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| Le gouffre abrite un écosystème isolé, caractérisé notamment par de grands arbres arrivés à maturité et des formations géologiques susceptibles. |
| Photo : VNA/CVN |
Un gouffre d’environ 120 mètres de profondeur a été exploré dans le Parc national de Phong Nha - Ke Bàng, dans la province de Quang Tri (Centre). Il abrite un écosystème isolé, caractérisé notamment par de grands arbres arrivés à maturité et des formations géologiques susceptibles d’apporter de nouveaux éclairages sur l’histoire naturelle de la région.
Lê Luu Dung, directeur de l’agence de tourisme d’aventure Jungle Boss, a annoncé jeudi qu’une expédition réunissant des experts de l’American Caving Association, des membres de Jungle Boss et des représentants de la direction du parc avait mené une étude approfondie de ce gouffre, situé dans la zone de Chà Noi-Khe Gat.
De forme ovale, son ouverture mesure environ 190 m de long sur 140 m de large. À l’intérieur, la cavité s’élargit pour atteindre quelque 250 m de longueur et 200 m de largeur, pour une profondeur d’environ 120 m. Cette configuration singulière forme une vaste dépression au cœur des montagnes calcaires environnantes, dont la forme évoque un bol renversé.
Le site a été repéré grâce à l’analyse d’images satellites. Kevin Ditamore, spécialiste expérimenté des cavités souterraines affilié à l’American Caving Association (Association américaine de spéléologie), a remarqué une zone anormalement sombre en examinant le terrain sur Google Earth. L’équipe a ensuite effectué trois reconnaissances par drone afin de localiser précisément le site.
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| De forme ovale, l'ouverture du gouffre mesure environ 190 m de long sur 140 m de large. |
| Photo : VNA/CVN |
Une première équipe de reconnaissance, composée de dix personnes, dont deux gardes forestiers locaux, est partie le 27 avril 2025 pour tenter d’atteindre le gouffre. Cependant, la difficulté du terrain, la rareté de l’eau et les conditions de progression ardues ont contraint l’équipe à faire demi-tour dès le troisième jour, après avoir tout de même atteint le bord de la cavité.
Après des préparatifs complémentaires, une expédition de 24 personnes, comprenant des spécialistes des cavités, du personnel technique de Jungle Boss et des gardes forestiers, est retournée sur les lieux du 23 au 29 juillet 2025 afin de mener une exploration plus détaillée.
L’équipe a parcouru plus de 20 km à travers une forêt dense et des massifs calcaires aux arêtes tranchantes, dans une zone où l’accès à l’eau potable est très limité. Sur place, les spécialistes ont utilisé des équipements adaptés et installé des cordes de sécurité pour descendre dans la cavité, en mesurer les dimensions et en documenter les caractéristiques géologiques.
L’une des découvertes les plus remarquables a été la présence, au fond du gouffre, d’un écosystème naturel florissant, comprenant notamment de nombreux grands arbres parvenus à maturité.
L’expédition a également mis en évidence d’importantes accumulations de coquillages et de coquilles d’escargots près des parois rocheuses, ainsi que de nombreux ossements de singes. Ces éléments pourraient servir de base à des recherches approfondies sur l’évolution géologique de la zone, les conditions environnementales passées et la faune locale.
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| Les spécialistes ont utilisé des équipements adaptés et installé des cordes de sécurité pour descendre dans la cavité, en mesurer les dimensions et en documenter les caractéristiques géologiques. |
| Photo : VNA/CVN |
L’équipe a par ailleurs examiné les parois rocheuses à la recherche d’indices permettant d’établir une connexion entre le gouffre et le réseau de grottes souterraines environnant. Les chercheurs ont découvert une fissure d’environ cinq mètres de haut, qui s’enfonce de 12 à 15 m dans la roche. Aucun courant d’air n’a été détecté à travers cette ouverture. En outre, les zones situées au pied de la paroi rocheuse, ainsi que les endroits présentant des traces d’écoulement d’eau, étaient ensevelis sous des débris provenant d’éboulements antérieurs.
L’expédition n’a donc pas permis d’établir de lien direct entre le gouffre et un éventuel réseau de grottes souterraines.
Cette étude contribue à approfondir les connaissances sur les caractéristiques géologiques, géomorphologiques et écologiques du parc national de Phong Nha - Ke Bàng, réputé pour ses vastes formations calcaires, ses rivières souterraines et ses réseaux complexes de grottes.
Le parc a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2003 en raison de sa valeur géologique et géomorphologique exceptionnelle. Sa biodiversité et son importance écologique ont été davantage reconnues lors de l’extension du site en 2015. En 2025, il a été intégré à un bien du patrimoine mondial transfrontalier partagé avec le parc national de Hin Nam No, au Laos.
VNA/CVN





