Pourparlers Iran - États-Unis : avoirs gelés, détroit d'Ormuz et Liban au cœur des discussions

De hauts responsables américains et iraniens se sont retrouvés ce samedi 11 avril à Islamabad, au Pakistan, pour entamer des pourparlers visant à mettre fin à six semaines d'un conflit.

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"C'est cette étape que l'on appelle en anglais ‘make or break’ (ça passe ou ça casse, ndlr)". Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a souligné le caractère décisif de cette étape en citant l'expression anglaise après avoir rencontré successivement les deux délégations et annoncé que les discussions avaient officiellement "commencé".

La délégation iranienne en visite, conduite par le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf (troisième à gauche), rencontre le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif à Islamabad, au Pakistan, le samedi 11 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

La délégation américaine est conduite par le vice-président JD Vance, accompagné de l'émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. La délégation iranienne est menée par le président du Parlement Mohammad, Bagher Ghalibaf, aux côtés du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.

La télévision d'État iranienne a annoncé que deux sessions de négociations entre I'Iran et les États-Unis avaient déjà eu lieu. Une troisième est probable "ce soir ou demain". "Les experts des deux parties sont en train d'échanger des textes" pour parvenir à un accord de paix au-delà du cessez-le-feu de deux semaines entré en vigueur mercredi 8 avril, a précisé le média, citant des informations "d'une personne proche des négociateurs" iraniens.

Plus tôt samedi 11 avril, deux responsables pakistanais avaient révélé, sous couvert d'anonymat, la tenue de deux sessions successives lors de ces négociations, sans précédent entre les deux pays ennemis depuis la Révolution islamique de 1979.

Trois gros dossiers en suspens

Les pourparlers devront comporter plusieurs points de tension : les sanctions économiques contre Téhéran, la situation au Liban où Israël poursuit son conflit contre le Hezbollah, et la réouverture du détroit d'Ormuz par lequel transite environ un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux.

Une information de l'agence Reuters, qui citait une source iranienne anonyme de haut rang, affirmait que Washington aurait accepté de débloquer des avoirs iraniens gelés, et ce, en contrepartie de la garantie d'un passage sécurisé dans le détroit d'Ormuz. Du côté de la Maison-Blanche, le démenti a été immédiat. Un haut responsable américain a déclaré : "Faux. Les réunions n'ont même pas encore commencé."

Dans le même temps, les agences iraniennes Fars et Tasnim évoquaient parmi les "progrès" enregistrés "l'acceptation par les États-Unis de la libération des avoirs iraniens et la nécessité de discussions techniques et d'experts plus approfondies à ce sujet".

Opération navale dans le détroit d’Ormuz ?

En parallèle, dans la même journée, Donald Trump a fait une annonce fracassante sur sa plateforme Truth Social. Il a affirmé engager "le processus pour dégager le détroit d'Ormuz comme faveur pour des pays à travers le monde, y compris la Chine, le Japon, la République de Corée, la France, l'Allemagne, et bien d'autres".

Le média américain Axios a cité un responsable américain en rapportant que plusieurs navires de la Marine américaine avaient franchi le détroit dès samedi 11 avril, dans le but de redonner confiance aux navires commerciaux. Le commandement militaire américain a confirmé que deux destroyers de la marine américaine ont franchi samedi le détroit d'Ormuz afin de commencer à "poser les conditions" d'un déminage de cette voie maritime stratégique contrôlée par l'Iran.

Les deux navires ont opéré dans le cadre “d’une mission plus large visant à s’assurer que le détroit est entièrement débarrassé des mines marines posées par les Gardiens de la révolution iraniens” a précisé le CENTCOM (United States Central Command) dans un communiqué sur X.

Un haut responsable militaire iranien, cité par la télévision d'État, avait démenti plus tôt que des navires américains aient effectué ce passage.

Donald Trump a par ailleurs reconnu que "la seule chose en leur faveur, c'est la menace qu'un navire puisse ‘heurter’ une de leurs mines navales" dans le détroit, en affirmant que "l'ensemble de leurs 28 navires poseurs de mines gisent au fond de la mer" depuis les frappes américaines.

Des négociations sous haute tension

Après l'entrée en vigueur du cessez-le feu, Israël a soutenu que le Liban, où il combat le Hezbollah pro-iranien, n'était pas inclus dans l'accord. Mercredi 8 avril, Israël a mené au Liban les frappes les plus meurtrières de ce conflit, avec au moins 357 morts en une journée, selon un dernier bilan.

Le bilan des frappes israéliennes ont tué 2020 personnes au Liban, depuis le début du conflit, le 2 mars dernier, selon les autorités libanaises.

Des pourparlers entre le Liban et Israël sont prévus mardi 14 avril à Washington, selon la présidence libanaise.

AFP/VNA/CVN

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