La politique extérieure doit être étroitement liée aux intérêts nationaux

Actuellement, le Parti communiste du Vietnam considère les affaires extérieures comme une mission "essentielle et permanente", au même titre que la défense et la sécurité nationales. Cette évolution témoigne d’un renouvellement de la pensée stratégique, selon lequel la politique extérieure doit jouer un rôle précurseur, contribuer à défendre le pays "dès le début et à distance", tout en élargissant l’espace de développement, en mobilisant davantage de ressources et en ouvrant de nouvelles opportunités. Dans la pratique, cette exigence se concrétise progressivement.

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Le secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm, à l'ouverture de la 33e Conférence diplomatique, le 1er août à Hanoï. 
Photo : Thông Nhât/VNA/CVN

Ce n’est pas un hasard si la Résolution N°06-NQ/TW considère les affaires extérieures comme une mission "essentielle et permanente". Dans un monde marqué par des mutations rapides et de fortes incertitudes, tout différend ou changement dans les relations entre les grandes puissances peut avoir des répercussions directes sur l’environnement de développement du Vietnam.

Le secrétaire général et président Tô Lâm a également souligné que "les affaires intérieures et les affaires extérieures vont toujours de pair et se complètent mutuellement ; la politique extérieure est le prolongement vers l’extérieur de la politique intérieure". Pour se développer, le pays ne peut pas se contenter de bien gérer ses affaires internes. Il doit également savoir s’ouvrir au monde dans la bonne direction, choisir ses partenaires de coopération, transformer ses relations extérieures en intérêts concrets et faire de la confiance un levier pour accéder aux marchés, aux technologies et aux savoirs.

Les relations entre le Vietnam et la Malaisie en sont une illustration claire. Au premier semestre 2026, les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint 10,8 milliards de dollars, en hausse de 40% sur un an. Les deux pays ont établi un cadre de partenariat stratégique global en novembre 2024. Toutefois, l’objectif actuel ne consiste plus seulement à maintenir de bonnes relations, mais aussi à les approfondir, à renforcer l’ouverture et à faciliter davantage la coopération économique, commerciale et l’investissement dans un esprit d’équilibre. Il s’agit également de promouvoir les secteurs de l’économie numérique et de l’économie verte, ainsi que les sciences et technologies et l’innovation. L’objectif de porter les échanges commerciaux bilatéraux à 20 milliards de dollars traduit pleinement cette ambition.

Avec les États-Unis, cette orientation se traduit également de manière très concrète. Le Vietnam considère les États-Unis comme l’un de ses partenaires revêtant la plus haute importance stratégique. Il propose parallèlement de conclure rapidement les négociations sur l’Accord commercial réciproque et de limiter les mesures de défense commerciale extrêmes susceptibles d’affecter l’ensemble des relations bilatérales. Les deux parties doivent promouvoir une coopération mutuellement bénéfique dans les domaines des sciences et technologies. Pour le Vietnam, réaliser des avancées décisives dans le développement des sciences et technologies, de l’innovation et de la transformation numérique nationale constitue une priorité dans la réalisation de ses objectifs stratégiques de croissance.

Cette exigence s’applique également aux flux de capitaux et aux entreprises étrangères. Le Vietnam ne cherche pas seulement à attirer les investissements ; il accorde également une grande importance à la sélection de projets dotés de technologies avancées et répondant aux besoins de son développement national. Le fait que LAPP, groupe allemand, considère le Vietnam comme un marché stratégique, dans un contexte de demande croissante liée aux centres de données dédiés à l’intelligence artificielle, à l’automatisation, aux énergies renouvelables et aux infrastructures intelligentes, en constitue une illustration. C’est précisément l’orientation définie par la Résolution N°06-NQ/TW : passer d’une logique d’"attraction" à une logique de "sélection", en privilégiant les technologies de pointe et les projets présentant des liens étroits avec l’économie nationale.

Les ressources au service du développement ne se limitent pas aux projets d’investissement ou aux marchés extérieurs. Les plus de 6,5 millions de Vietnamiens résidant à l’étranger constituent également une importante force du pays. Les transferts de fonds, qui s’élevaient à 2,3 milliards de dollars en 2004, ont atteint 17,7 milliards de dollars en 2025. Au total, depuis 1993, les envois de fonds vers le Vietnam, bien que les données disponibles ne soient pas exhaustives, dépassent 250 milliards de dollars, soit un montant comparable aux IDE décaissés sur la même période. Ces chiffres montrent que les Vietnamiens résidant à l’étranger ne sont pas seulement un public auquel il convient de prêter attention et d’apporter un soutien, mais constituent véritablement une ressource pour le développement national.

