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| Le lac Tà Dung, situé dans la province de Lâm Dông (Hauts Plateaux du Centre) appartient au bassin du fleuve Dông Nai. |
| Photo : VNA/CVN |
Ce message fort a été au cœur de la conférence intitulée "Mettre en œuvre la Loi sur les ressources en eau : gestion proactive, réglementation et exploitation efficace de l’eau" organisée mardi 20 octobre à Hanoï par le Département de gestion des ressources en eau du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement et du journal "Nông nghiêp và Môi truong" (Agriculture et Environnement).
L’eau n’est pas une ressource inépuisable, a souligné Ly Thi Hông Diêp, rédactrice en chef adjointe du journal. Selon elle, le Vietnam doit impérativement dépasser la gestion traditionnelle pour garantir sa sécurité hydrique. Cela passe par de meilleures prévisions, une régulation plus stricte et une distribution optimisée, tout en liant l’exploitation de la ressource à sa protection et à sa restauration.
La Loi sur les ressources en eau de 2023, entrée en vigueur le 1er juillet 2024, marque un tournant majeur : elle délaisse la logique traditionnelle des permis d’utilisation au profit d’une gestion intégrée par bassin versant, harmonisant les besoins des différents secteurs et localités. Ce nouveau cadre juridique introduit des outils tels que l’élaboration de scénarios prospectifs, la répartition planifiée des ressources et la gestion coordonnée des réservoirs.
Toutefois, ces outils ne porteront leurs fruits que s’ils se traduisent par des décisions concrètes permettant de garantir l’approvisionnement des ménages et des activités de production.
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| Ly Thi Hông Diêp, rédactrice en chef adjointe du journal "Nông nghiêp và Môi truong" (Agriculture et Environnement) prend la parole lors de la conférence. |
| Photo : Câp Thoat Nuoc Viet Nam/CVN |
Selon Nguyên Ngoc Hà, directeur général adjoint du Centre national de planification et d’étude des ressources en eau, les prévisions météorologiques et hydrologiques mesurent les précipitations et le débit des cours d’eau. En parallèle, les scénarios de gestion permettent d’anticiper l’équilibre entre l’offre et la demande afin d’identifier précisément les zones et les périodes de pénurie.
Ces trois scénarios - situation normale, pénurie et pénurie grave - servent de base à la planification de l’approvisionnement en eau, à la gestion des réservoirs et à la préparation aux sécheresses et aux épisodes d’intrusion d’eau salée.
Le responsable a souligné que les scénarios devaient être régulièrement mis à jour, fournir des informations détaillées au niveau local et être étroitement liés aux plans d’approvisionnement en eau. Même lorsque l’offre reste relativement stable sur l’ensemble d’un bassin versant, certaines zones peuvent être confrontées à des pénuries localisées.
Il a également plaidé pour une meilleure prévision et un partage accru des données entre les gestionnaires de réservoirs, les autorités d’irrigation, les entreprises hydroélectriques et les fournisseurs d’eau. Les prévisions doivent, en définitive, éclairer les décisions pratiques, qu’il s’agisse des programmes de pompage ou du choix des cultures.
Amélioration de l’efficacité
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| La conférence intitulée "Mettre en œuvre la Loi sur les ressources en eau : gestion proactive, réglementation et exploitation efficace de l’eau" organisée mardi 20 octobre à Hanoï. |
| Photo : Câp Thoat Nuoc Viet Nam/CVN |
Face à l’explosion de la demande et à la rareté croissante des sites propices aux grands réservoirs, il devient crucial d’optimiser l’efficacité des ressources actuelles en eau et de développer les transferts d’eau interrégionaux.
Pham Công Thành, responsable de l’Office de planification de l’irrigation pour la région du Centre-Nord, a indiqué que cette zone compte plus de 2.500 réservoirs, parmi lesquels ceux de Cua Dat, Ban Mông, Ngàn Truoi et Ta Trach.
La demande annuelle en eau dans la région s’établit actuellement à environ 10,8 milliards de mètres cubes et devrait atteindre 11,72 milliards de mètres cubes d’ici 2050.
Le déficit annuel pourrait avoisiner les 2,9 milliards de mètres cubes, sous l’effet de la hausse de la demande dans les zones urbaines, les zones économiques côtières et les localités situées le long de la route Hô Chi Minh.
Selon Pham Công Thành, les projets de transfert d’eau doivent reposer sur une évaluation exhaustive de l’offre et de la demande dans chaque région. Les zones d’approvisionnement doivent couvrir prioritairement leurs propres besoins avant d’envisager un quelconque transfert vers d’autres territoires.
Ces projets doivent également faire l’objet d’évaluations portant sur la sécurité des infrastructures, la capacité d’évacuation des crues, les impacts environnementaux, les conséquences sur les moyens de subsistance des populations locales, ainsi que sur leur viabilité économique.
La répartition de l’eau doit permettre de concilier les besoins des ménages, de l’agriculture, de l’industrie, de la production d’énergie et de la protection de l’environnement, plutôt que de se concentrer uniquement sur l’augmentation de l’offre.
Rôle de l’IA
Nguyên Quôc Dung, président de l’Association vietnamienne des grands barrages et du développement des ressources en eau, a déclaré que la science, la technologie et l’intelligence artificielle (IA) jouaient un rôle de plus en plus important pour améliorer la gestion des réservoirs et garantir une utilisation durable de l’eau.
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| Nguyên Quôc Dung, président de l’Association vietnamienne des grands barrages et du développement des ressources en eau. |
| Photo : Câp Thoat Nuoc Viet Nam/CVN |
Cependant, les chiffres présentés lors de la conférence ont montré qu’environ 17% seulement des réservoirs étaient équipés de systèmes de surveillance météorologique et hydrologique automatiques dédiés.
Les données restaient fragmentées entre les secteurs, avec une connectivité limitée, et la coordination entre les réservoirs hydroélectriques et d’irrigation au sein d’un même bassin versant n’était pas encore cohérente.
Ces lacunes compromettent la prévision et la prise de décision, en particulier lorsque les réservoirs doivent simultanément assurer l’approvisionnement en eau, l’irrigation, la production d’électricité, la maîtrise des crues et la protection de l’environnement.
Pour Nguyên Quôc Dung, l’avenir de la gestion des crues repose sur un ciblage précis des défis propres à chaque bassin versant. L’efficacité des prévisions exige un financement pérenne dédié à la maintenance des bases de données, à l’entretien des équipements de surveillance et à l’actualisation des modèles prédictifs.
Ce spécialiste a également proposé la mise en place d’un système de données partagées et d’outils d’aide à la décision combinant données de surveillance, prévisions météo et cartes des risques d’inondation. Un tel dispositif permettrait aux autorités de calibrer précisément les lâchers d’eau, de coordonner la gestion de plusieurs réservoirs de front et de lancer des alertes rapides pour protéger les populations en aval.
Toutefois, la technologie ne résoudra pas tout à elle seule. Le succès d’une telle stratégie reste conditionné par la fiabilité des données collectées, l’adoption de normes communes, la stabilité des budgets et, enfin, la formation rigoureuse du personnel de terrain.
VNA/CVN







