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Depuis 2011, Triệu Kim Xuyến, vice-présidente de l’Association du tourisme de la province de Thái Nguyên (Nord), développe un modèle de homestay et figure parmi les pionnières du tourisme communautaire autour du lac de Ba Bể.
Dans son homestay, les femmes participent à la plupart des activités. Mme Xuyến les a aussi mobilisées pour créer des clubs d’échanges, notamment autour des pratiques du then (chant céleste), inscrites en 2019 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Quand ils reçoivent des touristes, ces clubs organisent des rencontres, interprètent du then, jouent du đàn tính (luth à deux ou trois cordes), dansent et présentent des chants populaires. Ces activités font connaître la culture locale tout en procurant aux femmes des revenus complémentaires.
Dans la province de Lào Cai (Nord), les femmes à Tả Van jouent un rôle clé en mettant en réseau plusieurs activités au sein d’une même chaîne d’expériences.
Giàng Thị Sênh, présidente de l’antenne locale de l’Union des femmes, explique que la Coopérative de broderie Mường Hoa coordonne les ménages en reliant hébergement, restauration, activités culturelles et métiers traditionnels, afin d’offrir aux visiteurs une expérience relativement complète.
Concrètement, un ménage assure l’hébergement, un autre prépare les repas et un groupe organise les spectacles folkloriques. Les visiteurs dorment dans une maison, mangent dans une autre famille, puis découvrent les métiers traditionnels.
Des activités autrefois dispersées forment ainsi une chaîne de produits touristiques. Ce modèle a créé des emplois pour de nombreuses femmes, avec un revenu mensuel d’environ 5 à 6 millions de dôngs.
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À Tả Phìn, la Coopérative communautaire des Dao rouges, dirigée depuis plus de dix ans par Tẩn Tả Mẩy, illustre aussi la réussite d’un modèle qui fait de la culture une source de revenus pour les femmes locales.
Créée en 2015 avec sept membres, l’établissement réunit aujourd’hui 120 personnes engagées dans les activités touristiques, les services et la valorisation des métiers traditionnels. Elle s’appuie sur les savoirs populaires des Dao rouges en matière de plantes médicinales, qu’elle transforme en offres pour les visiteurs : bains de plantes, préparations médicinales et soins.
Rôle majeur des créatrices
Dans les zones rurales, montagneuses et peuplées de minorités ethniques, les femmes s’impliquent de plus en plus dans toute la chaîne de services : hébergement, restauration, animation des activités, artisanat, spectacles, valorisation des produits agricoles et des plantes médicinales.
Pour le Pr. associé - Dr. Bùi Hoài Son, vice-président de la Commission centrale de propagande et d’éducation du Parti, la plus grande contribution des femmes au tourisme communautaire ne réside pas seulement dans le nombre de services auxquels elles participent ou de produits qu’elles vendent. Plus important encore, elles contribuent à créer un lien entre la préservation culturelle et le développement des moyens de subsistance, entre la tradition et le marché, entre l’identité locale et les attentes d’expériences de la société moderne. “Lorsque les femmes bénéficient d’opportunités, disposent des connaissances nécessaires et deviennent véritablement actrices du processus de développement, le tourisme communautaire créera des revenus supplémentaires et contribuera à faire vivre la culture aujourd’hui”, indique-t-il.
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Le rôle des femmes passe ainsi de la simple “participation” à celui de “créatrices et actrices économiques”. Lorsqu’elles parviennent à créer de la valeur à partir du patrimoine culturel de leur communauté, elles pèsent davantage dans les décisions économiques et accèdent plus largement aux connaissances, aux technologies et à des réseaux plus étendus.
Malgré leurs idées et savoir-faire traditionnels, les femmes rurales et montagnardes se heurtent encore à plusieurs obstacles, à commencer par le manque de ressources pour rénover ou construire des homestays, acquérir des équipements, finaliser leurs produits ou les promouvoir en ligne.
L’accès au marché reste aussi un point faible pour de nombreux modèles. Certains produits sont de qualité et forts d’une identité locale marquée, mais leurs producteurs ne savent pas toujours à qui les vendre, où les proposer ni comment en raconter l’histoire.
Aider les femmes à accéder aux marchés, à construire leur marque et à diversifier leurs canaux de distribution est donc un levier important. Parallèlement, la mise en valeur touristique de la culture suppose de garder les communautés au cœur du processus et de leur assurer une juste part des retombées économiques.
Un métier artisanal, un plat, un chant populaire ou un savoir local ne deviennent une ressource de développement que si ceux qui les préservent ont leur mot à dire sur la façon de les mettre en valeur et en tirent les bénéfices.
Avec des conditions favorables pour faire fructifier leurs compétences et leur patrimoine, les femmes sont une force motrice d’un tourisme plus durable, inclusif et ancré dans la vie des communautés.
Ðan Thanh/CVN







