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| Le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement a publié les "Scénarios actualisés sur le changement climatique pour 2025". |
| Photo : Dô Phong/CVN |
Lors d’un séminaire organisé le 9 octobre par le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, consacré à la présentation des "Scénarios actualisés sur le changement climatique au Vietnam (édition 2025)", le vice-ministre Lê Trong Yên a souligné que "le changement climatique exerce des effets de plus en plus profonds et étendus sur le développement socio-économique, les ressources naturelles, l’environnement et la vie des populations. Par conséquent, anticiper les évolutions climatiques futures, évaluer les dangers et les risques potentiels et préparer des mesures de réponse revêt une importance capitale pour le développement national".
La Conclusion N°75-KL/TW, adoptée le 28 juillet 2026 lors de la troisième session plénière du XIVe Comité central du Parti et portant sur la protection de l’environnement et la réponse proactive au changement climatique dans la nouvelle ère, définit la lutte proactive contre le changement climatique, l’atténuation des risques de catastrophe ainsi que le renforcement de la sécurité des populations et de l’économie comme des missions prioritaires pour cette nouvelle période. Dans ce contexte, l’actualisation des scénarios climatiques pour le Vietnam revêt une importance majeure : elle fournit une base scientifique indispensable à la gestion, à l’élaboration des politiques, à la planification stratégique, à la gestion des risques, à l’adaptation proactive au changement climatique et au développement socio-économique.
Depuis leur première publication en 2009, les scénarios climatiques pour le Vietnam ont été actualisés en 2012, 2016 et 2020. Chaque nouvelle version a permis d’affiner progressivement les bases scientifiques, les méthodes et les données utilisées pour évaluer les impacts, identifier les risques et élaborer des stratégies et des plans de développement socio-économique à l’échelle nationale.
Températures, précipitations et événements extrêmes
Selon l’Institut de météorologie, d’hydrologie, de l’environnement et des sciences marines, la nouvelle version se distingue des précédentes par l’actualisation des méthodes, des données et de la résolution spatiale. Elle apporte également des informations plus détaillées sur les facteurs climatiques, les événements extrêmes, l’élévation du niveau de la mer, les risques d’inondation et les changements climatiques en milieu urbain.
Les scénarios de 2025 ont été actualisés conformément au sixième rapport d’évaluation (AR6) du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), afin de tenir compte des avancées scientifiques et des normes internationales. Parmi les améliorations figurent des données affinées à l’échelle communale, des mises à jour décennales, une présentation plus accessible ainsi que l’intégration d’illustrations, de graphiques et de guides pratiques. Un système d’information géographique en ligne (WebGIS), compatible avec différents formats de données, a également été mis en place pour faciliter la consultation des informations, l’évaluation des impacts et l’élaboration de plans d’adaptation.
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| Le vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Lê Trong Yên, prend la parole lors du séminaire consacré à la présentation des "Scénarios actualisés sur le changement climatique au Vietnam (édition 2025)". |
| Photo : Dô Phong/CVN |
Le vice-ministre Lê Trong Yên a réaffirmé qu’il était crucial pour le développement du pays d’anticiper les évolutions climatiques futures, d’évaluer les risques associés et de préparer des stratégies de réponse adaptées.
La version 2025 s’appuie sur les "trajectoires socio-économiques partagées" (SSP), issues du sixième rapport d’évaluation du GIEC, qui remplacent les "trajectoires représentatives de concentration" (RCP) utilisées précédemment. Elle retient la période 1995-2014 comme référence, intègre des données régionalisées issues de la sixième phase du Projet d’intercomparaison des modèles couplés (CMIP6) et ajoute des paramètres relatifs au vent et au rayonnement solaire. Elle prend également en compte la température de surface de la mer et propose des scénarios correspondant à différents seuils de réchauffement climatique, déclinés à l’échelle communale et pour les grandes agglomérations. Des projections des impacts sont par ailleurs intégrées pour des secteurs sensibles au climat, tels que l’agriculture, la santé et la construction.
