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Lors d’un séminaire en ligne organisé le 6 août sur le thème "Positionner le marché intérieur comme moteur de croissance de la filière bois vietnamienne", représentants d’associations professionnelles, experts et entreprises ont souligné que le marché domestique devait être considéré comme un pilier stratégique, et non comme une simple solution de repli lorsque les exportations ralentissent.
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| Production de meubles destinés à l’exportation vers le marché européen dans l’usine de la société Hông Ngoc, zone industrielle de Phu Tài, quartier de Quy Nhon Bac, province de Gia Lai (Centre). |
| Photo : VNA/CVN |
Depuis plusieurs années, le bois figure parmi les principaux produits d’exportation du Vietnam. En 2025, les exportations de bois et de produits dérivés ont atteint environ 17,3 milliards de dollars, avec une présence sur plus de 160 marchés. Les produits vietnamiens répondent désormais aux exigences de qualité de partenaires majeurs tels que les États-Unis, l’Union européenne et le Japon.
Selon Ngô Sy Hoài, secrétaire général de l'Association du bois et des produits forestiers du Vietnam (Viforest), les dépenses annuelles moyennes consacrées au bois et à l’ameublement s’élèvent à environ 50 dollars par habitant, ce qui représente un marché domestique estimé à près de 5 milliards de dollars. Certaines études avancent toutefois que sa valeur réelle approche déjà les 7 milliards de dollars et pourrait dépasser 7,3 milliards d’ici à 2030, à condition de maintenir une croissance annuelle comprise entre 7% et 9%.
Ce potentiel est également soutenu par l’essor attendu des achats publics verts, des programmes de logements sociaux et du marché de la biomasse énergétique, appelés à se développer rapidement dans les prochaines années.
Pour Viforest, le principal frein au développement du marché intérieur ne réside pas dans sa taille, mais dans l’absence d’une infrastructure de marché adaptée. Les normes techniques demeurent incomplètes, les données relatives aux entreprises et aux produits restent dispersées, tandis que les systèmes de traçabilité, de certification de la qualité et de déclaration des émissions de carbone ne sont pas harmonisés. Cette situation complique l’identification des produits légaux et de qualité par les consommateurs et réduit les incitations des entreprises à investir.
Les spécialistes recommandent donc d’accélérer la mise en place de normes techniques, de bases de données, de mécanismes de certification et de systèmes de traçabilité afin de créer un environnement commercial plus transparent et plus professionnel. Ils préconisent également de renforcer le rôle moteur des achats publics verts en privilégiant, dans les projets publics, les produits en bois légaux et à faibles émissions de carbone, conformément à la législation vietnamienne et aux engagements internationaux du pays.
Les entreprises estiment, de leur côté, que le développement du marché intérieur nécessite une stratégie spécifique reposant sur des investissements de long terme dans les marques, les réseaux de distribution, les services et la transformation numérique. Elles appellent également à l’élaboration rapide de normes de qualité, à la mise en place d’un système d’étiquetage des produits et au renforcement des liens entre les industriels et les zones d’approvisionnement en matières premières.
Les experts estiment enfin que le développement du marché intérieur ne vise pas uniquement à porter sa valeur entre 7 et 8 milliards de dollars d’ici à 2030. L’objectif est surtout de bâtir un écosystème fondé sur une consommation de bois légal, transparente et créatrice de valeur, afin de renforcer la résilience de la filière face aux fluctuations du commerce mondial et de soutenir sa croissance à long terme.
VNA/CVN



