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| Session de discussions sur le thème “ESG et économie circulaire”, tenue le 27 octobre dans la mégapole du Sud. |
Cet événement s’est déroulé dans un contexte où les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sont devenus des exigences de plus en plus importantes sur le marché international, incitant les entreprises vietnamiennes à innover en matière de gouvernance, à garantir la transparence des données et à réorganiser leurs chaînes de production.
Normaliser les données ESG, réduire les coûts de conformité
L’une des questions soulevées lors de la session de discussion thématique "ESG et économie circulaire" portait sur la manière dont les entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises (PME), peuvent se conformer aux normes internationales sans augmenter excessivement leurs coûts d’exploitation et de reporting.
Hoàng Van Tâm, chef du Service des affaires générales du Département de l'innovation, de la transformation verte et de la promotion industrielle (ministère de l'Industrie et du Commerce), a proposé de normaliser le système d'indicateurs ESG en fonction des spécificités de chaque secteur. Selon lui, les entreprises doivent fournir les mêmes informations à de multiples partenaires commerciaux, organismes d'évaluation ou bailleurs de fonds, mais sous des formes différentes. Cela accroît le coût de la collecte, du traitement et de la communication des données.
Face à ce constat, Hoàng Van Tâm a insisté sur le principe "mesurer une fois, utiliser plusieurs fois". Cette approche permet de limiter les doublons dans les rapports tout en permettant aux entreprises d'exploiter les données ESG à diverses fins, qu'il s'agisse de répondre aux exigences des partenaires, d'accéder à des capitaux ou d'améliorer l'efficacité de la gestion.
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| Hoàng Van Tâm, directeur du Sercice des affaires générales du Département de l'innovation, de la transformation verte et de la promotion industrielle. |
Du point de vue des politiques publiques, le Docteur Kim Jae-hong, président de l'Alliance nationale pour l'action ESG, soutient que les critères ESG doivent être envisagés de manière plus globale que la simple obligation de divulguer des informations. Selon lui, l'intégration de ces normes aux stratégies et aux opérations quotidiennes contribuera à l'optimisation des coûts, au renforcement de la résilience de la chaîne d'approvisionnement et à un avantage concurrentiel durable.
Dans un contexte où des marchés majeurs comme l'Union européenne et les États-Unis accordent une importance croissante à la transparence et à la responsabilité environnementale et sociale, la capacité à mettre en œuvre les critères ESG influe directement sur la capacité d'une entreprise à participer aux chaînes de valeur mondiales. Par conséquent, au lieu d'adopter une approche réactive, les entreprises doivent considérer les critères ESG comme partie intégrante de leur système de gouvernance, en lien avec l'utilisation efficace des ressources, la responsabilité envers les employés et la communauté, ainsi que la transparence des opérations de production et commerciales.
Toutefois, pour que les critères ESG deviennent un outil de développement et non une contrainte supplémentaire, ils doivent être clairs, mesurables et adaptés aux spécificités de chaque groupe d'entreprises. La normalisation des données doit également s'accompagner de lignes directrices pratiques, permettant aux entreprises d'améliorer progressivement leurs capacités de gouvernance et de répondre aux exigences du marché.
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| Les experts échangent lors de l'événement. |
Économie circulaire : valoriser les sous-produits
Outre l'exigence de normalisation ESG, les experts présents au forum ont souligné le potentiel de développement d'une économie circulaire grâce à une utilisation efficace des matières premières et des sous-produits de production. Au lieu de considérer les sous-produits comme des déchets à éliminer, les entreprises peuvent explorer des pistes de transformation pour en faire de nouveaux produits, diversifier leurs sources de revenus et réduire le gaspillage des ressources.
Zinaida Fadeeva, représentante du programme SWITCH-Asia, a cité l'exemple de la société par actions Phuc Sinh, qui utilise les coques de café pour produire du thé cascara. Selon les informations partagées lors de la table ronde, ce produit représente environ 5% du chiffre d'affaires de l'entreprise et s'appuie sur une filière d'approvisionnement regroupant près de 1.500 agriculteurs.
Ce modèle démontre que les sous-produits peuvent devenir une ressource économique lorsqu'ils sont correctement collectés, transformés et commercialisés. Le développement de nouveaux produits à partir des coques de café permet non seulement d'accroître le potentiel d'exploitation des matières premières, mais aussi d'améliorer la qualité dès la culture. Précisant la méthode de mise en œuvre, Phan Minh Thông, directeur général de Phuc Sinh, a indiqué que l'entreprise encourage les producteurs à modifier leurs pratiques de récolte et à sélectionner des cerises de café mûres répondant aux exigences. Il s'agit d'une étape importante pour garantir la qualité des matières premières et créer les conditions propices au développement de produits à plus forte valeur ajoutée.
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| Un délégué pose des questions aux intervenants. |
Selon les informations recueillies lors de la table ronde, plus de 95% des acteurs de la chaîne d'approvisionnement dans la zone concernée appartiennent à des minorités ethniques. Cela démontre que le modèle d'économie circulaire ne se limite pas à l'utilisation efficace des ressources, mais est également lié aux moyens de subsistance des producteurs. Lorsque les exigences de qualité sont associées à des avantages économiques, les populations sont davantage incitées à modifier leurs méthodes agricoles et à maintenir des liens avec les entreprises.