Les projections climatiques sont, par nature, hypothétiques et soumises à trois principales sources d’incertitude : la variabilité interne du système climatique, les limites inhérentes aux modèles climatiques et les différences entre les scénarios d’émissions. L’identification et l’analyse de ces incertitudes sont essentielles pour interpréter correctement les résultats des simulations, renforcer la fiabilité des évaluations des risques et éclairer les décisions politiques à long terme, dans un contexte climatique de plus en plus complexe.
Selon un représentant de l’Institut, la version 2025 fournit des informations sur les phénomènes météorologiques extrêmes correspondant à des seuils de réchauffement de 1,5°C, 2°C, 3°C et 4°C. À mesure que le réchauffement s’accentue, les phénomènes extrêmes, notamment les vagues de chaleur et les fortes précipitations, tendent à devenir plus fréquents et plus intenses.
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| Infographie : Nguyên Tùng/CVN |
Dans le scénario de réchauffement élevé, le nombre de jours chauds pourrait augmenter de plus de 50 jours d’ici à la fin du XXIe siècle, tandis que celui des jours de forte chaleur progresserait d’environ 20 jours. Parallèlement, le nombre de jours de froid intense dans le Nord et le Centre-Nord diminuerait fortement.
Les précipitations maximales sur un et cinq jours pourraient augmenter de 30 à 40% dans le Nord et le Sud. Le nombre de jours de fortes pluies devrait également progresser sensiblement, notamment dans le Sud. Dans certaines régions du Nord, des hauts plateaux du Centre et du Sud, le nombre de jours enregistrant plus de 100 mm de précipitations pourrait augmenter de 80 à 100% dans le scénario de réchauffement élevé.
Pour la première fois, les scénarios de 2025 consacrent une analyse approfondie aux zones urbaines, en particulier à Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville. Ils prennent simultanément en compte les effets du réchauffement climatique et de l’urbanisation, permettant ainsi de mieux cerner l’évolution des températures, des vagues de chaleur, des îlots de chaleur urbains et des pluies extrêmes.
Les précipitations annuelles devraient ainsi augmenter, notamment dans les centres-villes. Les estimations indiquent que, tout au long du XXIe siècle, les changements climatiques en milieu urbain accentueront considérablement les risques à Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville. Les principaux dangers concernent les chaleurs extrêmes, le stress thermique pour la santé publique, l’augmentation des besoins énergétiques liés au refroidissement et les inondations urbaines provoquées par les fortes précipitations.
"La combinaison des effets du changement climatique et de l’urbanisation accroît le risque d’événements extrêmes, au-delà des capacités d’adaptation des infrastructures et des services urbains actuels en l’absence d’interventions opportunes", indique le rapport.
Actualiser les stratégies et plans de développement
Dans les scénarios de 2025, les estimations de l’élévation du niveau de la mer dans la Mer Orientale et le long des côtes vietnamiennes ont été actualisées. Une carte des risques d’inondation liés à cette élévation a également été élaborée. D’ici à 2100, l’élévation moyenne du niveau de la mer dans l’ensemble de la mer Orientale est estimée à environ 46,1 cm dans le scénario bas et à 63,7 cm dans le scénario haut.
Sur l’ensemble du littoral vietnamien, l’élévation moyenne du niveau de la mer à la fin du siècle atteindrait environ 61,9 cm dans le scénario haut, avec une limite supérieure pouvant aller jusqu’à 82 cm. La carte des risques d’inondation fait apparaître des différences marquées entre les régions. Le delta du Mékong est la zone la plus exposée, tandis que de nombreuses zones côtières du Nord et du Centre présentent des taux d’inondation plus faibles en raison de leurs caractéristiques topographiques.
