Législatives en Colombie : sans sièges réservés, les ex-Farc reconvertis en parti politique jouent leur survie

L'accord de paix de 2016 avec les ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) garantissait dix sièges au Parlement aux ex-guérilleros reconvertis en parti politique. Mais pour les législatives de dimanche 1er mars, ils sont pour le première fois soumis au vote populaire et doivent convaincre de leur légitimité pour assurer leur survie politique.

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Sandra Ramirez, sénatrice candidate à sa réélection lors de sa clôture de sa campagne électorale pour les législatives le 1er mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

La sénatrice Sandra Ramirez, 63 ans, dont le patronyme dans la guérilla était Griselda Lobo, fait campagne, agite des drapeaux, danse et multiplie les discours sur les places publiques.

Mais après plus d'un demi-siècle de tentatives infructueuses de prise du pouvoir par les armes, les ex-Farc peinent à survivre en démocratie.

Le parti Comunes, né de l'accord de 2016 avec l'État, a subi des revers à toutes les élections dans lesquelles aucun siège ne lui était réservé, ne parvenant à remporter ni gouvernement régional, ni municipalité.

D'ailleurs, sur ses affiches de campagne et sur ses drapeaux, Sandra Ramirez a préféré faire apparaître le logo et les couleurs de la coalition de partis de gauche Fuerza Ciudadana à laquelle Comunes appartient, sur fond de stigmatisation des ex-guérilleros dans un pays marqué par plus de six décennies de conflit armé.

"Chercher les voix" 

L'AFP l'a accompagnée au cours d'un meeting à Bogota où la sénatrice a enchaîné les photos avec des sympathisants pendant un concert de rap censé séduire l'électorat jeune des quartiers populaires.

"Aller chercher les voix n'a pas été facile", confie celle qui fut dans la guérilla la compagne de Manuel Marulanda Vélez, alias Tirofijo, cofondateur et premier commandant des Farc, mort en 2008.

Seule candidate de Comunes pour le Sénat (16 pour la Chambre basse), elle est consciente de la difficulté de convaincre au moins 750.000 électeurs et parvenir à conserver le poste qu'elle occupe depuis 2018.

Aux législatives de 2018 et 2022, et malgré les sièges qui lui étaient réservés, Comunes figurait sur les bulletins de vote et n'a obtenu respectivement que 0,3% et 0,1% des suffrages.

AFP/VNA/CVN

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