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| Pour la période 2025-2030, Hô Chi Minh-Ville privilégie la croissance intensive, l'innovation et les standards écologiques plutôt que l'extension des surfaces. |
Selon les experts, le succès des modèles agricoles de pointe ne dépend pas seulement des investissements ou des équipements, mais d'une mutation profonde des mentalités. Dans plusieurs zones spécialisées de la métropole, les agriculteurs s'affranchissent désormais des aléas climatiques grâce aux serres, au pilotage par logiciel et à la traçabilité via codes QR.
À la coopérative Tuân Ngọc, l’intégration de l’irrigation intelligente et de la régulation thermique assure un suivi rigoureux des cultures, garantissant une qualité constante indispensable à sa réputation sur le marché.
Innovation et économie circulaire : les nouveaux piliers
Pour le Dr. Trân Minh Hai, vice-recteur de l’École des politiques publiques et du développement rural, "la durabilité repose sur la connexion entre producteurs et entreprises par l'innovation". Il cite l'exemple du caoutchouc : "au-delà du bois et du latex, ses graines riches en oméga-6 représentent un fort potentiel d'exportation une fois intégrées dans une chaîne de valeur complète".
Cette vision est partagée par Lê Viêt Binh, représentant du ministère de l’Agriculture et du Développement rural (MARD), pour qui la ville doit passer d'une simple production à une véritable "économie agricole plurielle" incluant l'agro-écologie et l’économie circulaire.
Le vice-ministre du MARD, Phùng Đuc Tiên, insiste d'ailleurs sur l'économie circulaire comme stratégie de long terme. Dans ce modèle, dont Hô Chi Minh-Ville doit être le fer de lance, chaque produit ou sous-produit devient l'intrant d'un nouveau cycle, maximisant la valeur sans épuiser les ressources.
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| L'agriculture verte est appelée à devenir un pilier majeur de la stratégie de développement durable et de la stabilité des chaînes d'approvisionnement de la ville. |
Une approche intégrée et le rôle pivot de la technologie
Cette "vague verte" s'appuie sur un projet ambitieux : la création de 12 zones agricoles de haute technologie. Ces espaces ne sont pas de simples lieux de production, mais des pôles d'innovation regroupant recherche, expérimentation et transfert technologique.
Selon Pham Đinh Dung, chef de l’Administration des zones agricoles de haute technologie (ZAHT), ces structures reposent sur l'alliance des "quatre parties" : l’État, les scientifiques, les entreprises et les agriculteurs. Ce partenariat socle permet de répondre aux standards d'une métropole spéciale.
Le "noyau technologique" au service du Sud
Pour la période 2025-2030, la ville ambitionne de finaliser sa transition vers un modèle approfondi. Renonçant à l'expansion foncière, elle mise sur l'automatisation, l'intelligence artificielle (IA), l'Internet des objets (IoT) et le Big Data. La ZAHT agit comme un laboratoire où chaque étape, de la semence au protocole de culture, est optimisée avant d'être transférée vers la production réelle.
L'objectif dépasse les frontières municipales : ces innovations ont vocation à rayonner vers les autres localités du Sud. En tant que "noyau technologique", la ville contribue à l'élévation de toute la chaîne de valeur agricole, de la transformation à la commercialisation, en passant par la traçabilité et la valorisation des marques.
Avec le soutien de l'État et l'engagement des coopératives, l'agriculture verte est appelée à s'imposer comme un pilier de la sécurité alimentaire et de la stabilité des approvisionnements de la mégapole.
Texte et photos : Truong Giang/CVN



