Santé
Hô Chi Minh-Ville bâtit un système de santé intégré à plusieurs niveaux

Récemment, le Service de la santé de Hô Chi Minh-Ville a présenté les grandes orientations d’un système de santé intégré et centré sur le citoyen, couvrant tout le parcours de soins, de la prévention au suivi à long terme, afin d’assurer une prise en charge adaptée, au bon endroit et au bon moment.

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Pour soigner le santé de population, Hô Chi Minh-Ville mobilise tous les établissememts à plusieurs niveaux.

Selon le Service de la santé de Hô Chi Minh-Ville, la mégapole du Sud dispose aujourd'hui du plus vaste réseau de soins du Vietnam, avec 169 hôpitaux, plus de 13.000 établissements de santé, 168 postes de santé communaux et de quartier ainsi que près de 300 antennes de proximité réparties sur l'ensemble du territoire. Outre la prise en charge de ses habitants, la métropole constitue le principal pôle hospitalier du Sud du pays.

Les défis d'un système de santé en pleine mutation

Pour Tang Chi Thuong, directeur du Service municipal de la santé, cette ampleur représente à la fois un atout et un défi. Elle impose de dépasser une logique de développement centrée sur chaque établissement pris isolément pour construire un réseau intégré, dans lequel chaque structure assume une mission spécifique tout en poursuivant un objectif commun : assurer une prise en charge globale et continue de la population.

Cette évolution intervient dans un contexte marqué par le vieillissement rapide de la population, la progression des maladies chroniques, la diversification des besoins sanitaires et l'exigence croissante des citoyens d'accéder à des soins de qualité à proximité de leur domicile. Dans ce contexte, concentrer les investissements sur les seuls hôpitaux de dernier recours ne suffit plus. L'enjeu est désormais de bâtir un système capable d'accompagner chaque citoyen tout au long de son parcours de santé.

C'est dans cette perspective que la ville a adopté une stratégie reposant sur un système de santé organisé en plusieurs niveaux de soins, adaptés aux besoins réels de la population. À chaque étape de la vie, à chaque état de santé et à chaque degré de gravité de la maladie correspond un niveau de prise en charge spécifique.

Ces différents niveaux ne fonctionnent pas de manière indépendante, mais s'articulent au sein d'une chaîne de soins continue. Les patients peuvent être orientés d'un niveau à l'autre selon leurs besoins médicaux, tandis que les informations de santé, le suivi clinique et la coordination entre les établissements sont assurés en permanence.

Les patients atteints de maladies graves bénéficieront des programmes de santé déployés par la ville.

La spécificité de ce modèle réside moins dans le nombre de niveaux de soins que dans leur interconnexion. Chaque citoyen suit un parcours de santé unique, même si celui-ci mobilise successivement plusieurs établissements. L'essentiel n'est donc pas le lieu où le patient est soigné, mais la capacité de l'ensemble des structures à travailler de manière coordonnée autour d'un même patient grâce au partage des données, à l'harmonisation des pratiques et à une responsabilité collective.

Le dossier médical électronique, le dossier de santé individuel, la base de données du secteur de la santé, les systèmes de régulation des transferts interhospitaliers, les services d'urgence préhospitaliers, les téléconsultations spécialisées et les plateformes numériques constitueront les véritables "artères" reliant les différents niveaux de soins au sein d'un système unifié.

Trois niveaux de soins complémentaires

Le Service de la santé de Hô Chi Minh-Ville a défini une organisation reposant sur trois niveaux complémentaires.

Le premier, et le plus déterminant, est celui des soins de santé primaires. Il constitue la porte d'entrée du système de santé et s'appuie principalement sur les postes de santé communaux, de quartier et des zones administratives spéciales, les équipes de soins continus, les médecins de famille et le réseau de santé communautaire.

Alors qu'autrefois le système intervenait principalement lorsque les patients étaient déjà malades, ce premier niveau privilégie désormais une gestion proactive de la santé tout au long de la vie. Les activités de prévention, de vaccination, d'éducation sanitaire, de bilans de santé périodiques, de dépistage des facteurs de risque, de suivi des maladies chroniques, de santé maternelle et infantile, de prise en charge des personnes âgées, de santé mentale, de réadaptation communautaire et de soins palliatifs sont ainsi déployées au plus près de la population.

Selon Tang Chi Thuong, le programme de bilans de santé de l'ensemble de la population, le dossier de santé électronique et les équipes de soins continus actuellement déployés à Hô Chi Minh-Ville constituent les fondements de cette nouvelle médecine de premier recours.

La ville détermine la mise en œuvre du dossier médical électronique pour chaque citoyen.

"L'objectif n'est pas de traiter davantage de maladies, mais de permettre aux habitants de rester en bonne santé plus longtemps, de détecter les pathologies plus précocement et de réduire les hospitalisations", souligne-t-il.

Le deuxième niveau correspond aux soins hospitaliers généraux, véritable colonne vertébrale du système. Il est assuré par les hôpitaux généraux régionaux, les établissements situés aux principales portes d'entrée de la ville ainsi que les autres hôpitaux généraux. Leur mission est de répondre à la majorité des besoins médicaux : urgences, médecine interne, chirurgie, obstétrique, pédiatrie, réadaptation et actes techniques les plus courants.

Pour le Service de la santé, renforcer ce niveau ne vise pas seulement à désengorger les hôpitaux de dernier recours, mais aussi à garantir à chaque citoyen un accès à des soins de qualité à proximité de son domicile.

"Un système de santé performant n'est pas celui qui transfère le plus de patients vers les hôpitaux de dernier recours, mais celui qui est capable de résoudre efficacement la majorité des situations dès le niveau des hôpitaux généraux", souligne le directeur du Service.

Le troisième niveau est celui des soins hautement spécialisés, considéré comme le moteur de l'innovation médicale. Il regroupe les hôpitaux spécialisés et les grands établissements de dernier recours. Au-delà de la prise en charge des cas les plus complexes, ils assurent la recherche scientifique, le développement de nouvelles technologies médicales, la formation de personnels hautement qualifiés, l'élaboration de référentiels professionnels, le transfert de compétences, les télé-expertises et l'animation du réseau des hôpitaux de référence et de leurs établissements satellites.

Cette organisation en plusieurs niveaux ne constitue pas seulement une nouvelle architecture du système de soins ; elle traduit une transformation profonde de la gouvernance sanitaire. Elle marque le passage d'un développement centré sur chaque établissement à une approche fondée sur l'ensemble du réseau, d'un système organisé autour des structures hospitalières à un système centré sur le citoyen, et d'une médecine essentiellement curative à une prise en charge globale de la santé.

Pour les responsables du Service de la santé, cette stratégie ne constitue pas seulement la feuille de route de Hô Chi Minh-Ville. Elle pourrait également servir de modèle pour bâtir un système de santé vietnamien moderne, équitable, performant et durable, en phase avec les nouveaux défis du pays.

Texte et photos : Quang Châu/CVN

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