>> Vers une stratégie nationale sur les technologies quantiques
>> Le Vietnam promeut la coopération internationale en technologies quantiques
>> Le Vietnam accélère sa stratégie quantique
>> Vietnam face au défi quantique : science, innovation et stratégie nationale
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| L’Institut Quantum AI & Cyber Security et l’Université des technologies (relevant de l’Université nationale de Hanoï) signent un accord de coopération sur le développement des ressources humaines. |
| Photo : CTV/CVN |
Le monde découvre à peine l’ampleur des bouleversements provoqués par l’intelligence artificielle (IA) qu’une autre révolution technologique s’accélère déjà : celle de la technologie quantique. Plus qu’un simple progrès de calcul, cette technologie est considérée comme un changement de paradigme capable de transformer l’économie, la cybersécurité, la recherche scientifique et même les équilibres géopolitiques.
Rupture mondiale
Contrairement aux systèmes informatiques classiques, les ordinateurs quantiques exploitent les principes de superposition et d’intrication des particules. Leur puissance théorique permettrait de résoudre en quelques minutes des problèmes qui exigeraient aujourd’hui des milliards d’années de calcul. La conception de nouveaux médicaments, l’optimisation logistique, la modélisation climatique ou encore le chiffrement des données figurent parmi les domaines les plus concernés.
La course internationale est déjà engagée. Selon les chiffres cités par McKinsey Quantum Technology Monitor, les investissements publics mondiaux dans le secteur dépassent désormais 42 milliards de dollars. La Chine mène avec environ 15,3 milliards de dollars, suivie par l’Union européenne avec 8,4 milliards et les États-Unis avec près de 4 milliards. Plusieurs grandes puissances considèrent désormais la maîtrise quantique comme un enjeu de souveraineté nationale.
Face à cette dynamique, le Vietnam affiche une volonté claire de ne pas rester en retrait. Le secrétaire général du Comité central du Parti communiste du Vietnam et président de la République socialiste du Vietnam, Tô Lâm, affirme que les technologies stratégiques, dont le quantique, constituent désormais une capacité compétitive essentielle pour le pays. L’objectif affiché est ambitieux : “arriver plus tard, mais ne pas avancer plus lentement”.
Cette orientation traduit une prise de conscience croissante. Après plusieurs décennies d’intégration économique et de développement numérique, le Vietnam souhaite désormais participer plus activement aux technologies de rupture qui façonneront la prochaine phase de croissance mondiale.
Mais l’ambition technologique se heurte à une réalité complexe : le manque de ressources humaines hautement qualifiées. La technologie quantique exige une maîtrise simultanée de la physique théorique, des mathématiques avancées, de l’informatique et de la cybersécurité. Les spécialistes capables de travailler à l’intersection de ces disciplines restent rares à l’échelle mondiale.
Pour répondre à ce défi, le Vietnam mise sur une stratégie de mobilisation des talents vietnamiens installés à l’étranger. Chercheurs, ingénieurs et experts travaillant aux États-Unis, au Japon ou en Europe sont désormais perçus comme une ressource stratégique capable d’accélérer la montée en compétence nationale.
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| Le Dr. Vo Van Tuân. Photo : CTV/CVN |
Cette dynamique de retour commence déjà à prendre forme. Le cas du Docteur Vo Van Tuân illustre cette tendance émergente. Après des années de recherche dans les universités japonaises de Tokyo et Kyoto, ce spécialiste a rejoint le groupe FPT en mars 2026 pour participer au développement du secteur quantique au Vietnam.
Selon lui, ‘‘le moment est particulièrement favorable à un retour des scientifiques vietnamiens’’. Il estime qu’une véritable vague de circulation des talents est en train d’apparaître et que le Vietnam dispose aujourd’hui des conditions nécessaires pour accueillir des projets scientifiques de haut niveau.
Approche proactive
Le chercheur défend également une approche proactive. Attendre que les technologies soient totalement stabilisées avant d’investir constituerait, selon lui, une erreur stratégique. Dans un domaine en évolution rapide, les pays qui participent tôt à l’écosystème international disposent d’un avantage décisif en matière de compétences, de coopération et d’innovation.
Le rôle des entreprises privées devient ainsi déterminant. Le groupe FPT apparaît comme l’un des acteurs pionniers de cette orientation nationale. L’entreprise prévoit d’investir environ 100 millions de dollars pour jeter les bases d’un écosystème quantique vietnamien.
En décembre 2025, FPT a créé l’Institut de recherche Quantum AI & Cyber Security (QACI). Cette structure a pour mission de développer la recherche, de former des doctorants et de renforcer les coopérations internationales dans le domaine des technologies quantiques et de la cybersécurité avancée.
L’objectif affiché dépasse la simple expérimentation. FPT ambitionne à terme d’introduire les capacités de calcul quantique au Vietnam et de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de chercheurs spécialisés. Cette stratégie s’accompagne également d’un effort de formation académique.
FPT a signé des accords avec l’Université nationale de Hanoï ainsi qu’avec l’Université des sciences et technologies de Hanoï (École polytechnique de Hanoï - HUST) afin de créer la première faculté vietnamienne consacrée aux technologies quantiques.
À travers ces partenariats, le pays espère former dans les cinq à dix prochaines années des ressources humaines capables de répondre aux besoins croissants du secteur. Au-delà des applications industrielles, il s’agit aussi de renforcer durablement la capacité nationale de calcul et de recherche scientifique.
Le Vietnam entre ainsi dans une nouvelle phase de son développement technologique. Soutenue par les plus hautes autorités, portée par les entreprises numériques et nourrie par le retour progressif des talents de la diaspora, la stratégie quantique vietnamienne reflète une ambition plus large : maîtriser les technologies clés du futur et affirmer sa place sur la carte mondiale de l’innovation.
DAN THANH/CVN





