L’innovation, nouveau moteur de compétitivité des PME vietnamiennes

Représentant plus de 97% des entreprises vietnamiennes, les petites et moyennes entreprises (PME) sont appelées à accélérer leur transformation par l’innovation et le numérique. La résolution N° 57 du Poliburo du Parti fixe un cap ambitieux pour renforcer leur compétitivité et leur intégration aux chaînes de valeur mondiales.

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L'innovation est la clé pour permettre aux petites et moyennes entreprises de renforcer leur compétitivité. 
Photo : VNA/CVN

Face à l’érosion des avantages traditionnels liés à la main-d’œuvre bon marché et à l’exploitation des ressources brutes, les petites et moyennes entreprises (PME), qui représentent plus de 97% des entreprises vietnamiennes, doivent miser sur l’innovation pour rester compétitives. La Résolution n° 57-NQ/TW du Bureau politique, qui vise notamment à porter à plus de 40% la proportion d’entreprises engagées dans des activités d’innovation, constitue un cadre d’orientation pour leur développement.

Selon les experts, depuis plusieurs décennies, une part non négligeable des petites et moyennes entreprises (PME) nationales continue de fonctionner dans le cadre limité du modèle de sous-traitance. Si la main-d’œuvre à faible coût leur a longtemps permis de se maintenir sur le marché, cet avantage devient désormais un frein. Face à l’accélération technologique dans les pays de la région, continuer à privilégier une stratégie fondée sur le volume de travail et la faiblesse des coûts expose les entreprises au risque d’être exclues des chaînes d’approvisionnement.

L’innovation n’est pourtant pas l’apanage des grands groupes technologiques. Pour les PME, elle peut commencer par une réorganisation du modèle économique et une optimisation des processus existants. Un atelier de mécanique peut ainsi adopter un logiciel de gestion des stocks pour limiter les excédents de matières premières, tandis qu’une coopérative agricole peut apposer des codes QR sur ses emballages afin de garantir la traçabilité de ses produits.

Pham Van Viêt, président du conseil d’administration de la société Việt Thắng Jean (VitaJean), souligne que la dépendance persistante à une main-d’œuvre bon marché risque de ramener les marges bénéficiaires à un niveau proche de zéro. Son entreprise a donc investi dans des technologies de conception en trois dimensions (3D) et de découpe au laser. Grâce à ces outils, certaines opérations qui nécessitaient auparavant plusieurs semaines peuvent désormais être réalisées en quelques heures. Ces gains de productivité permettent de réduire les coûts et de répondre plus rapidement aux fluctuations des commandes internationales.

Pour les PME, abandonner progressivement le modèle de sous-traitance reste néanmoins difficile. 
Photo : VNA/CVN

Le principal atout des PME ne réside pas dans leur puissance financière, mais dans leur structure légère, qui leur permet de prendre des décisions et de réorienter leur stratégie plus rapidement que les grandes entreprises. Associée aux technologies numériques, cette souplesse devient un avantage concurrentiel important.

Plutôt que d’investir massivement dans des chaînes de production intégrées et coûteuses, certaines entreprises choisissent d’externaliser les opérations auxiliaires pour concentrer leurs ressources sur la recherche, le développement et la conception. Le recours aux plateformes d’informatique en nuage et à l’automatisation des processus leur permet également de mieux suivre les risques en temps réel et de maîtriser leurs coûts logistiques.

Nguyên Thi Lan Huong, représentante de Việt Phúc Group, estime que l’innovation ne nécessite pas nécessairement des équipements coûteux. L’utilisation de capteurs connectés relevant de l’Internet des objets (IoT), pour contrôler précisément les volumes d’eau d’irrigation et garantir la transparence des données de traçabilité, permet déjà à l’entreprise de satisfaire aux exigences techniques du marché européen sans augmenter les surfaces cultivées.

Le marché évolue ainsi d’une concurrence fondée sur les prix vers une compétition axée sur la rapidité d’adaptation et la capacité à proposer des produits et services personnalisés. Pour les PME, abandonner progressivement le modèle de sous-traitance reste néanmoins difficile. Les principaux obstacles ne sont pas toujours financiers : le manque de compétences technologiques et la crainte des risques liés aux mécanismes réglementaires freinent également les initiatives.

L’objectif de porter à plus de 40% la proportion d’entreprises engagées dans l’innovation, fixé par la Résolution N° 57-NQ/TW, ne relève donc pas uniquement d’un indicateur macroéconomique : il répond aussi à une nécessité économique. Pour l’atteindre, les initiatives individuelles des PME ne suffiront pas. La transformation exige un écosystème de soutien cohérent, fondé sur des incitations fiscales transparentes, des mécanismes souples de garantie du crédit et un cadre juridique mieux adapté aux risques technologiques. Des conditions essentielles pour permettre aux entreprises de dépasser leurs anciens modèles et de renforcer leur position dans les chaînes de valeur mondiales.

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