>> Réunion de coordination en vue de la première session non ordinaire de l'AN
>> Le dirigeant Tô Lâm appelle à traduire les résolutions en actions concrètes
![]() |
| Le modèle de "services publics mobiles" illustre une approche concrète d’une administration au service de la population, plaçant les citoyens au cœur de la réforme et de la transformation numérique. |
| Photo : VNA/CVN |
Après plus d’un an de réorganisation et de rationalisation de l’appareil administratif et de mise en place du modèle d'administration locale à deux niveaux, des premiers résultats sont enregistrés. Mais de nombreux défis restent à relever, notamment en matière de décentralisation, de gestion des cadres, de biens publics, de transformation numérique et d’éducation.
Récemment, lors de son 3e Plénum, le Comité central du Parti, XIVe mandat, a demandé de poursuivre l’"ajustement" de l’organisation interne, tout en réorientant l’action vers la qualité du fonctionnement, les capacités de gouvernance et l’efficacité du service rendu à la population. Le Bureau politique a adopté le Plan N°06-KH/TW, qui comprend 72 groupes de tâches, avec pour chacun une agence responsable, un calendrier et une feuille de route précis.
Un appareil plus compact doit avant tout être plus efficace. Le principe selon lequel le niveau central définit les orientations et crée les conditions, la province coordonne et la commune met en œuvre, doit être concrètement traduit dans les faits. Tout échelon auquel une mission est confiée doit disposer des compétences, des cadres et des ressources nécessaires pour l’accomplir. Transférer des responsabilités sans transférer les moyens correspondants ni définir clairement les responsabilités risque d’entraîner des retards et des renvois de responsabilité, notamment au niveau local.
À l’Assemblée nationale, plusieurs députés ont souligné que la simplification des procédures ne devait pas conduire à une dilution des responsabilités. Dans le modèle à deux niveaux, la province doit notamment assurer la prise de décision, la gestion des bases de données et la responsabilité juridique, tandis que la commune doit rester au plus près du terrain, recueillir les préoccupations de la population, détecter les infractions et participer au contrôle a posteriori. L’objectif est qu’une procédure dispose d’un seul point de réception, d’un dossier électronique unique et d’un résultat unique. Les informations déjà détenues par l’État doivent être partagées entre administrations, afin que les citoyens n’aient pas à les fournir à nouveau.
La rationalisation ne peut être dissociée de la transformation numérique. Les données doivent être "exactes, complètes, propres, vivantes, unifiées et partagées". Cela suppose toutefois que les agents publics sachent exploiter les données et travailler dans un environnement numérique. Sans interconnexion des bases de données, la décentralisation restera difficile à mettre en œuvre. De même, si les agents ne disposent pas des compétences requises, les nouvelles responsabilités risquent de se traduire par une charge de travail supplémentaire plutôt que par une amélioration de l’efficacité.
![]() |
| Séance de clôture du 3e Plénum du Comité central du Parti (XIVe mandat). |
| Photo : VNA/CVN |
La question des ressources humaines reste donc centrale. Les contrôles menés à Tuyên Quang, Cao Bang et Cà Mau ont notamment porté sur l’affectation des cadres après les réorganisations. À Cà Mau, depuis le 1er janvier 2025, 774 décisions d’affectation, de nomination ou de présentation de candidatures ont été prises pour répondre aux exigences du nouveau modèle administratif. La province a également réorganisé les unités résidentielles locales, ramenées à 830, soit 563 de moins, et réglé la situation de 1.287 agents exerçant des fonctions à temps partiel au niveau communal.
Ces chiffres illustrent l’ampleur de la réforme, mais la rationalisation ne saurait se mesurer uniquement au nombre d’organismes supprimés. Les cadres doivent être affectés en fonction de leurs compétences et des besoins, tandis que les communes doivent disposer d’effectifs et d’expertises suffisants. La gestion des effectifs doit ainsi tenir compte des données démographiques, de la superficie, des spécificités territoriales et du volume de travail, afin d’éviter toute uniformisation excessive.
L’éducation constituera un test concret de l’efficacité du nouveau modèle administratif. À l’approche de l’année scolaire 2026-2027, la Directive N°31/CT-TTg du Premier ministre appelle les administrations locales à accorder une attention particulière à ce secteur. Il ne s’agit plus seulement de garantir suffisamment d’écoles, de classes et d’enseignants, mais de passer de la "gestion de l’éducation" à une véritable "gouvernance du développement de l’éducation".
À Hà Tinh, sur 652 établissements publics recensés au 30 juin 2026, 290 écoles et cinq centres de formation professionnelle et d’éducation permanente devraient subsister après réorganisation. Mais la province affirme ne pas vouloir réduire les structures à tout prix : les anciens sites scolaires seront maintenus lorsque cela est nécessaire pour éviter aux élèves de parcourir de longues distances.
À Hanoï, le quartier de Cua Nam a regroupé neuf écoles publiques en quatre établissements, tout en maintenant les sites d’enseignement afin de limiter les perturbations. Dans la commune de Xuan Mai, 18 écoles seront réorganisées en sept établissements.
La réduction du nombre d’établissements n’est toutefois qu’une première étape. La qualité de l’enseignement doit être préservée en tenant compte de la démographie, de la répartition de la population, des distances de déplacement et des conditions propres à chaque territoire. La réorganisation des postes de direction doit aller de pair avec le renforcement des enseignants directement en classe.
La gestion des biens publics excédentaires constitue également un enjeu majeur. À Hanoï, une inspection spécialisée a relevé 70 sites immobiliers dont le plan de traitement n’est pas encore achevé, ainsi que 263 sites relevant de 65 quartiers et communes dont les dossiers fonciers restent incomplets. Au total, 29 sites représentant 221.438 m² de terrain et 19.855 m² de surface bâtie doivent être rapidement remis en exploitation afin de libérer des ressources au service de la population.
La réforme entre ainsi dans une nouvelle phase : après la réorganisation initiale, la priorité est désormais à la qualité du fonctionnement. Le principe est simple : un appareil plus compact doit fonctionner de manière plus stable, avec des responsabilités clairement définies, des ressources adaptées, des données au service de la gouvernance et des biens publics utilisés efficacement. L’objectif final reste que chaque tâche ait un responsable clairement identifié et que la population bénéficie d’un service public meilleur et plus efficace.
VNA/CVN