Les scientifiques soulignent toutefois que cette carte évalue les risques d’inondation statique liés à l’élévation du niveau de la mer, sans simuler pleinement les effets des marées, des crues, de l’évolution du trait de côte et des systèmes de digues. Les résultats doivent donc être considérés comme une première base permettant d’identifier les zones à risque. Des études plus approfondies, tenant compte des conditions propres à chaque localité, restent nécessaires pour concevoir des projets et élaborer des plans de prévention et de gestion des catastrophes naturelles.
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| La Professeure agrégée et Docteure Pham Thi Thanh Ngà, directrice de l’Institut de météorologie, d’hydrologie, de l’environnement et des sciences marines. |
| Photo : Dô Phong/CVN |
Les scénarios d’élévation du niveau de la mer ne constituent donc pas des prévisions précises du moment où des inondations surviendront ni de leur ampleur en un lieu donné. Leur intérêt réside dans la mise à disposition d’une base scientifique pour évaluer les risques, déterminer les domaines nécessitant des recherches prioritaires et sélectionner des mesures d’adaptation appropriées.
La Professeure agrégée et Docteure Pham Thi Thanh Ngà, directrice de l’Institut de météorologie, d’hydrologie, de l’environnement et des sciences marines, a souligné que les scénarios climatiques ne constituaient pas des prévisions. Il s’agit de projections hypothétiques, fondées sur des bases scientifiques, qui décrivent les évolutions climatiques possibles à partir des relations entre les activités socio-économiques, les émissions de gaz à effet de serre, le changement climatique et l’élévation du niveau de la mer.
Par conséquent, l’utilisation efficace des scénarios nécessite de tenir compte des incertitudes et de choisir le scénario le mieux adapté à l’objectif visé. Pour la planification et la conception de projets associés à des échéances précises, l’Institut recommande de s’appuyer sur les scénarios bas, moyen et haut. En revanche, l’évaluation des risques et l’élaboration de trajectoires d’adaptation flexibles peuvent s’appuyer sur les projections correspondant à différents seuils de réchauffement climatique.
Afin que les scénarios climatiques contribuent davantage à l’élaboration et à l’actualisation des stratégies, des plans d’aménagement et des programmes de développement pour la nouvelle période, tout en soutenant les activités de recherche et de formation, le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement a annoncé qu’il continuerait à demander aux unités concernées de se concentrer sur la mise en œuvre des principales missions. Ces efforts visent également à contribuer à l’application effective de la Conclusion N°75-KL/TW, de la Décision N°1422/QĐ-TTg et de la Décision N°896/QĐ-TTg.
Le vice-ministre Lê Trong Yên a demandé au Département du changement climatique de prendre la tête, en coordination avec les unités concernées, des travaux visant à élaborer d’urgence la loi sur le changement climatique, qui sera prochainement soumise à l’Assemblée nationale pour examen et adoption. Il a également appelé à renforcer le rôle de coordination nationale du Département, en étroite collaboration avec les ministères, les secteurs et les collectivités territoriales, afin de fournir des conseils et un soutien technique pour l’exploitation des scénarios climatiques et l’intégration de leurs données dans les plans d’aménagement et de développement.
Le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement invite les ministères, les secteurs, les collectivités territoriales, les entreprises et les organisations sociales à intégrer activement les données des scénarios climatiques dans leurs stratégies, leurs plans d’aménagement et de développement, leurs plans de production et d’activité, leurs projets d’investissement à long terme ainsi que leurs dispositifs de gestion des risques. L’objectif est de renforcer leur résilience et leur capacité à anticiper les évolutions climatiques.
La direction du ministère a également demandé à l’Institut de météorologie, d’hydrologie, de l’environnement et des sciences marines de poursuivre l’actualisation des scénarios afin d’en améliorer la résolution spatiale et la fiabilité. Elle l’a en outre invité à collaborer étroitement avec les ministères, les secteurs et les collectivités territoriales pour élaborer des scénarios d’impact et évaluer les risques et les pertes liés au changement climatique dans chaque secteur, domaine et territoire.
Nguyên Tùng/CVN







