Transition verte : un impératif pour les exportations

Face au durcissement des normes environnementales sur les grands marchés internationaux, Hô Chi Minh-Ville accélère sa transition écologique. Pour les entreprises exportatrices, adopter des modes de production plus verts devient désormais indispensable pour préserver leurs commandes et rester intégrées aux chaînes d’approvisionnement mondiales.

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La pression verte s’intensifie

Le 4 septembre, lors du colloque "Solutions vertes pour une production et une exportation durables", organisé par le ministère de l’Industrie et du Commerce à Hô Chi Minh-Ville, les experts ont souligné que la croissance des exportations s’accompagnait d’une pression croissante en faveur de la transition écologique dans des secteurs clés tels que le textile-habillement, la chaussure, l’emballage, l’électronique ou l’agroalimentaire.

Cette évolution survient alors que l’Union européenne, les États-Unis, le Japon et plusieurs autres grands marchés durcissent leurs exigences en matière d’environnement, d’utilisation des ressources, de traçabilité et de transparence des chaînes d’approvisionnement.

Nguyên Thao Hiên, directrice adjointe du Département du développement des marchés extérieurs (ministère de l’Industrie et du Commerce), a indiqué que les acheteurs internationaux accordaient une attention croissante à l’ensemble du processus de fabrication, depuis la gestion des ressources et l’impact environnemental jusqu’aux conditions de travail et à la gouvernance d’entreprise. Dès lors, la transition écologique s’impose progressivement comme un préalable indispensable pour permettre aux entreprises de maintenir leurs commandes et de conquérir de nouveaux marchés.

Dô Thi Minh Trâm, directrice adjointe de la Direction de l’innovation, de la transition écologique et de la promotion industrielle (ministère de l’Industrie et du Commerce), a, de son côté, souligné que les entreprises devaient moderniser leurs technologies, s’engager dans la transformation numérique, adopter des modes de production propres et privilégier la durabilité à chaque étape, de la conception au choix des matières premières, en passant par la réduction, le réemploi et le recyclage des déchets.

La mégapole du Sud mise sur la transformation numérique et la transition écologique comme compétences clés pour renforcer la compétitivité des entreprises locales.

Cette pression est désormais nettement perceptible au sein même des entreprises de Hô Chi Minh-Ville. Face au durcissement des taxes carbone, des normes ESG et des exigences de transparence des chaînes d’approvisionnement imposées par les grands marchés d’exportation, la métropole a identifié ses priorités de transition autour de plusieurs piliers majeurs : industrie verte, énergies propres, transports et logistique verts, infrastructures urbaines durables, commerce et services verts, agriculture écologique, capital humain vert et finance verte.

L’ampleur du défi s’avère considérable : le secteur industriel de la ville émet actuellement environ 18 à 20 millions de tonnes de CO₂ par an, les transports et la logistique en génèrent 3 à 4 millions de tonnes supplémentaires, tandis que les infrastructures urbaines produisent près de 3 millions de tonnes de déchets de construction et que le secteur du commerce et des services engendre entre 800 et 1 000 tonnes de déchets plastiques par jour. Pour investir massivement et mener à bien cette feuille de route écologique, la municipalité estime les besoins financiers à environ 1.000.000 de milliards de dôngs.

Le vert, une condition de survie

La vision faisant de l’environnement et de la croissance verte des facteurs de survie a été réaffirmée publiquement à plusieurs reprises par les dirigeants de Hô Chi Minh-Ville. S’exprimant lors du 1er Congrès des délégués de la Fédération des entreprises de Hô Chi Minh-Ville (anciennement HUBA), à la fin du mois d’août 2026, le président du Comité populaire de la ville, Nguyên Van Duoc, a invité la communauté d’affaires à se concentrer sur quatre missions prioritaires pour son nouveau mandat. Il a notamment insisté sur la nécessité de faire de la transformation numérique et de la transition écologique des compétences clés pour renforcer la compétitivité des entreprises locales, tout en passant d’une posture de simple remontée d’informations à une véritable co-construction des politiques publiques aux côtés des autorités.

Les transports et la logistique font partie des priorités de la transition verte de Hô Chi Minh-Ville.

Auparavant, lors de l’assemblée annuelle de l’Alliance pour le recyclage des emballages du Vietnam (PRO Vietnam), à la mi-2026, le dirigeant du Comité populaire de la mégapole du Sud avait affirmé que Hô Chi Minh-Ville - métropole de plus de 14 millions d’habitants - considérait la gestion environnementale comme une condition de survie. Il avait réitéré à cette occasion la ferme détermination de la ville à ne pas sacrifier l’environnement au profit d’une croissance économique purement quantitative, tout en érigeant l’économie circulaire au rang de pilier stratégique du développement de la municipalité pour les années à venir.

Un écosystème de soutien à renforcer

Bien que le cap soit clairement fixé, les experts mettent en garde contre les capacités de mise en œuvre encore limitées du tissu entrepreneurial. Selon Dinh Hông Ky, président de l’Association des entreprises vertes de Hô Chi Minh-Ville, près de 90 % des entreprises de la municipalité ne sont pas encore suffisamment préparées au processus de transition écologique, alors même qu’il s’agit d’un prérequis pour attester de la réduction des émissions et répondre aux exigences de transparence formulées par les acheteurs internationaux.

Face à ce constat, les spécialistes préconisent de faire évoluer les politiques publiques : passer de simples incitations générales à un accompagnement concret, en débloquant le crédit vert et les obligations vertes, en renforçant les incitations fiscales et en simplifiant les démarches administratives pour les projets de technologies propres.

Avec l’entrée en vigueur, à la mi-mai 2026, du décret N° 112/2026/NĐ-CP, qui élargit le cadre juridique de la finance verte et institue un mécanisme d’échange de crédits carbone, Hô Chi Minh-Ville dispose d’un levier supplémentaire pour concrétiser son ambition de devenir un pôle régional de la transition écologique, tout en préservant ses marchés d’exportation, soumis à des normes environnementales de plus en plus strictes.

Texte et photos : Truong Giang/CVN

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