>> Hô Chi Minh-Ville bâtit un système de santé intégré à plusieurs niveaux
>> À Hô Chi Minh-Ville, un dépistage médical gratuit pour tous, sans exception
>> Investir dans la santé, de la prévention au renforcement des capacités médicales
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| Rassemblement dans le cadre du programme “Toute la population pratique des activités physiques et sportives”, organisé le 12 juillet dernier à Ninh Binh. |
| Photo : VNA/CVN |
Dans le projet de circulaire guidant le Programme national sur la santé, la population et le développement (2026-2035), le ministère de la Santé suggère de transmettre, dès l’âge de 40 ans, les connaissances et les compétences nécessaires pour bien vieillir.
L’orientation du ministère s’articule autour de trois piliers fondamentaux. Sur le plan sanitaire, il s’agit d’adopter un mode de vie sain, de pratiquer une activité physique régulière, d’effectuer des bilans de santé périodiques et de prévenir les maladies chroniques. Sur le plan socio-économique, le programme préconise de planifier ses finances à long terme, d’épargner et de maintenir une activité professionnelle adaptée à ses capacités et à son état de santé. Enfin, sur le plan familial, l’objectif est d’acquérir les connaissances et les compétences nécessaires à la prise en charge des personnes âgées à domicile.
Le projet ambitionne également de renforcer le système de santé public. Des campagnes de dépistage précoce ciblant les affections gériatriques seront déployées dans 50% des communes, en priorité dans les zones montagneuses et les celles à forte concentration de populations issues des minorités ethniques. La formation en gériatrie des médecins et des infirmiers, ainsi que le transfert de compétences aux structures provinciales, seront également renforcés.
Selon Ngô Thi Giang, cheffe du service de gériatrie de l’Hôpital général de Dông Anh, à Hanoï, le vieillissement biologique commence bien plus tôt qu’on ne le pense.
“Dès l’âge de 30 ans, la masse musculaire et la densité osseuse commencent à diminuer, tandis que le métabolisme ralentit. L’exposition à des facteurs de risque tels que le tabagisme, la consommation excessive d’alcool, une alimentation trop riche en sucres et en graisses, ainsi que la sédentarité, augmente la vulnérabilité aux maladies cardiovasculaires, au diabète et aux cancers”, explique Mme Giang.
“Adapter son mode de vie dès la quarantaine permet de prévenir l’apparition de maladies, de réduire le risque de perte d’autonomie, de préserver la santé mentale et ainsi de limiter le coût des soins à l’avenir”, ajoute-t-elle.
Préparer son autonomie
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| Consultations médicales gratuites lors de la Journée “Prendre soin des travailleurs - Pour un Vietnam en bonne santé”, le 21 juin dernier à Hô Chi Minh-Ville. |
| Photo : VNA/CVN |
Le Pr-Dr. Nguyên Dinh Cu, ancien directeur de l’Institut d’études sur la population et les questions sociales, estime qu’“il est essentiel de préparer sa vieillesse dès l’âge de 40 ans, voire plus tôt”. Selon lui, “attendre 36 ans pour commencer à s’y préparer est déjà tardif”. Une personne ayant accumulé des habitudes néfastes depuis la fin de l’adolescence peut, à cet âge, compter près de deux décennies d’exposition à des facteurs de risque. La sensibilisation doit donc également cibler les jeunes adultes.
À son avis, cette préparation doit être globale et porter à la fois sur la condition physique, la couverture par les assurances sociales et maladie, l’épargne, la préparation psychologique et le resserrement des liens entre les générations. Il importe également de développer l’assurance dépendance, les services de soins professionnels et les dispositifs favorisant le maintien dans l’emploi des seniors qui souhaitent continuer à travailler.
Une enquête menée par son équipe auprès de 2.000 personnes âgées de 30 à 44 ans montre que la plupart ne commencent à réfléchir à ces questions qu’entre 40 et 50 ans, tandis que seuls 15 à 16% sont conscients de la nécessité d’anticiper dès la trentaine.
Chez les quadragénaires, la réalité met également en lumière l’écart entre bien vivre au quotidien et planifier sa vieillesse. Vu Tiên Hung, 41 ans, domicilié dans le quartier de Viêt Hung, à Hanoï, illustre ce décalage. Bien qu’il pratique une activité sportive et travaille pour subvenir aux besoins de sa famille, il considère encore ces efforts comme relevant du quotidien, sans les inscrire dans une véritable démarche de préparation à la vieillesse.
Or, la quarantaine correspond souvent à une période de ”double charge” : élever ses enfants tout en s’occupant de parents vieillissants, le tout en poursuivant sa carrière professionnelle.
La préparation à la vieillesse dès 40 ans s’inscrit dans le contexte d’un vieillissement démographique rapide au Vietnam. Le pays compte aujourd’hui 14,2 millions de personnes âgées de 60 ans et plus, soit 14,1% de la population. Selon les projections démographiques, leur nombre devrait atteindre près de 18 millions d’ici 2030. En 2024, l’indice de vieillissement s’établissait à 60,2%. Dès 2034, le nombre de personnes âgées devrait dépasser celui des enfants, faisant entrer le pays dans une phase de vieillissement avancé. À l’horizon 2038, les seniors pourraient représenter 20% de la population.
D’après l’UNFPA, si l’espérance de vie atteint 74,7 ans au Vietnam, celle en bonne santé ne s’élève qu’à 65,4 ans. Cet écart représente près d’une décennie de vie marquée par la maladie ou la perte d’autonomie. Par ailleurs, 76% des personnes âgées ne perçoivent pas de pension de retraite et 99% dépendent du soutien de leur famille. Sans un renforcement des infrastructures et des services d’aide, la pression sur les actifs ne fera que s’accentuer.
Anticiper la vieillesse dès 40 ans ne se résume ni à épargner ni à rester en bonne forme physique. Il s’agit d’investir suffisamment tôt dans sa santé, sa sécurité financière, ses compétences et ses relations sociales afin de préserver son autonomie et d’améliorer sa qualité de vie au fil des années.
Huong Linh/CVN