Délégués à la 33e Conférence diplomatique, le 1er août à Hanoï. 
Photo : VNA/CVN

La Résolution N°23-NQ/TW pousse cette approche un pas plus loin, en faisant évoluer l’action extérieure de la "mobilisation, du rassemblement et de l’accompagnement" vers une démarche fondée sur le partenariat et la mise en place de mécanismes favorables. Les experts, scientifiques, entrepreneurs, intellectuels et jeunes Vietnamiens résidant à l’étranger peuvent contribuer non seulement en revenant au pays, mais aussi à distance, grâce à des réseaux reliant les savoirs, les technologies, les investissements et les marchés. Lorsque chaque représentation vietnamienne à l’étranger devient un centre de mise en relation et de mobilisation des ressources vietnamiennes dans son pays d’accueil, l’action extérieure sera véritablement davantage au service du développement national.

Pour que ces ressources puissent se traduire concrètement dans la vie économique et sociale, l’action extérieure doit également se rapprocher des localités, des entreprises et de la population. La Thaïlande et le Vietnam viennent de célébrer le 50e anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques. À Cân Tho, la coopération s’est concrétisée par la mise en relation des entreprises, l’investissement, le commerce, le tourisme et l’éducation. En 2025, les investissements thaïlandais à Cân Tho se sont élevés à environ 119,25 millions de dollars. Au cours des six premiers mois de 2026, Cân Tho a exporté vers la Thaïlande pour quelque 13,9 millions de dollars de marchandises et en a importé pour 3,8 millions de dollars. Ces chiffres montrent que l’action extérieure ne prend véritablement tout son sens que lorsqu’elle est étroitement liée aux produits, aux marchés et aux besoins de développement.

En élargissant la perspective des localités à l’échelle régionale, l’ASEAN constitue précisément un espace important permettant au Vietnam d’élargir sa coopération. Membre de l’organisation depuis 31 ans, le Vietnam œuvre avec les autres pays membres à la construction d’une communauté unie et résiliente, tout en consolidant le rôle central de l’ASEAN. Dans une région regroupant quelque 800 millions d’habitants, le renforcement de l’ASEAN permet également au Vietnam d’élargir son espace stratégique et de créer de nouvelles marges de développement.

Toutefois, l’élargissement de la coopération doit aller de pair avec la défense et la sécurité afin de consolider un environnement stable et solide. La coopération Vietnam - Malaisie dans les domaines de la défense, de la sécurité et de l’application de la loi en mer, la coopération avec le Cambodge dans la lutte contre la criminalité transnationale, ainsi que les échanges sur la question en Mer Orientale sur la base du droit international montrent que cet "espace de sécurité et de développement" repose sur la confiance, les mécanismes de coordination et la capacité à régler les différends par des moyens pacifiques.

La frontière terrestre entre le Vietnam et le Cambodge, longue de 258,939 km, illustre également cette exigence au quotidien. Une frontière pacifique ne se maintient pas seulement grâce aux forces chargées de défendre la souveraineté, mais aussi grâce aux relations de bon voisinage, aux échanges entre les populations, à la coopération économique et au consensus au niveau local. La préservation de la souveraineté et l’élargissement de la coopération, lorsqu’ils sont menés efficacement, peuvent se renforcer mutuellement.

Il apparaît ainsi que la politique extérieure est de plus en plus étroitement liée au développement national. Comme l’a souligné le secrétaire général et président Tô Lâm, le Vietnam demeure fermement attaché à une ligne directrice fondée sur "l’indépendance, l’autonomie, la résilience, la paix, l’amitié, la coopération et le développement, ainsi que la diversification et la multilatéralisation des relations extérieures". Il s’agit de consolider une position nationale solide, d’élargir les espaces de coopération et de renforcer les capacités nationales afin que la voix du Vietnam soit davantage écoutée et porte davantage de poids.

C’est ainsi que la ligne directrice de la politique extérieure définie par le XIVe Congrès du Parti se concrétise dans la pratique : contribuer à défendre le pays "dès le début et à distance", tout en ouvrant la voie à un avenir de développement rapide, durable et autonome.

VNA/CVN

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