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| Chaque œuvre est réalisée en plusieurs semaines. |
| Photo : DT/CVN |
À deux semaines du Têt, les petites routes menant aux jardins de Mê So sont animées par un va-et-vient continu de véhicules venus charger kumquats, agrumes et bonsaïs. De ce terroir riverain partent chaque année des milliers d’arbres fruitiers, chargés de fruits d’or qui annoncent le printemps.
Cette saison, la vedette revient aux orangers Chu Sa, une variété ancienne prisée pour sa vigueur et sa longévité. Les jardiniers les ont façonnés en chevaux, animal emblématique de l’année lunaire à venir. Fruits jaunes et feuillage vert composent une silhouette vivante où chaque branche, savamment orientée, suggère l’élan, la noblesse et la promesse de réussite, selon les croyances populaires.
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| Les compositions à plusieurs chevaux demandent un façonnage entamé au moins six mois à l’avance, ce qui oblige parfois l’artisan à refuser des commandes tardives. |
| Photo : DT/CVN |
Nguyên Van Hung, 44 ans, propriétaire d’un jardin dans la commune, travaille du lever du jour à la nuit tombée pour honorer ses commandes. Pour ce Têt, il a créé une vingtaine de compositions équestres ; seules trois attendent encore preneur. Les prix varient fortement : une pièce baptisée "Nhât mã phi thiên" (un cheval s’élançant vers le ciel) se négocie entre 35 et 40 millions de dôngs, tandis que "Vinh quy bái tổ" peut atteindre 220 millions, et "Song mã uyên ương" environ 170 millions.
Obtenir une forme harmonieuse exige une sélection rigoureuse. "Je choisis des arbres plantés depuis plus de trois ans, hauts d’au moins trois mètres et avec une ramure d’environ deux mètres de large", explique-t-il.
En comptant la culture initiale puis la mise en forme, il faut en moyenne cinq ans pour aboutir à une œuvre aboutie.
Une œuvre monumentale et symbolique
La pièce maîtresse de l’atelier s’intitule "Mã đáo thành công" - littéralement "Le cheval qui apporte la réussite". Réalisée par une équipe de cinq personnes en plus de deux mois, cette installation mesure 8,6 mètres de long, chiffre réputé porte bonheur. Chaque cheval culmine à environ 2,6 mètres, une dimension pensée pour faciliter le transport à travers le pays.
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| L’œuvre "Mã đáo thành công" comprend huit chevaux et des scènes miniatures à sa base. |
| Photo : DT/CVN |
Huit chevaux semblent y galoper vers l’avant. Sous leurs sabots prennent place lingots d’or, bourses gravées du mot "prospérité" et un décor évoquant du bois flotté agrémenté d’un petit bassin. À l’arrière, un dispositif lumineux de 100 mètres de LED et plusieurs projecteurs mettent la scène en valeur la nuit. Trois petits bassins intégrés, équipés de pompes et de générateurs de brume, diffusent un léger clapotis, ajoutant une atmosphère presque onirique.
La composition a été réajustée à trois reprises pour donner une impression de mouvement continu : deux chevaux ouvrent la marche, ceux du centre suivent l’allure, tandis que les derniers semblent accélérer pour rejoindre le groupe. "L’ensemble doit avoir une âme, comme un cheval lancé au galop", confie l’artisan, qui juge cet animal plus complexe à représenter que le dragon, en raison de l’équilibre des proportions du corps.
Proposée autour de 500 millions de dôngs, l’œuvre vise une clientèle aisée disposant d’un vaste espace d’exposition. D’autres créations, tout aussi travaillées, intègrent chars, ombrelles ou lingots, répondant aux vœux de prospérité et d’ascension sociale associés à la figure du cheval.
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| Depuis un mois, des clients achètent des kumquats taillés en forme de cheval pour les exposer. |
| Photo : DT/CVN |
Curieux, Trân Van Qua, habitant de la province voisine, est venu photographier ces sculptures végétales pour les montrer à ses proches. "Je suis impressionné par l’habileté des jardiniers. Voir des chevaux prendre vie à partir d’orangers est vraiment surprenant", confie-t-il. À l’aube de l’année du Cheval, ces œuvres incarnent, pour beaucoup, un espoir d’élan, d’endurance et de réussite.
Thao Nguyên/CVN







