, que Sánchez puisse reconduire le gouvernement" de coalition, tranche Pablo Simón, politologue à l'université Carlos III de Madrid.
Selon l’analyste, le pari de Sánchez consiste à "concentrer tout le vote utile de gauche" afin de "finir comme première force politique" devant le PP, même sans garantie de pouvoir gouverner.
Quoi qu’il en soit, cet économiste de formation, qui met en avant son rayonnement international et les bonnes performances économiques du pays, cherche à mobiliser l'électorat de gauche en défendant notamment des mesures destinées à améliorer l’accès au logement, en réponse à la vague de manifestations qui secoue l'Espagne depuis une dizaine de jours.
Finir le travail
Arrivé à Madrid après avoir dominé la politique régionale en Galice (Nord-Ouest) pendant plus d’une décennie, Alberto Núñez Feijóo a subi une dure déconvenue lorsque son parti a fini en tête des élections de 2023, mais sans que lui ne parvienne à entrer au palais de la Moncloa, Pedro Sánchez ayant réussi à négocier une majorité parlementaire.
"Je suis prêt", ne cesse désormais de répéter ce haut fonctionnaire de 65 ans qui revendique son pragmatisme, porté par des sondages qui le donnent largement vainqueur en novembre... mais, une nouvelle fois, sans obtenir la majorité absolue.
"Quoi que fasse le PP, il ne peut pas parvenir à la Moncloa sans le concours de Vox", le parti d'extrême droite de Santiago Abascal, résume Pablo Simón, rappelant que les deux partis gouvernent déjà ensemble dans plusieurs régions espagnoles.
D’abord très critique à l’égard de Vox, Feijóo a progressivement adouci son discours et a même déclaré qu’il respecterait le verdict des urnes, laissant ainsi la porte ouverte à un accord national.
Un faiseur de roi
"En novembre, les Espagnols ont l’occasion de se débarrasser définitivement de cette mafia criminelle", s’est réjoui après la convocation des législatives anticipées le leader de Vox Santiago Abascal, 50 ans, qui n'hésite pas à comparer Pedro Sánchez à un "traître" devant être jugé.
Mais le dirigeant de Vox, dont le parti fondé en 2013 a permis le retour sur le devant de la scène d’une extrême droite qui restait marginale en Espagne depuis la fin de la dictature franquiste, est également très critique envers le PP, une "petite droite lâche" à ses yeux.
Dans les sondages, le parti d'Abascal, un ancien militant du PP à la carrure athlétique et à la barbe soigneusement taillée, est celui qui progresse le plus et est désormais la troisième force politique du pays.
Abascal "se regarde parfois dans le miroir et s’imagine vice-président" du gouvernement, ironise Paloma Román, politologue à l’université Complutense de Madrid, persuadée que Vox voudra entrer au gouvernement aux côtés du PP.
Si Vox s’est d’abord fait connaître par son opposition frontale à l’indépendantisme catalan, le parti met désormais en avant un discours anti-immigration, qu'il a notamment porté lors de la crise migratoire de Ceuta durant l'été.
Santiago Abascal a déjà annoncé les conditions qu’il entend imposer à la droite pour prix de son soutien: "la priorité nationale" dans l'accès aux aides sociales "afin que les Espagnols ne soient pas discriminés sur leur propre terre", et la "remigration, pour inverser l’invasion migratoire".
AFP/VNA/CVN




