La double transformation, un levier de compétitivité pour les entreprises

Face au durcissement des exigences environnementales et commerciales sur les marchés internationaux, les entreprises vietnamiennes sont appelées à accélérer simultanément leur transformation numérique et leur transition verte pour renforcer leur compétitivité.

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La transformation numérique et la transition verte permettent aux entreprises de renforcer leur compétitivité.
Photo : CTV/CVN

Dans un contexte où l’économie mondiale est confrontée à de nombreux défis, mais aussi à de nouvelles opportunités, l’évolution des politiques fiscales sur de grands marchés tels que les États-Unis, ainsi que le renforcement des exigences techniques et des normes d’exportation de l’Union européenne (UE), imposent de nouvelles contraintes aux entreprises exportatrices.

"La transition verte n’est plus une option. Elle est devenue une exigence incontournable et constitue un véritable passeport vert permettant aux entreprises de renforcer leur avantage concurrentiel et de conquérir les marchés internationaux", a souligné Hô Thi Quyên, directrice adjointe du Centre de promotion du commerce et de l’investissement de Hô Chi Minh-Ville.

Hô Thi Quyên estime également que la quatrième révolution industrielle est en plein essor. En particulier, le développement continu de l’intelligence artificielle (IA), du Big Data et de l’informatique en nuage transforme profondément les modes de production, d’activité et de gestion des entreprises.

Selon les statistiques du ministère de l’Industrie et du Commerce, l’application des technologies numériques et des systèmes intelligents de gestion de l’énergie peut permettre aux entreprises de réduire de 10 à 15% leurs coûts d’exploitation, d’accroître leur productivité de 20 % et de diminuer leurs émissions de CO₂ de 5 à 8% par an. Ainsi, la transformation numérique et la transition verte ne sont plus deux processus distincts, mais convergent désormais vers une stratégie de "double transformation". Dans ce cadre, les technologies numériques deviennent un outil essentiel pour favoriser la croissance verte et renforcer la compétitivité des entreprises.

Face à cette évolution, les experts estiment que l’investissement dans le renforcement des capacités de gestion et la mise à jour des connaissances des dirigeants d’entreprise constituent des leviers importants pour poser les bases d’un développement durable à long terme.

Afin d’aider les entreprises à renforcer leur compétitivité sur les marchés internationaux, le Centre de promotion du commerce et de l’investissement de Hô Chi Minh-Ville, en coordination avec les organismes concernés, a récemment organisé un programme de formation consacré à la double transformation dans le secteur manufacturier.

Conçu selon une approche pratique et approfondie, ce programme permet aux entreprises d’appréhender de manière globale les tendances mondiales en matière d’ESG (environnement, social et gouvernance) et de transition verte. Il met également l’accent sur l’application de solutions technologiques telles que l’ERP (système de planification des ressources de l’entreprise), le MES (système de gestion de la production), l’IoT (Internet des objets) et l’IA (intelligence artificielle), afin d’optimiser la production, la gestion et le fonctionnement des usines intelligentes.

Hô Thi Quyên a indiqué que la nouveauté du programme de formation de cette année résidait dans l’approfondissement des enjeux propres à chaque secteur d’activité particulièrement exposé aux impacts de la double transformation. Le programme accorde également davantage de temps aux entreprises pour échanger avec les experts et discuter de leurs problématiques concrètes.

À l’issue de la formation, les participants bénéficient d’une séance supplémentaire consacrée à l’évaluation de leurs travaux pratiques par les experts, qui les accompagnent et les conseillent dans les différentes étapes de mise en œuvre d’une feuille de route de double transformation adaptée aux conditions de leur entreprise.

La double transformation est le clé d’accès aux chaînes d’approvisionnement mondiales.
Photo : CTV/CVN

Selon les experts, l’une des principales préoccupations des entreprises concerne l’évolution des réglementations européennes applicables aux marchandises importées. Les principaux sujets abordés comprennent notamment l’analyse du calendrier de mise en œuvre du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) et de la Directive sur les rapports de durabilité des entreprises (CSRD), ainsi que le renforcement des exigences en matière de données liées à la production et au reporting.

Cette situation place les entreprises face à un problème complexe : elles doivent disposer de suffisamment de données pour démontrer la conformité de leur processus de production. Toutefois, si la collecte des données n’est pas organisée de manière ciblée, elle risque de mobiliser d’importantes ressources sans pour autant améliorer l’efficacité de la gestion. Les entreprises doivent donc identifier les indicateurs réellement essentiels plutôt que de multiplier les collectes de données.

Plus important encore, les données doivent être gérées dès l’atelier de production. Les informations relatives aux matières premières, à l’énergie, aux volumes de production, à la qualité et aux émissions doivent être enregistrées de manière uniforme afin de garantir leur vérification et leur traçabilité. Elles constituent la base permettant aux entreprises de répondre aux exigences ESG et d’évaluer l’efficacité de leur production. Lorsque les données sont complètes et fiables, les entreprises peuvent également identifier plus facilement les sources de gaspillage et prendre les mesures correctives appropriées.

Les investissements dans les technologies se développent rapidement dans le secteur manufacturier. Toutefois, l’ajout d’équipements ou de logiciels dans une usine ne suffit pas nécessairement à améliorer son efficacité. Nguyên Manh Cuong, secrétaire général adjoint de l’Association vietnamienne de l’automatisation, met en garde contre le risque de "numériser le désordre" lorsque les entreprises introduisent des technologies alors que leurs processus de production ne sont pas encore standardisés.

Selon Nguyên Manh Cuong, avant d’investir dans un système numérique, les entreprises doivent réexaminer leurs modes de fonctionnement actuels et identifier les points qui génèrent des coûts supplémentaires ou affectent leurs résultats commerciaux. La trésorerie, les stocks et la qualité des produits figurent parmi les questions à traiter en priorité.

Cette approche permet aux entreprises d’éviter d’investir dans des technologies simplement parce qu’elles sont à la mode, alors que les dysfonctionnements de l’organisation de la production demeurent inchangés. La technologie ne génère de véritables gains que lorsqu’elle permet de résoudre un problème concret au sein de l’usine. Parallèlement à la standardisation des processus, les entreprises doivent constituer une base de données suffisamment propre, fiable et homogène. Il s’agit d’une condition essentielle au déploiement d’applications plus avancées, notamment celles fondées sur l’intelligence artificielle.

Minh Thu/CVN

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