Cependant, la valorisation des sous-produits ne garantit pas nécessairement la mise en place d'un modèle d'économie circulaire durable. Le professeur associé Nguyên Hông Quân, directeur de l'Institut de recherche sur le développement de l'économie circulaire de l'Université nationale du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville, a souligné qu'il est plus important de réorganiser la chaîne de production, de développer des produits à forte valeur ajoutée et de répartir équitablement les bénéfices entre toutes les parties prenantes.
Dans cette optique, les entreprises doivent collaborer étroitement avec leurs fournisseurs de matières premières, leurs centres de recherche et leurs partenaires consommateurs. L'instabilité de l'approvisionnement, la fluctuation de la qualité des sous-produits ou l'incertitude des marchés de distribution peuvent accroître les coûts et nuire à la rentabilité des investissements. Par conséquent, la problématique de l'économie circulaire doit être envisagée simultanément, depuis l'approvisionnement en matières premières et les technologies de transformation jusqu'au potentiel de commercialisation du produit.
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| L'espace dédié à la présentation de produits technologiques et à la transformation numérique dans le cadre de l'AEF 2026. |
Connecter la technologie, les marchés et la finance verte
Pour que les modèles d'économie circulaire se développent à grande échelle, la technologie et les capitaux doivent être connectés à la demande du marché. Ce point a également été souligné par M. Yosuke Konaka, représentant de Sumitomo Mitsui Trust Bank (Japon), lors d'une discussion sur la nécessité d'innover dans la conception des produits, les modèles commerciaux et l'organisation de la chaîne de valeur.
Par conséquent, la transformation circulaire ne peut se limiter au traitement des déchets ou à l'utilisation d'un seul sous-produit. Les entreprises doivent identifier des produits commercialement viables, sélectionner les technologies appropriées, sécuriser leurs approvisionnements en matières premières et construire un marché de consommateurs stable. La combinaison de ces facteurs détermine leur capacité à maintenir leurs activités et à accroître leurs investissements.
Pour les petites et moyennes entreprises (PME), l'accès à la finance verte exige également de pouvoir démontrer l'efficacité de leur plan de production. Les données relatives aux matières premières, aux coûts, aux revenus et aux résultats d'amélioration peuvent aider les entreprises à évaluer la faisabilité des projets et à établir des bases solides pour collaborer avec les institutions financières. Dans ce processus, les critères ESG jouent un rôle de soutien en aidant les entreprises à mener leurs opérations de manière transparente et à évaluer les résultats de leur transformation.
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| Le directeur général adjoint de la Banque commerciale Nam A (Nam A Bank), Hà Huy Cuong, s'exprime lors de l'événement. |
Lors du forum, Hà Huy Cuong, directeur général adjoint de la Banque commerciale Nam A (Nam A Bank), a déclaré que sa banque considère la transformation numérique et la croissance verte comme deux piliers stratégiques et met en œuvre des solutions pour se connecter aux institutions financières internationales afin d'attirer des capitaux verts. Nam A Bank collabore également avec des partenaires internationaux pour normaliser le cadre de gestion des risques environnementaux et sociaux, dans le but d'améliorer les pratiques ESG dans ses activités de prêt et de service à la clientèle.
Selon le directeur général adjoint Hà Huy Cuong, pour que Hô Chi Minh-Ville puisse attirer des capitaux verts dans le cadre du développement du centre financier international du Vietnam, il est nécessaire de compléter le cadre juridique, d'accroître la capacité d'absorption de capitaux des entreprises nationales et d'élaborer un ensemble de lignes directrices en matière de pratiques ESG adaptées aux PME.
Outre les solutions politiques et financières, il est essentiel d'aider les entreprises à normaliser leurs données, à améliorer leurs processus et à élaborer des plans de transformation adaptés à leurs ressources pour que les critères ESG et l'économie circulaire soient pleinement efficaces.
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| Annonce d’un partenariat pour la mise en œuvre d’un programme de transformation ESG visant à faciliter l’accès des PME aux financements. |
Dans le cadre de ce forum, Nam A Bank, le Centre de la quatrième révolution industrielle de Hô Chi Minh-Ville (HCMC C4IR), l'Institut de recherche sur l'économie circulaire (ICED), l'Université nationale du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville et leurs partenaires ont annoncé leur coopération pour la mise en œuvre d'un programme de transformation ESG visant à améliorer l'accès des PME au financement vert dans la ville.
De la normalisation des données ESG à la valorisation des sous-produits et à la réorganisation de la chaîne d'approvisionnement, les participants au forum ont souligné que la transformation verte doit être mise en œuvre comme un processus d'innovation global, et non comme une série d'initiatives isolées. Lorsque les normes de gouvernance sont fondées sur les données, que la technologie répond aux besoins du marché et que les capitaux sont investis dans des solutions viables, les entreprises ont davantage d'opportunités de réduire leurs coûts, d'améliorer leur compétitivité et de créer une valeur économique durable.
Texte et photos : Tân Dat/CVN










