Quand l’ikebana, l’art floral japonais, fait onduler la lune au cœur de Hanoi

Le Musée des beaux-arts du Vietnam a récemment accueilli l’événement inaugural "Sazanami Vol. 1", placé sous le thème "Sóng Trăng" (Vagues de lune), visant à faire découvrir au public l’art japonais de l’ikebana grâce à une démonstration en direct du professeur Furukawa Hirotaka, de l’Institut central Ikenobo du Japon.

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L’événement, organisé par Ikenobo Vietnam Tachibanakai, a présenté trois compositions illustrant les styles emblématiques d’Ikenobo. La pièce maîtresse, inspirée de la légendaire princesse du bambou Kaguya-hime, associait des tiges de bambou verticales et des bandes de tissu blanc pour évoquer le reflet de la lune ondulant à la surface de l’eau, le tout disposé dans un vase bas reflétant l’image sereine de l’astre lunaire.

L’œuvre puise sa source dans le reflet de la lune sur l'eau, capturant le paradoxe d'une image à la fois figée dans l'instant et animée d'un mouvement éternel.
Photo : TTVH/CVN

Loin d’être une œuvre figée et livrée clé en main, "Vagues de lune" se déploie en temps réel sous le regard du public. C’est de la rencontre entre le bambou, les tiges florales, les branches et le vide environnant que surgissent, petit à petit, les lignes de force de la composition. Du tri méticuleux d’un rameau à la précision millimétrée d’une inclinaison en passant par l’épuration volontaire de l’espace, chaque geste minutieux de l’artiste insuffle à la structure sa forme définitive et son âme.

Le professeur Furukawa Hirotaka a expliqué que l’Ikebana commence par le prélèvement de branches et de feuilles dans la nature, leur conférant une existence renouvelée au moment de la coupe. Le respect de la vie végétale constitue la philosophie fondamentale de cet art, qui trouve un équilibre entre lignes structurelles et espaces vides, ainsi qu’entre la vitalité des fleurs et l’immobilité de l’environnement.

Loin d’être un simple alignement de tiges à vocation esthétique, l’ikebana incarne une véritable quête spirituelle pour le professeur Furukawa Hirotaka. Érigée au fil des siècles en "Voie des fleurs", cette discipline séculaire dépasse la seule recherche visuelle : elle s’impose comme une philosophie globale, un prisme unique pour décoder la nature, l’humanité et les liens profonds qui les unissent.

Cette essence prend toute sa dimension au cœur de "Vagues de lune". Dans cette œuvre, l’artiste saisit la magie du clair de lune se mirant sur l’eau, capturant cette illusion d’optique fascinante d’une image fixe pourtant animée d’un mouvement perpétuel. Au rythme des clapotis, la clarté astrale se fragmente puis se recompose, métamorphosant de multiples éclats scintillants en un unique et majestueux disque lunaire. Le bambou, indissociable de l’imaginaire lunaire et des récits traditionnels japonais, trouve lui aussi sa place au cœur de l’œuvre.

Le professeur Furukawa Hirotaka a relevé des traits culturels communs aux Vietnamiens et aux Japonais, notamment un respect mutuel pour le patrimoine et un lien profond avec la nature.

"Sazanami" - qui signifie rides sur l’eau, vaguelettes, ondulations sur l’eau en japonais- incarne l’esprit directeur de cette série d’événements. À travers des démonstrations en direct, le public a pu découvrir le processus de création de près, observant comment chaque branche sélectionnée et chaque détail ajusté façonnent la narration de l’œuvre finale.

Bien que le premier volet ait pris fin, les résonances émotionnelles suscitées par le professeur Furukawa Hirotaka et l’association Ikenobo Vietnam Tachibanakai devraient se propager largement parmi les amoureux de l’art et de la nature au Vietnam.

VNA/CVN

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