>> La francophonie en fête à Hô Chi Minh-Ville
>> Le Vietnam, laboratoire de la francophonie éducative en Asie-Pacifique
>> Soutenir la francophonie, c’est ouvrir des perspectives concrètes aux jeunes Vietnamiens
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| Dacian Cioloș (à gauche, au milieu) lors de la rencontre avec la Direction du Courrier du Vietnam. |
Le conseiller présidentiel et ancien Premier ministre de Roumanie a estimé que le Vietnam occupait une place singulière dans la politique extérieure de la Roumanie. Les deux pays entretiennent des relations diplomatiques depuis plus de sept décennies et ont développé une coopération solide dans des domaines variés, allant de l’éducation aux échanges économiques.
Cette relation s’incarne notamment dans la continuité des programmes de bourses qui permettent encore à de nombreux étudiants vietnamiens de poursuivre leurs études en Roumanie, prolongeant une tradition ancienne de coopération universitaire.
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| "J’ai été frappé par la rapidité du développement du Vietnam", souligne Dacian Cioloș. |
Connaisseur du Vietnam pour y avoir effectué plusieurs séjours, Dacian Cioloș dit avoir été frappé par la rapidité de son développement, tant dans les infrastructures que dans les transformations observées entre zones urbaines et rurales. Il y voit aujourd’hui une économie en pleine affirmation sur la scène asiatique.
Au-delà du cadre bilatéral, le Vietnam occupe également une place importante dans l’espace francophone.
Le Vietnam, partenaire et pilier francophone
Candidat au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Dacian Cioloș défend une vision tournée vers la jeunesse, l’éducation, le numérique et les opportunités économiques offertes par la langue française.
Selon lui, l'avenir de la francophonie dépendra de sa capacité à répondre aux attentes des nouvelles générations. Éducation, employabilité, numérique et coopération économique constituent les principaux leviers pour faire du français une langue d’opportunités. Dans cette perspective, le Vietnam s’impose comme un partenaire clé et un acteur incontournable de la francophonie en Asie-Pacifique.
Près de trente ans après le Sommet de la Francophonie organisé à Hanoï en 1997, au cours duquel a été adoptée la Charte de la Francophonie, cet événement reste une référence fondatrice pour l’organisation.
D'après Dacian Cioloș, le pays ne se limite pas à un rôle de membre actif. Il constitue l’un des principaux points d’ancrage de la francophonie en Asie-Pacifique.
Dans une région marquée par une forte croissance économique et une ouverture internationale croissante, le Vietnam contribue à la vitalité de la langue française à travers ses établissements d’enseignement, ses réseaux universitaires et ses institutions francophones. Cette dynamique confirme son rôle croissant dans l’espace francophone asiatique.
Le français, langue d’opportunités
Au cœur de son propos, Dacian Cioloș défend une conviction claire : la francophonie ne pourra se renforcer que si elle offre des perspectives concrètes aux jeunes générations.
Le français ne doit plus être perçu uniquement comme une langue de culture ou de patrimoine, mais comme une langue d’opportunités, ouvrant l’accès à la formation, à l’emploi et à la mobilité internationale.
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| Dacian Cioloș accorde une interview au Courrier du Vietnam, le 18 juin à Hanoï. |
Cette ambition repose sur un lien plus étroit entre éducation, formation professionnelle et coopération économique. Les jeunes francophones doivent pouvoir identifier clairement les bénéfices de cette compétence dans leur parcours académique et professionnel.
Dans cette logique, le renforcement des passerelles entre établissements d’enseignement et monde économique apparaît comme un levier essentiel.
Jeunesse et numérique
Cette réflexion sur l’employabilité s’accompagne d’une attention particulière portée aux mutations numériques. Les évolutions liées à l’intelligence artificielle et aux plateformes numériques transforment en profondeur les sociétés contemporaines, rappelle-t-il. La francophonie ne peut rester en marge de ces changements.
Les jeunes francophones doivent être mieux préparés à ces transitions. Les dispositifs de formation et les partenariats universitaires devront intégrer davantage les compétences numériques, l’innovation et les technologies émergentes. Cette orientation constitue l’un des axes majeurs de sa candidature à la tête de l’OIF, avec l’objectif de rapprocher davantage éducation, numérique et emploi.
Francophonie en Asie-Pacifique
Tout en reconnaissant le rôle central de l’Afrique dans l’espace francophone, Dacian Cioloș plaide pour une implication accrue des pays d’Asie-Pacifique dans les programmes de l’OIF.
La région dispose, selon lui, d’un potentiel important dans des domaines tels que l’éducation, l’innovation, la transition numérique, la sécurité alimentaire ou encore la lutte contre le changement climatique.
Dans ce cadre, le Vietnam apparaît comme un acteur susceptible de jouer un rôle moteur, en renforçant les liens entre les différentes régions de la francophonie mondiale.
Presse francophone
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| Conseiller présidentiel et ancien Premier ministre de la Roumanie, Dacian Cioloș (3e à gauche), et l'ambassadrice de pays au Vietnam, Cristina Romila (3e à droite), sur le plateau du Courrier du Vietnam. |
Lors de son passage au Courrier du Vietnam, Dacian Cioloș a également insisté sur le rôle structurant des médias francophones. Dans un environnement marqué par la multiplication des sources d’information, la presse francophone demeure un vecteur essentiel de lien entre les communautés.
Elle contribue à la circulation des idées, à la mise en valeur des initiatives locales et au rayonnement de la langue française dans l’espace numérique. Les nouvelles technologies, y compris l’intelligence artificielle, ouvrent par ailleurs de nouvelles perspectives pour élargir la diffusion des contenus francophones.
Au terme de son séjour à Hanoï, Dacian Cioloș a appelé les francophones, en particulier les jeunes, à poursuivre leurs efforts d’innovation et de coopération. Plus qu’un héritage culturel, la francophonie doit devenir un espace de développement, de projets et d’opportunités partagées.
Dans cette perspective, le Vietnam s’impose comme l’un des acteurs appelés à jouer un rôle majeur dans la francophonie du XXIe siècle : une francophonie ouverte, connectée et résolument tournée vers l’avenir.
Texte : Xuân Hoàng/CVN
Photos : Truong Trân/CVN






