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Des rangées d’arbres centenaires aux rues et aux trottoirs, en passant par les anciens quartiers, les villas, les maisons traditionnelles et les espaces riverains, chaque élément contribue à façonner le visage et la mémoire de Hô Chi Minh-Ville.
Selon plusieurs experts en culture et en architecture, la conception de la préservation urbaine a évolué. Il ne s’agit plus seulement de protéger des édifices isolés, mais de considérer le patrimoine dans son interaction avec les ensembles architecturaux, les paysages culturels et la vie des communautés.
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| Un coin de Hô Chi Minh-Ville. |
| Photo : ST/CVN |
Cette approche est d’autant plus nécessaire à Hô Chi Minh-Ville que son histoire urbaine s’est construite au fil de différentes strates, étroitement liées aux cours d’eau, aux activités portuaires et commerciales, à l’industrie ainsi qu’aux quartiers traditionnels.
Le Docteur en architecture Hoàng Anh Tú, de l’Université d’architecture de Hô Chi Minh-Ville, estime que les menaces pesant sur le patrimoine urbain ne se limitent pas à la disparition de bâtiments. Elles tiennent également à la rupture des relations spatiales, à l’altération des perspectives et de la ligne d’horizon, ainsi qu’à la disparition de la vie communautaire liée aux lieux.
La préservation ne doit donc ni entraver le développement ni transformer la ville en musée. Elle doit plutôt déterminer les degrés de transformation acceptables afin de permettre à la métropole de conserver son identité tout en s’adaptant au contexte contemporain.
À Hô Chi Minh-Ville, les pressions sont de plus en plus manifestes. Les secteurs autrefois associés aux activités portuaires, aux entrepôts et à l’industrie le long des rivières connaissent d’importantes mutations. Parallèlement, les villas anciennes et les maisons traditionnelles subissent la pression de la hausse de la valeur immobilière, des besoins commerciaux et de la volonté d’améliorer les conditions de vie.
Toutefois, souligne également le docteur en architecture Hoàng Anh Tú, la préservation des paysages ne saurait se limiter aux bâtiments eux-mêmes. L’installation incontrôlée d’enseignes et de panneaux publicitaires sur les édifices patrimoniaux ou à proximité peut obstruer les perspectives, dégrader la qualité paysagère et rendre le patrimoine moins identifiable. La gestion urbaine doit donc conjuguer respect de la législation, qualité esthétique et valorisation des éléments qui ont façonné l’identité de la ville.
Préserver le patrimoine tout en lui insufflant une nouvelle vitalité
L’un des principaux défis actuels réside dans la conciliation entre la préservation du patrimoine et les impératifs du développement.
Pour les bâtiments appartenant à des propriétaires privés, les obligations de conservation peuvent devenir un fardeau en l’absence de mécanismes de soutien adaptés. À l’inverse, si les rénovations et les changements d’affectation sont laissés sans encadrement, les caractéristiques patrimoniales risquent de s’effacer rapidement.
Selon un rapport du Service de la planification et de l’architecture de Hô Chi Minh-Ville, en 2024, la ville comptait environ 595 villas anciennes soumises à un classement et à un régime de gestion conformément à la Loi sur le logement. Parmi elles, les villas du groupe 3, régies par les dispositions ordinaires de la législation en matière de construction et d’urbanisme, sont les plus exposées aux risques de démolition et de remplacement.
Certaines villas, dont la valeur immobilière est particulièrement élevée, subissent également des pressions liées à leur cession ou à leur changement d’affectation. Le cas de la villa située au 43, rue Nguyên Dinh Chiêu, dans le quartier de Sài Gòn, est révélateur : après avoir obtenu l’autorisation de changer d’affectation, elle a été démolie et remplacée par un immeuble d’appartements avec services. Cet exemple illustre la rapidité avec laquelle le patrimoine urbain peut disparaître sous l’effet des transformations immobilières.
Face à cette réalité, Hô Chi Minh-Ville élabore actuellement un programme de protection et de valorisation du patrimoine culturel pour la période 2026-2030. Celui-ci vise à concilier la préservation du patrimoine et des écosystèmes avec le développement urbain.
Le programme prévoit d’encourager et de soutenir les organisations et les particuliers dans la restauration, la protection et la valorisation des secteurs présentant un intérêt culturel ou historique, ainsi que des édifices architecturaux remarquables. Il établit comme principes prioritaires la conservation des éléments d’origine, le respect de l’authenticité et de l’intégrité du patrimoine, ainsi que la recherche d’un équilibre entre les intérêts de l’État, des communautés et des propriétaires.
Le dispositif devrait également prévoir des aides couvrant différentes étapes : études de terrain, inventaires, constitution de dossiers scientifiques, planification, conception urbaine et amélioration des infrastructures contribuant directement à la protection et à la valorisation des sites concernés.
Enfin, en mettant l’accent sur la préservation globale des espaces culturels et des paysages, le programme prévoit d’associer les populations concernées à son élaboration et à sa mise en œuvre, en veillant à obtenir leur participation et leur adhésion.
Minh Thu/CVN



