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Pour le Vietnam, l'interconnexion des infrastructures publiques numériques (DPI) pourrait constituer une orientation concrète pour transformer les engagements d'intégration en opportunités d'affaires.
Au progamme du Forum économique d'automne 2026, lors d'une session de discussion sur le cadre politique de développement de l'économie numérique, tenue le 27 octobre, les intervenants ont estimé que le défi majeur de l'ASEAN ne réside pas nécessairement dans l'élaboration d'un ensemble de règles uniformes pour l'ensemble de la région, mais plutôt dans la manière de faire fonctionner de manière interopérable les systèmes et réglementations existants, tout en garantissant la sécurité des données et en facilitant les activités transfrontalières.
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| Intervenants en débat lors d'une séance intitulée "Construire un cadre politique de l'économie numérique de l'ASEAN fiable et interconnecté". |
Les négociations sur le DEFA ont été lancées par l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) en septembre 2023, en vue d'établir un cadre commun pour le commerce numérique, le commerce électronique transfrontalier, les flux de données, les paiements électroniques, la protection des consommateurs et l'interopérabilité entre les systèmes numériques. L'accord aborde également de nouveaux domaines tels que l'intelligence artificielle (IA) et les technologies financières (fintech).
Selon une étude de l'ASEAN, s'il est pleinement mis en œuvre, le DEFA pourrait contribuer à porter le volume de l'économie numérique régionale de quelque 1.000 milliards de dollars à 2.000 milliards d'ici 2030. Les parties ont achevé les négociations à la fin du mois de mai 2026 et la signature de l'accord est prévue lors du 49e Sommet de l'ASEAN en novembre 2026.
Gouvernance des données
John Low, associé senior et codirecteur général de Roland Berger pour l'Asie du Sud-Est, a souligné que le DEFA marque un tournant dans le processus d'intégration de l'ASEAN, à un moment où le moteur de la croissance est de plus en plus lié aux données, aux services numériques, aux technologies de pointe et à l'IA. L'accord vise à former une économie numérique intégrée, compétitive et digne de confiance, couvrant des domaines tels que le commerce électronique, les données transfrontalières, la protection des données personnelles, la cybersécurité, les paiements numériques et l'identification électronique.
Selon John Low, la gouvernance des données doit être considérée comme une infrastructure économique stratégique, et non simplement comme une question de conformité. L'ASEAN doit équilibrer la facilitation de la circulation des données avec la protection de la vie privée, le secret commercial et la cybersécurité. Au lieu d'exiger des pays qu'ils appliquent des réglementations identiques, la région doit promouvoir l'interopérabilité entre les systèmes juridiques et les mécanismes de reconnaissance mutuelle.
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| Felix Sharief, vice-président de DANA Indonesia, propose de standardiser les connexions de paiement afin de réduire les coûts pour les entreprises lors de leur expansion régionale. |
Du point de vue des entreprises, Felix Sharief, vice-président chargé des politiques publiques et des relations gouvernementales de DANA Indonesia, a estimé que la fragmentation du marché et le manque de normes communes entravent la capacité de connexion des systèmes de paiement numérique.
Selon Felix Sharief, l'ASEAN doit se concentrer sur trois piliers : les interfaces de programmation d'application ouvertes (Open API), les normes de paiement de détail et les systèmes de paiement rapide. Des normes interopérables aideront les systèmes à se connecter sans contraindre les pays à utiliser une plateforme commune.
En réalité, l'interconnexion des paiements par code QR entre l'Indonésie et certains marchés comme la Thaïlande, la Malaisie et Singapour montre que des systèmes différents peuvent toujours interagir s'ils répondent aux normes appropriées.
Le représentant de DANA Indonesia estime que le DEFA peut soutenir les pays dans l'élaboration de lignes directrices sur la connexion API, les paiements de détail et les paiements rapides, réduisant ainsi les coûts et les délais des transactions transfrontalières. La connectivité pourrait également s'étendre à la finance ouverte (Open Finance) et à la vérification d'identité électronique des clients (e-KYC), créant les conditions permettant aux utilisateurs d'accéder aux services financiers sur d'autres marchés, sur la base du respect des exigences légales et de sécurité.
Ellina Binti Roslan, directrice senior du Centre pour la quatrième révolution industrielle de Malaisie (MYCentre4IR), a soutenu que "l'interopérabilité ne signifie pas que les pays doivent adopter la même législation". Elle a cité l'exemple du Guichet unique de l'ASEAN (ASEAN Single Window), qui permet aux autorités douanières des pays membres d'échanger des documents commerciaux électroniques, notamment des certificats d'origine. Son fonctionnement exige que les parties s'accordent sur le format des documents et les règles d'acceptation des données, tout en maintenant la souveraineté décisionnelle de chaque pays selon ses compétences.
Dans le domaine des paiements, la liaison des systèmes de code QR de la Malaisie, de Singapour et de l'Indonésie permet aux utilisateurs de recourir à leurs applications de paiement habituelles lors de transactions à l'étranger.
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| Ellina Binti Roslan, directrice générale principale de MYCentre4IR, partage son expérience en matière de coordination intersectorielle pour lever les obstacles liés au commerce, aux paiements et à la sécurité des données. |
Selon Mme Ellina Binti Roslan, le DEFA devrait accorder la priorité aux domaines présentant un besoin clair d'interconnexion tels que les documents commerciaux, les paiements, l'identité numérique et le partage de données. En même temps, il convient d'établir des mécanismes de protection des données, de gestion des incidents et de simplification des exigences de conformité, en particulier pour les petites et moyennes entreprises.
Lors de la discussion, Nguyên Van Thuât, directeur adjoint du Département de l'économie numérique et de la société numérique relevant du ministère des Sciences et de la Technologie, a proposé d'interconnecter les infrastructures publiques numériques (DPI) entre les pays de l'ASEAN pour soutenir la mise en œuvre du DEFA.
D'après M. Thuât, de nombreux pays de la région ont développé des systèmes de paiement numérique, d'identification numérique, de signature électronique et de services de confiance, mais la plupart ne répondent encore qu'aux besoins nationaux. S'ils sont interconectés, ces systèmes pourraient aider les entreprises vietnamiennes à vérifier leurs partenaires, signer des contrats électroniques, recevoir des paiements transfrontaliers et échanger plus facilement des documents numériques.
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| Nguyên Van Thuât, directeur adjoint du Département de l'économie numérique et de la société numérique. |
Pour la mise en œuvre, le représentant du ministère des Sciences et de la Technologie a suggéré d'élaborer des normes techniques communes ; de promouvoir la coopération et la reconnaissance mutuelle pour l'identification numérique, la signature électronique et les services de confiance le cas échéant ; tout en menant des projets pilotes dans les domaines ayant des besoins réels avant de les étendre à l'ensemble de l'ASEAN.
Cette approche n'exige pas la construction d'un système numérique unique pour toute la région, mais se concentre sur l'interconnexion des infrastructures existantes de chaque pays. Cependant, pour fonctionner efficacement, les pays doivent encore s'accorder sur des normes techniques, des mécanismes d'authentification et de protection des données, ainsi que sur la responsabilité de traitement en cas d'incident.
Pour les entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises, l'efficacité du DEFA doit se traduire par une réduction des coûts de transaction, un raccourcissement du temps de traitement des documents et un élargissement de l'accès aux marchés. C'est également un indicateur essentiel pour transformer les engagements d'intégration économique numérique en bénéfices concrets pour l'économie de l'ASEAN.
Texte et photos : Quang Châu/CVN






