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| La cérémonie de signature de l'accord de coopération entre Nam A Bank et le SIEFM. |
Ces estimations ont été données lors de la Conférence vietnamienne sur la finance verte 2026, organisée le 6 août à Hô Chi Minh-Ville. Placé sous le thème "Là où les capitaux verts rencontrent les opportunités d'investissement", l'événement était coorganisé par l'Autorité exécutive du Centre financier international du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville (VIFC-HCMC), Nam A , FiinGroup et le bureau vietnamien du Global Green Growth Institute (GGGI).
Le défi : rendre les projets verts bancables
Selon le ministère vietnamien des Finances, les besoins d'investissement à long terme nécessaires pour soutenir la croissance verte et le développement durable d'ici à 2050 sont estimés entre 670 et 700 milliards de dollars. Les investissements destinés à l'adaptation au changement climatique représentent à eux seuls environ 368 milliards de dollars, soit près de 30 milliards de dollars par an.
L'ampleur de ces besoins dépasse largement les capacités de financement du budget de l'État et du système bancaire traditionnel. Dans ce contexte, la mobilisation des capitaux privés et des financements internationaux constitue une condition indispensable à la réussite de la transition écologique du Vietnam.
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| La Conférence vietnamienne sur la finance verte 2026. |
Pour Paul Xavier, responsable de programme à la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale, le marché mondial ne souffre pas d'une pénurie de capitaux destinés au développement durable. Les investisseurs institutionnels continuent de rechercher activement des opportunités dans ce domaine. Leur priorité n'est pas d'identifier les pays ayant les besoins les plus importants, mais les marchés offrant les meilleures conditions de déploiement des capitaux.
Dans le même esprit, Nguyên Quang Thuân, président exécutif de FiinGroup et de FiinRatings, estime que le principal obstacle réside aujourd'hui dans la qualité intrinsèque des projets.
Selon lui, de nombreux projets vietnamiens ne sont pas encore structurés selon les standards attendus par les investisseurs internationaux. Avant même d'être qualifié de "vert", un projet doit démontrer sa rentabilité économique, sa viabilité financière ainsi que sa capacité à générer des flux de trésorerie prévisibles.
"Nous pensons souvent qu'un projet vert est, par nature, plus attractif pour les investisseurs. En réalité, la dimension verte élargit simplement le cercle des investisseurs potentiels et renforce l'attractivité du projet. Les véritables critères de décision demeurent sa qualité économique et la solidité de sa structuration financière", souligne M. Thuân.
Le dirigeant de FiinGroup ajoute que la solidité financière du promoteur constitue également un critère déterminant pour les fonds internationaux. Le Vietnam manque en outre d'instruments capables de transformer des projets viables en actifs financiers investissables, tels que les obligations d'infrastructure, les obligations de projet ou d'autres véhicules de financement de long terme.
Catalyseur des capitaux verts
Si le manque de projets répondant aux exigences des investisseurs internationaux constitue aujourd'hui le principal frein, Nguyên Huu Huân, professeur associé, docteur et vice-président de l'Autorité exécutive du VIFC-HCMC, estime que le futur Centre financier international du Vietnam (VIFC) jouera un rôle déterminant dans la création d'une infrastructure de marché capable de combler l'écart entre les engagements des investisseurs et les projets réellement finançables.
Selon lui, le VIFC développera un guichet unique (one-stop office) dédié aux projets et aux opérations de finance verte. Au-delà de la simple mise en relation entre investisseurs et entreprises, cette plateforme accompagnera la standardisation de l'ensemble du cycle de développement des projets, depuis la définition des normes et la publication des informations jusqu'à la levée et à l'allocation des capitaux.
Alors que plusieurs grandes places financières internationales disposent déjà d'écosystèmes complets consacrés à la finance durable, le Vietnam accuse encore un retard dans plusieurs domaines clés : normalisation des portefeuilles de projets, titrisation des actifs, développement des solutions de financement de l'adaptation climatique et amélioration de la liquidité du marché.
Dans cette perspective, l'une des priorités du VIFC consiste à constituer un portefeuille de projets verts répondant aux standards internationaux, caractérisés par des flux financiers clairement identifiés, une structure financière transparente, des mécanismes de partenariat public-privé (PPP) adaptés et une couverture assurantielle complète.
En parallèle, le Centre entend développer des solutions de finance de transition (transition finance) et de financement de l'adaptation climatique (adaptation finance), renforcer les mécanismes de partage des risques et contribuer à réduire le coût du capital pour les entreprises.
Un autre axe stratégique porte sur la mise en place de l'infrastructure de marché, avec des systèmes de données, des dispositifs de mesure, de reporting et de vérification (MRV), des plateformes numériques ainsi que des outils d'accompagnement permettant aux entreprises de préparer leurs projets selon les meilleures pratiques internationales.
À cet égard, le Green Rulebook, futur référentiel de la finance verte élaboré par le VIFC, devrait être publié d'ici à la fin de 2026 et constituer le socle réglementaire du développement de la finance verte et de la finance de transition au Vietnam.
"Notre ambition est de transformer la capacité de mobilisation des capitaux verts en véritables actifs investissables. Cela suppose la standardisation des processus, des portefeuilles de projets, des mécanismes de financement et de garantie, des infrastructures de données ainsi qu'une connexion directe avec les investisseurs internationaux", affirme le Pr Nguyên Huu Huân.
Le Green Supply Chain Finance, un nouvel outil pour les PME
Parmi les initiatives présentées, le modèle de Green Supply Chain Finance, développé conjointement par Nam A Bank, FiinGroup, l'IFC et le Secrétariat d'État suisse à l'économie (SECO), devrait intégrer l'écosystème du Centre financier international comme l'un des projets structurants de la finance verte.
Selon Võ Hoàng Hải, directeur général adjoint de Nam A Bank, ce dispositif cible principalement les petites et moyennes entreprises (PME), qui représentent près de 98 % des entreprises vietnamiennes mais rencontrent encore d'importantes difficultés d'accès au financement en raison du manque de garanties, de données financières fiables et de la faible standardisation de leurs dossiers.
Contrairement au modèle bancaire traditionnel, largement fondé sur les garanties réelles, le Green Supply Chain Finance s'appuie sur les données transactionnelles et les flux de trésorerie générés tout au long de la chaîne d'approvisionnement afin d'évaluer le risque de crédit.
La numérisation intégrale de cette chaîne permet également de mesurer l'empreinte carbone, d'améliorer la transparence des informations et de faciliter l'accès des entreprises aux financements verts.
Au-delà du marché vietnamien, ce modèle pourrait être déployé à l'échelle de l'Asie du Sud-Est et ouvrir la voie à de nouveaux instruments financiers, notamment dans les domaines de la finance bleue (Blue Finance), du financement de l'adaptation climatique et des projets destinés à renforcer la résilience des infrastructures urbaines.
Selon les experts réunis lors de la conférence, à mesure que les projets gagneront en qualité et en standardisation et que l'infrastructure du marché se renforcera, l'écart entre les besoins de financement du Vietnam et les flux internationaux de capitaux verts devrait progressivement se réduire, créant ainsi les conditions d'une transition écologique durable et d'une croissance de long terme.
Texte et photos : Quang Châu/CVN



